‹ ConstantinopleChapitre 65 sur 97 · CHAPITRE \II · texte numérisé non relu

CHAPITRE \II

presque exclusivement le Turkestan indépendant et les

régions au nord de la Chine , et qui se confond avec la race dite vulgairement Tartares*. Ils vinrent, au dixième siècle, s'établir en Perse et dans l'Asie Mineure, entraînant à leur suite des peuplades alliées ou soumises avec lesquelles on les a souvent confondus. Les Turcs formèrent dans les pays conquis de nombreuses dynasties, dont les plus célèbres sont celles des Gaznévides , des Sddjoucides et des Ottomans. La première , qui tire son nom de la ville de Gazna dans le Kaboul , berceau et capitale de l'empire gaznévide, régna deux cent quatorze ans dans la Perse et dans l'Hindoustan. Mahmoud, le plus grand prince de cette dynastie, et dont les pèlerins visitent encore le tombeau près de Gazna, prit le premier le titre de sultan (empereur) au lieu de celui iïémir (997). Conquérant d'une grande partie de l'Inde et de la Perse, il forma un vaste empire, qui s'étendait depuis la mer Caspienne jusqu'au Gange supérieur. Après la mort de Mahmoud (vers 1028), l'empire gaznévide perdit beaucoup de sa puissance. Chassés de Gazna (1158), ses derniers princes régnèrent quelque temps encore à Lahore. Kosrou-Mélik , vaincu et mis à mort, mit fin à la dynastie des Gaznévides (1189).

Les Turcs Sddjoucides , ces fiers ennemis de nos pères dans la première croisade, ont pour chef Togroul-Beg ,

1 D'après l'histoire de l'empire ottoman, Turc, que cette race reconnaît elle-même pour son premier chef, est selon toute apparence le Targiteros <f Hérodote (iv. 5.) et le Thogorma de l'Ecriture, petit-fils de Japhet. HaMmer. liv. i.

petit-fils de Seldjouk, qui, séduit par l'exemple de Mahmoud , sortit des steppes du Turkestan au commencement du onzième siècle , s'empara de Nichapour, conquit l'empire des Gaznévides, mit fin au règne des Bonides d'Ispahan, se rendit maître de Bagdad, et devint émir-alamrah^ beau-frère et gendre du calife. A sa mort (1063), Alp-Arslan , son neveu , soumit la Géorgie , l'Arménie et une partie de l'Asie Mineure. Malek-Chah, fils d' Alp- Arslan, rangea sous ses lois presque toute la Syrie et diverses régions de l'Asie centrale. Durant ce temps (1074), Soliman , son cousin , fonda à Konich , ou Iconium , un deuxième état seldjoucide , dont Nicée fut ensuite la capitale , et qui comprenait l'Asie Mineure presque entière , la Cilicie et l'Arménie. On l'appelle souvent aussi Yempire de Boum. Les sultans de Kharizin , ayant envahi la Perse à la fin du douzième siècle , renversèrent la dynastie des Seldjoucides (1194) *.

Les Turcs Seldjoucides ont déjà souvent apparu à nos regards dans le cours de cette histoire. En adoptant la religion de Mahomet, ils avaient hérité de l'humeur conquérante des enfants du Prophète , et ces vainqueurs de l'Asie , rêvant d'autres victoires , jetaient des yeux jaloux sur les beaux rivages de Constantinople. Alp-Arslan, l'un de leurs premiers chefs , qui porta si loin la gloire de ses armes, venait d'être vaincu à Tarse par Romain iv,

• Alep, Damas, Antioche , Mossoul formèrent aussi, après la mort de MalekéChah, de petites principautés seldjoucides, mais très-inférieures en puissance aux deux empires fondes par Togroul et Soliman.

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