‹ ConstantinopleChapitre 9 sur 97 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

temps d'être fréquenté : on n'osait en approcher; on le montrait au doigt comme un monument de la vengeance

divine *

Constantin , reconnaissant lui-même dans cet événement la main de Dieu, sentit la faute qu'il avait commise en bannissant Athanase: et, avant de mourir, il donna Tordre de le rappeler de l'exil.

L'Eglise ne fut point délivrée par la mort d'Anus des maux qu'il lui avait causés. Unis entre eux, les ariens formèrent une secte dangereuse dans l'Eglise et une faction redoutable dans l'Etat, soutenus et protégés qu'ils étaient par l'empereur Constance, dont le règne ne doit arrêter qu'un instant nos regards.

A Constance, le second des trois fils de Constantin, étaient échues en partage les provinces d'Orient. Ses deux frères, Constantin et Constant, prirent les armes l'un contre l'autre. Constantin périt auprès d'Aquilée, dès la première campagne. Constant, seul maître de l'Occident, fut attaqué par les Francs. Magnence, barbare d'origine, salué auguste par ses amis, l'obligea à prendre la fuite •t le fit assassiner au pied des Pyrénées. L'unique fils de Constantin qui restait alors, Constance, après avoir mal combattu les Perses, dépouillé Vétranion, usurpateur de la pourpre en Illyrie, et refusé de traiter avec Ma- Lnence, vainquit celui-ci à Murza. Le barbare, réduit à fuir, erra de contrée en contrée, et bientôt, par sa

* Les Arius de nos jours seraient moins audacieux peut-être s'ils pensaient quelquefois à ce souvenir de l'antique histoire de I onstantinople.

mort, il laissa le dernier fils de Constantin seul maître paisible de l'empire (353).

Héritier de tous les états de son père, Constance ne put porter sa fortune. Ce prince, auquel il manquait, selon Libanius, le cœur d'un roi et la tête d'un capitaine; ce souverain qui passa son règne dans les transes des discordes civiles et d'une guerre peureuse contre Sapor, se donnait encore l'embarras des querelles religieuses. Superbe et ambitieux, il voulut s'immiscer et commander en maître dans ce qui concernait les principes de la foi et la conduite de l'Eglise. Que servaient aux chrétiens ses efforts pour renverser le paganisme, lorsque, partisan déclaré de la secte d'Arius, il persécutait saint Athanase et troublait toute l'Eglise? Il

exerça toutes sortes de vengeances, et se rendit tellement odieux, que les troupes proclamèrent Julien à sa place. Constance marchait contre ce nouvel auguste, lorsqu'il mourut en route à Mopsucrène , au pied du Taurus (361). Le règne de Constance, rempli de guerres contre les Perses, qu'il ne put soumettre, et de querelles religieuses mêlées de violences, a laissé dans l'histoire la trace d'un pénible sillon. Constance faisait, dit-on, son séjour ordinaire à Antioche. Et cependant, au rapport de Julien, il aimait Constantinople « comme sa sœur, » tandis que lui, Julien, l'aimait « comme sa mère \ »

Julien, que l'histoire a surnommé l'Apostat, avait en effet reçu le jour à Constantinople (331). Le neveu de Constantin étudia dans cette capitale, où Ecébole fut son

1 Julien, Ep. 58.

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