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symptômes d'engourdissement et de mort. L'histoire de Constantinople et de l'empire ottoman, à partir de cette époque , offre cependant le grand spectacle d'un peuple cpii | se rappelant l'honneur conquérante de ses premiers ancêtres, cherche à marcher sur leurs traces et à jouer en Europe le même rôle d'envahisseur que ses devanciers en Asie. Mais un spectacle plus grand encore est celui de la chrétienté se levant en armes contre ce nouvel ennemi , et dans des journées a jamais mémorables sur terre et sur mer forçant les drapeaux sanglants du Prophète à s'incliner devant la Croix victorieuse du Christ. Nous jetterons un regard sur ces éclatantes victoires : aussi bien , pour nous chrétiens , le plus vif intérêt dans le sujet qui nous occupe , n'est point désormais dans l'histoire de Constantinople elle-même ; il est surtout dans celle des grandes défaites de ses armées , dans ces journées héroïques de Rhodes , de Lépante , de Vienne , qui , abattant la puissance musulmane , lui ont révélé la force invincible de nouveaux Croisés combattant pour leur foi sous l'étendard de la Croix et la bannière de la Vierge Marie , le Secours des Chrétiens. Détournant donc nos regards des murs de l'antique Byzance", nous les porterons sur ces champs de bataille, où nos pères, en refoulant aux confins de l'Europe la puissance turque , ont préservé l'Occident des pins imminents périls.
Mahomet n, vainqueur de Constanlinople, ne se contenta pas de ce magnifique trophée. Poursuivant ses conquêtes , le jeune sultan soumit rapidement le reste de toute la péninsule grecque , la Caramanie , l'empire de
Trébizonde (4461), la Bosnie, la Valachie (1463), la petite Tartarie , et pénétra jusqu'en Italie. La Turquie alors semblait menacer toute l'Europe occidentale. Cependant déjà Mahomet n, lui-même vit échouer ses terribles armes devant d'intrépides guerriers. La Chrétienté , effrayée de ses victoires, plus d'une fois en arrêta le cours. Les généraux du sultan , vainqueurs en Thrace et en Macédoine , furent vaincus en Albanie par le fameux Scanderberg. Jean Huniade, le régent de Hongrie, surnommé le Diable par les Turcs, apparaît ici comme l'un de ces héros de l'arrière-garde des Croisés , qui , avant don Juan d'Autriche et Sobieski , renouèrent la chaîne interrompue des exploits de Godefroi de Bouillon et de Tancrède. Durant une régence de douze années , il se montra aussi grand politique que bon guerrier. Déjà (l'an 1448) il avait soutenu pendant trois jours dans les plaines de Cassovie tout l'effort de l'armée ottomane , quatre fois plus nombreuse que la sienne , lorsque sa belle défense de Belgrade contre le vainqueur de Constantinople mit le comble à sa gloire (1456). Il mourut cette même année de ses blessures. Mais il laissait à son pays un second défenseur dans la personne de son fils , Mathias Corvin , roi de Hongrie , qui fut le boulevard de la Chrétienté contre les Turcs , et qui , comme guerrier et comme législateur , se montra l'homme le plus illustre de son temps.
Héritier de la bravouve des Hunyades, un autre héros s'offre vingt années après à nos regards : c'est Pierre d'Aubusson , grand-maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem , et surnommé le Bouclier de l'Eglise. S' étant