‹ ConstantinopleChapitre 38 sur 97 · COU S T A N T I N ( ) P L E · texte numérisé non relu

COU S T A N T I N ( ) P L E

un siècle et demi plus tard , s'emparant de la ville et de l'empire de Constantinople , devinrent odieux aux Grecs , qu'ils étaient venus délivrer d'un usurpateur.... Etrange effet des révolutions et des conflits des peuples ! Les barons français , comme nous le verrons plus tard , combattaient sur les rives du Bosphore dans l'espoir flatteur de réunir les Grecs et les Latins, et ils n'épargnèrent rien pour atteindre ce but : mais voilà que leur brillante conquête est au contraire le signal de la rupture entière des deux Eglises d'Orient et d'Occident... C'est que cette conquête, entreprise au détriment d'une autre guerre plus sainte, et souillée par le pillage de la belle cité de Constantin, n'avait point mérité sans doute un plus noble prix.

Mais ce noble prix , que n'ont pu atteindre des guerriers victorieux, les longs et persévérants efforts de l'autorité la plus auguste et la plus pacifique de la terre ne pourront-ils pas l'obtenir quelque jour ? Il est permis d'espérer pour l'avenir ce triomphe complet de l'Eglise ; en attendant, elle n'a cessé de le préparer par la voie et les travaux de ses pontifes.

Au milieu des innombrables sollicitudes dont le gouvernement de l'univers chrétien remplit l'âme d'Innocent III, on voit ce grand pape chercher longtemps à réunir par des voies de douceur et de conciliation l'Eglise séparée d'Orient à celle d'Occident. Au célèbre concile de Latran (1215), quelques mois avant sa mort, il espérait encore, par l'élection d'un nouveau patriarche, né en Occident, fonder pour l'Eglise de l'empire byzantin l'ordre dont elle avait un si grand besoin , et consolider en même temps

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