CHAPITRÉ VIII
deux fois reprise, d'abord sous Jean Zimiscès (Ô71), ensuite avec la Servie . sous Basile n , qui régna près de cinquante ans avec son frère Constantin, et reçut, par ses grandes victoires sur les Bulgares, le surnom de Bulgaroctone (1019). lTn trait de la vie guerrière de ce prince donne une idée de la barbarie des mœurs de cette époque. \ la suite d'une bataille mémorable (1014), quinze mille Bulgares prisonniers sont amenés à Basile vainqueur; il les fait disposer par centaines ; puis , par son ordre , on arrache les deux veux à quatre-vingt-dix-neuf prisonniers de chaque rang, et un seulement au centième. Cetlc armée d'aveugles . marchant par pelotons de cent conduits par un borgne, est ensuite renvoyée à Samuel, le roi vaincu.
Sous la dynastie macédonienne , Chypre , la Cilicie , la Syrie sont reprises sur les Sarrasins par Nicèphore Phocas, d'abord grand capitaine, ensuite empereur (963), estimé pour ses vertus guerrières , mais plus tard devenu odieux par les impôts ruineux qu'il leva pour l'entretien de ses armées. Parmi les princes les plus remarquables de cette époque . après les deux Basile et Nicèphore Pkocas , nous trouvons Léon iv. le Philosophe (886 — 911), fils de Basile I* , grand ami des lettres , habile en politique, mais malheureux à la guerre. 11 voit les Lombards enlever presque tout ce qui restait aux Grecs en Italie, pendant que les Sarrasins s'emparent de l'île de Samos. Les Turcs, appelés pour résister aux Bulgares, défendent avec succès l'empire dont ils seront un jour les destructeurs. L'indolence de Constantin ix (1042 — 1054) laisse grandir près de lui la puissance des Turcs Seldjoucides. Les conquêtes
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de ces futurs maîtres de l'Orient avait révélé aux Grecs leur existence. Vainement l'impératrice Théodora , bellesœur de Constantin ix, dans un règne trop court (de 1054 à 1056), s'eiïorce-t-elle , par un choix de bons ministres et de bons généraux, de rendre son gouvernement paisible au dedans , redoutable au dehors ; le trône , miné par la plus déplorable anarchie , et par les secousses d'ennemis se disputant de tous côtés les dépouilles de l'empire , était de plus en plus chancelant. Un général d'une habileté éprouvée pouvait seul le soutenir encore. L'armée proclama alors auguste Isaac Comnène , qui se montra peu digne de cette faveur (1057).
Avec une nouvelle dynastie, une nouvelle période de l'empire d'Orient s'ouvre ici à nos regards. L'ancienne et célèbre famille de Comnène , qui joue un si grand rôle dans l'histoire du Bas-Empire, cette famille qui a fourni six empereurs à Gonstantinople , un à Héraclée , et dix à Trébizonde , descendait d'Eutrope , aïeul de Constantin le Grand. Avec celle des Ducas, entremêlée aux règnes des premiers princes , elle remplit cette cinquième période , si mémorable par les glorieux souvenirs des croisades et par la fondation de l'empire latin des Croisés vainqueurs à Constantinopte. Nous allons esquisser ces souvenirs . au milieu desquels brille souvent au premier rang le1 drapeau de la France.
Isaac Comnène (1057) , le premier représentant de celte illustre famille , ravit d'abord les peuples par la sagesse de son gouvernement. Mais bientôt, faible, se sentant