EXPOSITION DE LA THÉRAPEUTIQUE D H1PPOCRÀ7 DE UAIINEMANN ET DE PASTEUR
g 1". — Thérapeutique d'Hippocrate.
C'est avec juste raison qu'Hippocrate a appelé le père de la médecine. On trouve en dans ses livres, à côté d'erreurs quiappartien au temps au il vivait, des vérités de premier 01 des axiomes qui ont traversé des siècles sans affaiblis, de ces vues de l'esprit, larges et fondes, qui n'appartiennent qu'aux homme) génie.
En thérapeutique particulièrement, Hippo< formula les principes généraux qui constitue) base même de celte science. Ces principes c prennent une formule doctrinale : C'est la ru qui guérit la maladie ; et deuj; lois d'indications
\" C'est l'organisme gui guérit la maladie. Ne medkatrix.
C'est la nature qui guérit les maladies. Cet axiome constitue le caractère de la thérapeutique hippocratique, il n'a rien d'hypothétique et repose sur l'observation rigoureuse des malades. En effet, la clinique démontre que toutes les maladies curables, même les plus graves, peuvent guérir et guérissent en effet, sans aucun traitement.
Il est donc incontestable que l'organisme peut suffire et suffit à la guérison des maladies.
L'axiome nalura medicatrvr, avons-nous dit, repose sur l'observation des malades, sur la clinique. Mais noire époque a apporté une démonstration de plus à cette vérité ; celle du laboratoire. La destruction du microbe pathogène par les phagocytes est un exemple de l'organisme se défendant, par ses propres forces, contre l'attaque d'une cause morbide et une preuve de la possibilité de la guérison spontanée de la maladie.
Le professeur Bouchard, avec la claire vue des problèmes pathologiques qui est la caractéristique de son intelligence, avait dit : « Qu'on le considère dans les conditions normales ou dans les conditions pathologiques, le phagocylisme est l 'une des manifestations de la nature mêdicalrice, l'un des modes de l'effort naturel préservateur et curateur».
Jusqu'à quel point et de quelle manière peuvent intervenir dans ces drames de la santé et de la
maladie, de la vie et de la mort, le médicameni et le médecin ? (1)
. Hippocrate va encore nous le dire : Médian interpres el minister, formule que les hippocratistes ont toujours traduit ainsi : Lé médecin est k ministre et l'interprète de la nature.
Le médecin doit donc étudier le processus morbide dans tous ses^ détails: ses causes, set symptômes, ses lésions, son mouvement, c'est-àdire son évolution (2). Médiats interpres.
Médiats minister: Le médecin ayant saisi la maladie dans son expression toute entière., devient alors le ministre compétent qui va choisir le remède.
Comment se fera ce choix? La routine, le caprice, la mode, l'inspiration sont de mauvais conseillers. Rappelons-nous d'ailleurs que l'intervention médicale n'est légitime que quand elle esl justifiée par une indication.
Or, qu'est-ce qu'une indication? (3)
(1) BouCHAnD. Microbes pathogènes, page 9.
(2) Il faut, en un mot, avoir un diagnostic précis. Je répète ici, ce que j'ai toujours enseigné : Sans diagnostic positif, point de thérapeutique efficace.
(3) L'indication, dans une science problématique comme la médecine, est le seul moyen de se rapprocher, dans la mesure du possible, d-s l'exactitude des sciences mathématiques.
26 CONSTITUTION DE Là THÉHÀPBUTIQUE
L'indication est la nécessité évidente d'une action déterminée, mais ceci est une lot générale. Quelles seront les règles qui guideront le médecin dans les cas particuliers? Hippocrate a formulé deux lois d'indication et en a donné la formule.
Ces deux lois sont la loi des contraires et la loi des semblables.
Etudions maintenant ces deux lois, et précisons le sens des textes d'Hippocrate qui permettent de les comprendre.
a. Lot des contraires. — Cette loi a pour formule : contraria contrariis curantar. Les maladies sont guéries par leurs contraires. « Si on connaissait toujours, dit Hippocrate, ta cause de la maladie, on serait en état d'administrer ce qui est utile, prenant dans les contraires l'indication du remède. » (1).
