‹ ConstantinopleChapitre 87 sur 97 · CHAPITRE XVI 2Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI 2Î

rie la sagesse des nations et les expédients de la politique humaine, malgré le désir et le besoin de tout le monde de conserver la paix, a tout conduit dans ces négociations pour les faire aboutir à la guerre. La Providence , dont la main . en ces dernières années , a été si visible dans le gouvernement des choses humaines , et qui se manifeste surtout en faisant sortir de tous les grands faits de notre temps des résultats imprévus , n'a jamais été plus manifeste que dans cet événement auquel personne ne s'attendait, que personne ne voulait, mais qu'on accepte comme une nécessité douloureuse , commandée par les plus hautes raisons et les plus graves intérêts.

» Dieu le veut : car il a mis précisément dans cette cause , qui est la sienne , comme un appât pour entraîner des nations puissantes , d'immenses intérêts politiques et matériels qu'il ne leur est plus permis de négliger. Ces intérêts, qui ont armé les uns et qui ont enchaîné les autres , sont plus réels même qu'ils ne paraissent , mais ils ne sont pas les seuls, ils ne sont pas les plus importants. Sous eux se trouvent des intérêts religieux de premier ordre. La pensée qui agite le monde, alors même qu'il n'en a pas complètement la conscience , est une pensée religieuse... Cette pensée est au plus haut point engagée dans la lutte solennelle qui commence , et nous espérons qu'elle se dégagera victorieuse à la fin.

» Oui , Dieu le veut ; car son dessein est de conduire le monde à l'unité dans la vérité; or, si les tendances orgueilleuses que nous allons combattre triomphaient, le monde serait conduit à l'unité dans l'erreur. Il y a en

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Orient en ce moment , au sein de l'hellénisme chrétien , plusieurs symptômes de retour à l'unité. Les haines tendent à s'apaiser, les préjugés à décroître. Ces symptômes seront étouffés si l'influence moscovite continue , et surtout si elle grandit. L'influence de l'Occident , au contraire , les favoriserait et les conduirait à l'unité véritable.

» Dieu le veut , car l'obstacle à l'unité , maintenant , ce n'est plus l'islamisme : disons-le , c'est le césarism*; moscovite, avec ses prétentions, avec son fanatisme. Rien ne menace l'Eglise de Dieu comme les développements de cette puissance, déjà trop colossale. Ils disent que c'est une honte pour l'Europe chrétienne d'aller en Orient à la défense des Turcs. Mais est-ce , au fond, pour défendre les Turcs que nous allons en Orient? n'est-ce pas plutôt pour mettre une digue aux progrès menaçants d'un pouvoir dont il est temps d'arrêter la marche? Est-ce notre faute si les ennemis de la civilisation , si les ennemis de l'Eglise , ne. sont plus en Turquie , mais ailleurs , et si c'est un peuple chrétien qui , en corrompant le christianisme et en le rendant complice de son ambition , a pris aujourd'hui la succession et le rôle des anciens ennemis de Jésus- Christ ? Qu'il soit donné au czar-pontife , qui est aujourd'hui perdu dans ses steppes , de venir s'asseoir , comme nous le disions , sur le trône de Constantinople , portant sur sa tête la triple couronne unie au diadème impérial ; qu'il règne de là sur l'Orient et qu'il pèse sur l'Occident en attendant de l'asservir, et rien ne ressemblera davantage à cette universelle apostasie dont parlent les livres saints et à cette œuvre impie qui doit être le contre-pied

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