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CHAPITRE IX

Sie^e de Couatantinople par les Croisés (1203).

Nous voici au treizième siècle. Ce siècle mémorable, qui vit surgir tant de grands noms et accomplir tant de grandes choses, fut inauguré à Gonstantinople par Tune de ces révolutions subites dont le spectacle remplit l'âme d'émotions diverses, et dont l'histoire a retracé avec quelque détail un fidèle tableau. Pour nous, Français, ce tableau a d'autant plus d'intérêt, que notre drapeau y joue le principal rôle, et qu'on va le voir flottant à côté de la Croix sur les murs conquis de l'ancienne Byzance.

In saint prêtre à l'éloquence vive et entraînante, Foulques, curé de Neuilly-sur-Marne,, investi par le pape Innocent m de la mission que les pontifes romains avaient donnée tour a tour à Pierre l'Ermite et à saint Bernard , l'avait dignement remplie. Tout s'apprêtait pour une nouvelle Croisade. A la tête d'un grand nombre de barons enrôlés sous l'étendard de la Croix , paraissait Thibaut de Champagne, jeune et brillant guerrier, auquel dix-huit cents

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chevaliers, ses vassaux, rendaient foi et hommage. Il était neveu ou cousin des rois de France et d'Angleterre, frère et beau-frère des rois de Jérusalem et de Navarre. L'exemple de ce prince fut imité par les comtes de Chartres et de Blois. à la suite desquels se croisèrent le comte de Saint-Paul. Simon de Montfort, les comtes Gauthier et Jean dr> Brienne, Reinhard et Bernard de Môntmirail , Manassès de Lisle, Renaud de Dampierre , Matthieu de Montmorency , Hugues et Robert de Boni, comtes d'Amiens, Renaud de Boulogne, Geoffroi du Perche, et enfin Geofîroi de Villehardouin , le spirituel et naïf historien de cette mémorable croisade.

La noblesse de Flandre, guidée par le comte Baudouin, se rangea avec ces fiers barons sous la bannière sacrée. Un grand nombre d'autres seigneurs de diverses contrées prirent aussi la croix; le commandement de la sainte expédition fut confié à Thibault, comte de Champagne.

Réunis d'abord à Soissons , puis à Compiègne , les chefs de la Croisade décidèrent que l'armée se rendrait par mer en Orient, et que six députés seraient envoyés à Venise, pour obtenir de la république les vaisseaux nécessaires au transport des Croisés dans les campagnes de l'Asie. « Ainsi, dit Villehardouin, ces six députés partirent, lesquels après avoir concerté ensemble, chevauchèrent en si grande diligence, qu'ils arrivèrent à Venise la première semaine de Caresme (1200). »

Venise, aujourd'hui triste, languissante , mais belle encore sous son brillant soleil, avec ses palais, ses églises et ses grands souvenirs, était alors la reine des mers. Plus florissante que Pise et Gênes, ses rivales de gloire

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