Ainsi Hippocrate prend la peine de le préciser; la loi des contraires ne s'adresse pas à la maladie, mais à sa cause. Par conséquent, il a raison de dire que cette loi d'indication n'est applicable que pour les maladies dont on connaît la cause, 11 ne faut pas perdre de vue cette signification
(1) Tome VI, page 93, § 1, traduction de Liltré.
du contraria contrariis, si on veut compret suite de notre exposition.
Si le sens vrai donné à la loi des contrai Hippocrate avait besoin d'être précisé, suivant ne laisserait subsister aucun douti blata causa, tollitur effectus. Or, cet adage complément nécessaire et universellement > de la loi des contraires.
b. Loi des semblables. — ■ Similia similif, rantur. Cette formule est d'Hippocrate et e sume et régit les faits que nous allons e:
c La maladie est produite par les sembla par les semblables qui l'ont faite... le revient de la maladie à ia santé. Ainsi ce q duît la strangurie qui n'est pas, guérit la gurie qui est ; la toux, comme la strangur causée et enlevée par la même chose »
similibus curantur (i).
Précisons maintenant le sens de cette tt Hippocrate a-t-il voulu dire que c'était 1 blable de la cause qu'il fallait prescrire pour la maladie, comme nous avons vu qu'il l'av pour la loi des contraires. II est facile de c
(!) Loc, cit., page 336 à 337, § 12.
que telle n'est pas sa pensée. Il ne dit pas, effet, si le froid produit la strangurie et la ( (ce qui est possible), prescrivez le froid pour rir la strangurie et la toux; mais il dit texlement, ta maladie est guérie par les xem- ■let que ton fait prendre. Or, ce qu'on fait idre, c'est un médicament; et le seul sens pose du passage d'Hippocrate est celui-ci: le licanient qui produit la strangurie ou la toux
le médicament qui guérit ces deux symp-
lu reste, à propos de la loi des contraires, Hiprate nomme expressément la cause et dans la des semblables it n'en parle pas- L'inierpré™ on que nous donnons de la pensée d'Hippo- :e est celle qui a été acceptée par tous les méïns et c'est pour cela que la loi des semblables resiée inapplicable. S'il s'était agit d'appliquer guérison d'une maladie la cause qui l'avait proie où eût été la difficulté? tandis que pour isir un médicament capable de produire les adies qu'il devait guérir, il fallait connaître tion des médicaments sur l'homme sain; ce était lettre morte.
'ajouterai qu'Hippocrate a fixé la valeur et la iiifi cation de la loi des semblables par une appli-
cation clinique, quand il traita et guérit un c: de choléra avec le veratrnm album (1).
Le veratrum album, en effet, produit ch.
l'homme sain tous les symptômes du choiera c en le prescrivant, Hippocrate a appliqué la loi < similitude.
En résumé, Hippocrate enseigne que c'est Toi ganisme qui guérit les maladies; et que deux lo doivent guider le médecin dans la thérapeutique la loi des contraires et la loi des semblables.
Nous acceptons complètement cet enseigru ment d'Hippocrate ; et, avec ce grand médecii nous considérons la nature médicatrice, la l< des contraires et la toi des semblables comme '. base sur laquelle on doit élever la thérapeutiqm
D'où est venue à Hippocrate cette connais sance du processus de guérison de la maladi par les forces de l'organisme? qui lui a enseigr ces deux lois d'indication qui répondent à toutt les difficultés de la pratique, en particulier où : t-ii puisé cet axiome en apparence paradoxal d simitia similibwt cura/Uur ?
Evidemment dans la tradition et dans ce qu' appelait déjà l'ancienne médecine. Mais nous n
(1) Loc. cit., tome V, page 15, § 10.
dus pas et nous ne connaîtrons probajamais les sources auxquelles Hippocrate lié ces axiomes thérapeutiques, porte après tout ? La clinique, avons nousislifié cet axiome : natura medîcatrir et les contraires répond, avec la loi des les, à toutes les nécessités de la thérapeuthérapeutique curative, thérapeutique ï, et prophylaxie.
la lot des contraires qui guide le chirurir faire disparaître dans un traumatisme >s de la douleur, de l'hémorrhagie, de la tion des parties. C'est encore cette loi qui u médecin les règles nécessaires pour re et évacuer les poisons minéraux, végé-
animaux. C'est la loi des contraires qui ) la technique propre à empêcher les s, Buites du traumatisme, île l'aecou- : el des opérations, puisque c'est elle qui ; à détruire le microbe cause des accidents îmie ; et les résultats de la chirurgie asep ni là pour montrer la fécondité et la puis- : cette loi des contraires, quand elle peut
détruire ta cause de la maladie, encore la loi des contraires qui enseigne idecins les règles de la thérapeutique
palliative. Elle enseigne, en effet, que l'opium a la propriété d'enlever les douleurs, que le chloral a celle de faire dormir, que les purgatifs détruisent la constipation, que l'eau froide abaisse la température, etc., etc.
