‹ ConstantinopleChapitre 69 sur 97 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

dans la journée ; le premier, à l'aube du jour, donnait le signal de l'attaque. Il éclata bientôt, et mit en morceaux l'artificiel; Orhan. On essaya toutefois de l'utiliser encore, mais le succès ne répondit pas à l'attente des assiégeants....

» L'armée turque , rangée devant Constantinople , se montait à deux cent cinquante mille hommes ; cent mille hommes de cavalerie occupant la partie la plus reculée du camp : cent mille fantassins à l'aile droite , appuyés sur la porte dorée, et cinquante mille à l'aile gauche -étendant jusqu'au palais des Blaquernes. Le sultan était au centre avec quinze mille janissaires. Soganos-Pacha avait été posté avec quelques troupes sur les hauteurs qui dominent le faubourg de Galata , vis-cà-vis Constantinople , de l'autre côté du port. La flotte se composait de dix-huit trirèmes , quarante-huit birèmes , vingt-cinq navires de transport, et plus de trois cents bâtiments plus petits, en tout quatre cent vingt.... Ainsi les assiégeants avaient vingt fois plus de forces que les assiégés , et bien plus d'ardeur pour l'attaque que ceux-ci n'avaient de courage pour la défense....

» Il y avait déjà sept semaines que le siège se poursuivait avec activité du côté de la terre ; quatre tours ;tv;iient été renversées; une large brèche était ouverte à la porte de Saint -Romain; l'armée occupait le fossé à demi comblé par les débris des fortifications ; les barques ft les galères mouillées sous les murs de la ville dresnerit les balistcs et les béliers. Mohammed voulut envoyer un dernier message ta* l'empereur, soit pour obéir

à la loi qui prescrit d'offrir la paix à l'ennemi avant de l'exterminer, soit pour faire reconnaître si la ville était ou non dans l'impossibilité de résister encore longtemps. Isfendiaroghli , gendre du sultan , se transporta dans Constantinople, non en qualité d'envoyé du sultan, mais comme prenant un intérêt personnel au sort des Grecs. Admis en présence de l'empereur, qui l'attendait entouré de toute sa cour, Isfendiaroghli l'exhorta à désarmer la colère de Mohammed par une prompte soumission, et à épargner toutes les misères de l'esclavage aux habitants , à leurs femmes et à leurs enfants. Dans le conseil que l'empereur convoqua immédiatement , la voix de l'honneur et du courage réduit au désespoir fut seule écoutée. L'empereur répondit à l'envoyé turc qu'il remerciait Dieu si le sultan pensait à lui accorder la paix, et s'il voulait, en la respectant, imiter l'exemple de ses prédécesseurs. Il ajouta qu'aucun de ceux qui avaient assiégé Constantinople n'avait régné ni vécu longtemps ; que Mohammed pouvait lui demander un tribut , mais non la reddition de la ville qu'il avait juré de défendre jusqu'au dernier moment. Sur cette réponse, le 24 mai 1453, Mohammed fit proclamer dans le camp qu'un assaut général serait donné le 29, du côté de la terre et du côté du port. Il rassembla les chefs de l'armée , leur promit tout le butin , et ne se réserva, pour sa part, que le territoire et les maisons. Sa proclamation fut accueillie dans tout le camp par des cris tumultueux d'allégresse. Les chefs des janissaires répondirent de la victoire.... Pour enchérir sur l'enthousiasme de l'armée, le sultan publia une seconde pro-

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