‹ ConstantinopleChapitre 75 sur 97 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

gens, tirés de TAnatolie. de la Servie, de la Morée, . On dit qu'afin de rendre à Stamboul ou Istamboul x tout l'éclat dont cette ville avait brillé sous le nom de Constantinople , il y convoqua les plus riches habitants de douze capitales conquises. Il fit réparer les monuments, construire de nouveaux édifices. Pour rassurer les Chrétiens, il voulut lui-même donner finvestiture au patriarche qui était élu à la place de celui qui était mort pendant le siège. Les églises de Byzance furent partagées entre les deux religions ; mais la dominante qui garda Sainte-Sophie, l'église des Saints-Apôtres, se fit la part du lion, en attendant que les autres grandes mosquées s'élevassent plus tard, aux dépens des édifices sacrés ou profanes, qui faisaient l'ornement et la gloire de la ville de Constantin.

Les Turcs ottomans étaient donc arrivés au terme de la première période de leur histoire, période belliqueuse et conquérante , qui avait duré un siècle et demi. « L'autorité des sultans, dit Hammer, s'était consolidée et étendue, selon l'intention même d'Osman, à la faveur de la guerre. L'anéantissement de l'empire de Byzance, après une existence de mille ans, et la conquête de Constantinople par le septième souverain de la dynastie ottomane préparèrent pour les peuples de l'Europe une longue série de luttes et de calamités. »

' Les Turcs entendant les Grecs dire sans cesse , a txv ttoXiv , à la ville, pour désigner Constantinople, adoptèrent ce mot, et en firent Stampol , Stamboul ou Istamboul. Telle est, dit-on , l'origine du dernier nom de l'ancienne Byzance.

488 COIS'STANTINOPLE

Avant de retourner à Gonstantinople , saluons d'un regard ami cette noble phalange de Grecs fugitifs qui se répandirent dans les grandes villes d'Italie, emportant avec eux les livres qu'ils avaient pu sauver de leur patrie en ruines, et qui donnèrent une nouvelle impulsion aux études de l'antiquité. Un souvenir particulier est dû à Constantin Lascaris, ce savant de race impériale, qui enseigna le grec à Milan , à Rome , à Naples , et mérita par son savoir l'amitié des cardinaux et l'estime des souverains. Rome, l'asile naturel des nobles fugitifs, s'honora elle-même en recueillant avec une tendresse maternelle ces débris intelligents du dernier empire romain, qui préparèrent dans son sein le grand siècle de Léon x , dit de la Renaissance.... N'oublions pas toutefois qu'une autre renaissance plus pure et plus radieuse, pour l'art du moins, était déjà éclose longtemps auparavant, au souffle de l'inspiration catholique, et que les écoles mystiques d'Italie, dont Raphaël est le plus illustre représentant, n'ont jamais eu rien de commun avec l'art et les traditions de Bvzance.

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