En un mot, la thérapeutique palliative, qui consiste toujours à supprimer un symptôme, trouve dans la loi des contraires un guide absolument sur pour appliquer à cette suppression du symptôme les propriétés expérimentalement connues des médicaments.
Mais (a loi des contraires cesse d'être applicable au traitement des maladies dites de cause interne; et nous verrons, dans un prochain paragraphe, que toutes les tentatives, même dans nos temps modernes, d'appliquer 1;* loi des contraires au choix d'un médicament curatif d'une maladie de cause interne ont échoué.
La cause interne des maladies, mémo pour celles qui évoluent à l'aide d'un microbe pathogène, la cause interne des maladies, disons-nous, n'est autre qu'une propriété particulière de l'organisme qui le rend apte, 'dans certaines conditions et sous l'action de causes secondes, à produire un processus morbide déterminé.
L'organisme est ou n'est pas un terrain favo-
île au développement de la maladie. Là, est
clef de voûte de la doctrine étiologique. Eh
q, le contraire de cette disposition particulière
l'organisme, en tant que médicament, n'existe
i; donc il est impossible d'appliquer ici la loi
i contraires.
Si la loi des contraires est inapplicable à la
ise, elle l'est encore bien moins à la maladie
;-mème. Qu'est-ce que le contraire de la pneu-
nie, de la fièvre typhoïde ou de la diphtérie?
nonce seul de cette proposition en' démontre
isurdité.
Mais comment comprenons- nous que la loi des
notables puisse servir à guider le médecin dans
;hoix d'un médicament pour la guérison d'une
ladie?De la manière suivante:
.es médicaments, administrés à l'homme sain,
iduisent chez lui un ensemble de lésions et de
nptômes soumis à une marche déterminée et
i, par analogie, on peut appeler une maladie
iicamenteuse .
"est la connaissance de cette maladie médica-
nleuse qui rend possible la médication par les
iblables.
,es maladies médicamenteuses, aujourd'hui
mues grâce à l'initiative de Hahnemann et de
élèves immédiats, grâce aussi aux travaux des
thérapeutistes qui, de nos jours, se sont occuj de pharmacodynamic, permettent l'application la loi des semblables. Non seulement nous savo aujourd'hui, ce qui produit la strangurie et lato chez l'homme sain; mais les études de pharma< dynamie nous ont fait connaître les symptôn et les lésions produits par la plupart des médit ments;ensorte qu'aujourd 'huiles médecins peuvt appliquer la loi des semblables, en se basant sur matière médicale expérimentale.
Ici se place une remarque de la plus haï importance pratique; et cette remarque s'adre: à ceux de nos confrères qui ont étudié la malii médicale à nu point de vue différent du nôtre.
Nos recherebesde matière médicale se propose i par des expériences méthodiquement gradué d'éludier, chez l'homme et chez les animai l'ensemble des symptômes et des lésions produ parles médicaments, ensemble qui constitue u sorte de maladie médicamenteuse. Nous n'o blions jamais, en effet, que nos études de matii médicale ont pour but immédiat l'application la loi des semblables au traitement des maiadit en sorte que nous plaçons sur un plan sect daire ce qu'on appelle aujourd'hui l'action ph siologiqueda médicament, et nous trouvons presq P. t. 3
inutiles le&acliona hypertoxiques qui tuent l'animal en quelques minutes. Quand, par exemple, nous éludions Faction de la digitale sur te cœur, nous plaçons en première ligne l'étude aussi exacte que possible de la dépression cardiaque et de l'asystolic produites par les doses fortes; et, d'autre part, la surexcitation des contractions cardiaques produites par les doses faibles. Nous serions sans doute heureux de savoir si l'action de la digitale se localise sur le pneumogastrique, sur les ganglions întracardiaques ou sur les fibres du muscle cardiaque ; ce qu'on appelle l'action physiologique; mais nous ne nous préoccupons pas, outre mesure, de la supériorité des théories qui se disputent l'explication de ces faits. C'est pour une raison analogue que les expériences de M. Franck, qui tue un chien en deux minutes, avec la digitaline, nous semblent dénuées de toute utilité thérapeutique.
