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CHAPITRE III

De Constantin à Théodose (336 — 378).

Quand les persécutions du paganisme finirent, celles des hérésies commencèrent, mais ce fut pour l'Eglise l'occasion de nouveaux triomphes. Le concile de Nicée venait de condamner Arius et sa doctrine impie. Les ariens, confondus, suscitèrent de nouveaux troubles; ils obtinrent d'être rappelés de leur exil, et par différents artifices ils prévinrent l'empereur contre l'évoque Athanase, leur plus redoutable adversaire. Athanase, voyant ses jours menacés dans sa ville épiscopale , vint à Constantinople pour se justifier devant le souverain. En son absence, les ariens prononcèrent contre lui une sentence de déposition : ils l'accusaient, entre autres calomnies, d'avoir menacé d'empêcher le transport du blé envoyé tous les ans d'Alexandrie à Constantinople. Vainement Athanase protesta-t-il contre ces mensonges, Constantin, prévenu, le jugea coupable, et l'exila à Trêves, ville de la Gaule-Belgique, à huit cents lieues d'Alexandrie.

Le saint, adorant la volonté du Ciel, partit aussitôt pour le lieu de son exil. Il y était arrivé à peine, lorsqu'un étrange événement survenu dans Constantinople vint hâter le signal de son retour.

Àrius , mandé dans la ville impériale , présenta à l'empereur une profession de foi rédigée avec tant d'artifice que l'hérésie n'y paraissait point. En vain Alexandre, le vénérable évêque de Constantinople, s'efforça-t-il de détromper l'empereur : il reçut l'ordre de recevoir Àrius dans son église. On l'y portait déjà en triomphe, un dimanche , au milieu d'une foule de peuple qu'il haranguait avec fierté. Le saint évêque Alexandre, contraint de céder à la violence, avait eu recours au Ciel. Prosterné au pied de l'autel, fondant en larmes, le visage contre terre, il avait adressé cette prière à Dieu : « Seigneur, si Arius doit être reçu dans l'Eglise, je vous conjure de me retirer de ce monde auparavant. Mais si vous avez encore pitié de votre troupeau, comme je n'en doute pas, ne permettez pas que votre Eglise devienne un objet de mépris. » Comme on approchait du temple où on lui avait préparé une réception solennelle, Arius pâlit, chancela, et se sentit tout à coup déchiré de douleurs atroces. Lorsqu'on vint le chercher dans un lieu secret où il s'était retiré, on le trouva mort, renversé par terre, nageant dans son sang, et les entrailles hors du corps. L'horreur d'un tel spectacle fit trembler ses sectateurs mêmes. Ils dirent qu'il avait été empoisonné ; les catholiques regardèrent cet événement comme un effet miraculeux des prières d'Alexandre. Le lieu où Arius expira cessa pendant long-

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