Notre méthode, pour étudier l'action des médicaments sur les animaux, est tout autre. Nous administrons des doses pondérables que nous augmentons ou diminuons ■ que nous éloignons du rapprochons, suivant les effets produits. Et cette méthode, qui s'accompagne d'une longue survie des animaux, nous donne le tableau de symptômes
et de lésions qu'on, n'obtient .pas» par les doses brutales généralement employées.
Quelques exemples de ces expériences feront comprendre notre méthode. .
Action de l'ipéca sur les bronches et les poumons d'un animal sain. — L'ipecacunnha est employé traditionnellement dans les maladies inflammatoires des bronches et du poumon. Ce médicament est, dans notre école, l'agent principal dans le traitement des broncho-pneumonies; il était donc très intéressant de rechercher les lésions que l'ipéca produit dans les bronches et le poumon des animaux. •
Pécbolier, qui suit la méthode dont noua faisons la critique, a déterminé la mort de lapins très rapidement par une dose toxique d'émétine ; il a toujours trouvé les poumons exsangues.
Magendie et Pelletier, expérimentant sur des chiens avec îles doses faibles, ont déterminé de la congestion pulmonaire avec des foyers d'hépatisation multiple. Dans les expérimentations d'Ornellas, l'état du poumon variait avec la durée de l'intoxication.
Nous avons voulu vérifier l'action de l'ipecacuanha sur les poumons des animaux.
EXPÉRIENCE
Dans une première expérience noua nous sommes servi A'émétine, principe actif de l'ipécacuanha. Cette substance étant peu soluble dans l'eau, nous n'avons produit qu'un peu de diarrhée et une élévation de 5 à 6 dixièmes de degré de température.
Nous avons remplacé l'émétine par le tulfate d'entéfine, préparation extrêmement soluble, dont nous avons injecté 5 centigrammes dans le tissu cellulaire d'un cobaye. La diarrhée s'est produit aussitôt. La température a baissé d'un degré, à 38°5.
Le lendemain, une pareille dose de 5 centigrammes a produit un état très grave : respiration 128, pouls 112, température 36°; et le cobaye succombe dans la journée.
Autopsie. — Pas*d'épancheinent dans les plèvres ni le péritoine, rate ramollie, foie pâle, caillot dans les ventricules et les oreillettes.
Les deux poumens sont le siège de noyaux aThépaimtion au nombre de 5 ou 6. La partie hépatisée est noire, compacte et gagne le fond de l'eau. L'examen microscopique et l'ensemencement fait avec les précautions antiseptiques habituelles ont démontré l'absence de microbes dans cette lésion.
Voici le résultat de l'examen bistologique pratiqué par M. Lefas, interne des hôpitaux.
Dans les poumons, congestion énorme des vaisseaux. Dans deux endroits, effraction des globules rouges dans l'intérieur des acciai. Dans les bronches, amas muqueux mais pas de desquamation des cellules
épithéliales. Autour d'une bronche de gr demi-mai) chou de cellules rendes embryoi Les cellules des acini se coloreat peu elles sont desquamées en certains points et ] sentent deux noyaux. Au même niveau, cell renfermant des granulations de pigment somme congestion avec pneumonie épithéli
En résumé, nos expériences sur principe actif del'ipécacuanha, démontre de cette substance sur les bronches < pulmonaire. Nous pouvons ajouter action a un caractère inflammatoire et comme la èroncko~pneumonie.
Action du tartre stibié.
EXPÉRIENCES
Action de l'émètique sur le lapin, — Chaq animaux ont reçu bous la peau un cenlii d'un» solution renfermant un milligrami stibié. Après quelques jours, la dose a été centimètres cubes. Le faible titre de cette permis une longue survie des animaux en et les lésions ont pu évoluer et acquér typique.
Expérience A . — Lapin adulte : il reçoit au 1" mai neuf injections hypodermiques 1 milligramme d'émélique.
température normale — dimii quence de la respiration.
1 l" mai, l'animal reçoil 1 mi) itin et soir ; la respiration se i la température tombe de 39°5 : de l'expérience, l'animal tomt 1, et succombe nu milieu de coi
L'estomac seul est malade ; ne présente une ulcération unique îillimètres sur 5. Sa profonde
et atteint la couche séreuse.
:, froncé, entoure l'ulcération.
au de la région ulcérée, est inj
lologique (Lefas). — Les bords institués par la couche glandi cosx cesse brusquement. Entre : la muicuhris mucosœ existei hagiques.
l'ulcère est formé par un tissi de cellules embryonnaires. Le s ont envahi la tunique musci ?. — Nous trouvons inutile de .
de cette expérience. Les résulta à ceux de la première. La ten îellement de 39*5 à 36".. La re partir du 7« jour. La mort a eu
r pour les détails histologique iélé anatomique, mai et juin 18!
1/ estomac présente trois petites ulcérations d< plus grande offre la dimension d'un grain de che et présente un aspect analogue à celui décrit l'expérience A.
Nous pouvons conclure de ces expériences le tartre stibié à doses fortes ralentit la respira diminue la température et amène la mort en lapsus.
Hais nous Appelons surtout l'attention si propriété qu'a le tartre stibié, même admin par vole hypodermique de se localiser sur V< mac et d'y déterminer des ulcérations qui ont la grande analogie avec t ulcère rond.
Troubles fonctionnels et lésions viscérales déU nées par le sérum d'anguille. — Nous rapport* une seule de nos expériences.
EXPÉRIENCE
Le sérum d'anguille qui a servi à ces expéril a été recueilli à notre laboratoire. La dose a été gressivement de deux à dix gouttes étendues dan centimètre cube d'eau physiologique. Les injec pnt été faites dans la veine marginale de l'oreille,
18 mari. 1890, II gouttes de sérum sont iaje( Le pouls baisse de 143 à 108,
20 mars. 2" jour. — Pas d'injection.
ïœt urines contiennent déjà du sang et de l'albm
Il y a du larmoiement.
21 mars. 3* jour. — Injection de III gouttes. 1 136 avant, 116 après.
23 mars. 5* jour. — Injection de IV gouttes. ] 148 avant, 122 après.
Tremblement général.
Il y a de la polyurie. Les urines sont album et contiennent des cellules rénales.
24 mars. 6* jour. — Injection de IV gouttes. I 144 avant, 136 après.
27 mars. 9* jour. — Injection de V gouttes.
29 mars. 11* jour. — Injection de V goutt température initiale a baissé de 39°7 à 38°8. Le est à 144.
1 er avril. 14* jour. — Injection de V gouttes. Pa
3 avriL 16° jour. — Injection de VI gouttes. P< continue.
11 avril. 24" jour. — La diarrhée s'établit urines diminuent.
12 avril. 25 e jour. — Injection de X goût sérum. Anurie.
13 avril. 26* jour. — Mort.
Aotopsie. — Foie. — Il est très malade. Etat crose et de coagulation qui entoure les veines sue tiques. La tunique de ces veines est épaisse et né
Dans le reste du foie, groupe de cellules bépi présentant un début de nécrose de coagulati< remarque de nombreuses vacuoles. Les capillaire; cellulaires sont lésés et remplis d'uue But finement granulée.
Hein. — La nécrose de coagulation est la dominante dans les glomérules et dans les tub<
tournés. Les tubes droits offrent la même lési< avancée.
En résumé, les lésions viscérales peuvent se à deux principales : la nécrose de coagulati dégénérescence yacuolaire.
Nous attirons l'attention sur l'action si et si énergique du sérum d'anguille sur Au bout de 24 heures, les urines des t en expériences contenaient du sang et d mine. Ce dernier élément a persisté toute la durée de l'expérience et a atte\ grammes par litre. En outre, les urines liaient des cellules rénales.
Les urines d'abord très abondante sont < quand on a augmenté la dose du sérum et s'est établie le dernier jour (1).
Voici maintenant une suite d'expérime sur l'action du calomel en injections h iniques chez le lapin. Elles ont été faites dans le but de justifier f indication du dans le traitement de la cirrhose.
Nous avons fait trois expériences sur le;
(1) Pour les détails d'histologie consulter le de la société anatomique de mai 1899, et détails des symptômes l'Art Médical de juillet
i ne parlons pas des deux | el mercuriel ayant été trop succombé eu 48 heures, et i rein étaient trop peu av intéressant de les rappeiler
EXPÉRIENCE
pin n°3. Cet animal a uurv en tout environ Ogr. 45 cen tions répétées, à doses fractioi l'autopsie, le foie pèse 80 gr., ite est rès petite. Reins hypt i présentent un engorgemen
lobe moyen ; à la coupe, leu ire; examiné par raclage, le nte pas de pneumocoques m; ricule gauche du cœur hy 'iques dans les oreillettes et Etillot blanchâtre adhérent à 1; Ici maintenant l'examen ni:
efas.
L'injection hypodermique d<
réitérées de calomel 2* des i exemple, amène la mort de c
temps variable. A. l'autopsie, r és porteurs de lésions anaton présumer par l'examen à l'œ jscope révèle dans tous leui imiler à des lésions déjà conn jCs altérations du foie sont ana
nomme la cirrhose embryonnaire infectieuse d biliaire. Cette dernière peut se résumer dan: qu'il existe des lésions inflammatoires irritât cellules de revêtement des canalicules biliaire hépatiques, tant de ceux qui cheminent eu travées cellulaires hépatiques (canaux d'origi: de ceux qui font suite aux précédents, et occu espaces conjonetifs élémentaires constituant les de Kiernan. Si l'irritation de l'épithélium bil prolonge un certain temps, elle se propage :
conjonctif voisin qui réagit en proliférant : alors qu'il y a cirrhose d'origine biliaire.
« Concurremment à ces lésions conjonct biliaires, il existe toujours des altérations en modérées des cellules hépatiques elles-même sis tant dans un état granuleux ou dans une plication des noyaux cellulaires.
aLétions du rein. Ces dernières appartiennent type histologique à celles qui caractérisent h mérulo-néphrites subaigu.es, dont un type a été expérimentalement dans l'empoisonnement len cantharidine (Cornil et Brault) ; et que l'on r clinîqucment dans un -grand nombre d'infecti verses : elles consistent en transformation g vasculaire et granulo-graisseuse des cellules d( du rein, et en congestion pouvant aller jus production d'hémorrhagies capillaires ; ces altc sont donc parenchy mate uses et le tissu coujoi rein parait ne pas y participer.
« Il nous reste à examiner les lésions pulm déterminées par le calomel. Celles-ci, très i santés, sont de deux ordres : les unes consisl
uamation de l'épithélium alvéolaire avec conion et hémorrhagies capillaires ; c'est la pneumoîpithéliale avec congestion, comparable à celle du non cardiaque (Ducellier) ; les secondes consistent ronchopneumonie comparable à celle des maladies ;tieuses (rougeole, grippe, fièvre typhoïde, etc.). altérations sont réalisées selon nous de la façon ante:
La congestion n'est pas passive comme celle du non cardiaque à laquelle elle ressemble histojuement, mais active ; cette congestion active est uente dans les intoxications. Nous l'avons va prémment en ce qui concerne le rein, son intensité au au des capillaires pulmonaires est expliquée, de 1e que les altérations épitnéliales et broncho-pulaires, par ce fait que l'appareil broncho-pulmoe est une voie importante d'élimination des pros toxiques amenés par la circulation : la présence ;es derniers dans les capillaires sanguins peut iquer aussi les hémorrhagies constatées.
insi les lésions hépatiques produites par l'usage alomel expliquent bien, d'après laloidesimili- 3, les heureux effets de ce set de mercure dans ■alternent de la cirrhose. Ce qui donne la cirrhose uênt pour faire suite à l'adage d'Hippocrate, [ui produit la strangurie chez l'homme sain rit la strangurie chez l'homme malade.
■liant aux localisations de l'action du calomel le rein et sur le poumon, elles peuvent servir
de base à des indications thérapeutiques que la clinique n'a pas encore déterminées suffisamment.
Un problème se pose : comment une action médicamenteuse intervenant dans un organisme malade, dans un sens analogue à la maladie, peutil guérir cette maladie?
Est-ce, comme l'enseignait Humer, parce que deux états analogues ne peuvent subsister en même temps dans l'organisme? Est-ce, comme le veut Trousseau, une action substitutive ? Est-ce par un mécanisme encore inconnu ? Nous laisserons le problème ouvert.
Le fait en lui-même, quelle que soit son explication, est irréfutable. En effet, la démonstration de l'action des médicaments appliqués aux mala dies suivant la loi des semblables est un fait traditionnel. Dans son chapitre des guérisons homœopatkiques dues au hasard, Hahnemann a rassemblé des centaines d'observations, empruntées à toutes les écoles et à tous les temps, qui démontrent l'action homceopathique des médicamenls. Do nos jours, en dehors de l'école de Hahnemann, nous n'aurions que l'embarras du choix pour citer des cas analogues. C'est l'action de l'ipecacuanha à doses non nauséeuses dans l'asthme et les hémorrhagies; c'est la cantharide prescrite contre
le mal de Bright ; le calomel dans la dysenterie; la belladone dans le mal Je gorge ; le drosera dans la coqueluche; l'hamamelis dans les varices et les hémorrhagies he'morroïdaires, etc. etc.
CA'st à dessein que nous l'affirmons de nouveau Toute la thérapeutique est comprise dans le principe : natura medicatrix et dans les deux lois formulées par Hippocrate. La thérapeutique posée sur ces larges assises est une thérapeutique vraiment scientifique : Ce n'est point la thérapeutique d'une école en particulier, c'est la thérapeutique, de tous; en dehors de cette thérapeutique il n'y a que des sectes.
Dans le chapitre suivant, un pas immense va être fait dans la voie de la thérapeutique positive. Hahnemann va créer la matière médicale expérimentale, rendre possible l'application de la loi des semblables et plus certaine l'application de la loi des contraires dans la médication palliative.
g II. — Thérapeutique de Hahnemann
Htthnemann avait 41 ans quand il publia un tout petit livre intitulé : Essai sur un nouveau principe pour découvrir les venus curatlves des médicaments. Ce livre parut en 1796 et c'est une
date à jamais mémorable, par elle marque la créatiOD d'une Science nouvelle : la matière médicale expérimentale.
Le titre même de cette publication indique, d'une manière très précise, le but que se proposait Hahnemann : découvrir les propriétés positives des médicaments, c'est-à-dire leur action sur l'organisme saio.
Hahnemann va-t-il, comme ses devanciers, rechercher dans les qualités physiques et chimiques des médicaments, dans les vertus que la tradition leur assigne, ou même dans les effets qu'ils produisent chez les malades, les fondements de sa nouvelle matière médicale? Non; il sait combien toutes ces sources de connaissances sont illusoires; et qu'elles n'ont produit, jusqu'à lui, qu'une science contradictoire. Donc, après avoir rejeté les anciennes méthodes, il ajoute : « 11 ne nous reste donc plus qu'à expérimenter sur l'organisme humain les médicaments dont on veut connaître la puissance médicinale » (Essai sur un nouveau principe, page 33}.
À la page 35, Hahnemann complète sa pensée en disant que les effets médicamenteux doivent être observés chez l'homme sain.
Toute la méthode qui va servir à édifier la
lédica le expérimentale se trouve résumée quelques ligues. Hahnemanu va applite méthode et quelques années plus ubliera, sous le titre de Fragments sur positifs des médicaments observés ckes sain, l'histoire de 26 médicaments, manu dans cette première partie de laissa entièrement guider par la méthode ntale ; aussi ce fut le temps de ses grandes tes. Son génie d'observation donne grande valeur à ses premiers travaux ;re médicale; non seulement il trace des médicaments sur l'homme sain, :onstate un certain nombre de lois qui l'action de ces médicaments ; lois ictitude a été reconnue par lapharmacomoderne.
s sont au nombre de deux : la première -ci : Un médicament donné en une seule i homme sain, produit deux effets alternants imier est opposé au second; voici la seconde t médicament produit sur l'homme sain 's opposés suivant qu'on le prescrit à petites s doses (1).
sulter les pages 192 et suivantes de nos 3e pathologie générale où ces lois sont eipo-
CONSTITUTION DE LA THÉRAPEUTIOtlE
La posologie de Hahnemann n'avaità cetteépoi rien d'extraordinaire :« On administrera le rem aune dose telle qu'il manifeste d'une mani presque imperceptible la maladie artificielle q provoque (car il agit dans ce cas à cause d< tendance qu'il a à évoquer une affection artifi ci semblable) ; on augmentera ensuite insensil ment la dose, de manière à être certain que changement intérieur de l'économie se fasse a un degré suffisant d'énergie ; bien qu'avec manifestations beaucoup moins vives que symptômes de la maladie naturelle. De c façon, on obtient une guérison douce et c taine. » (Loc. cit., p. 37, en note.)
Si la réforme de Hahnemann avait été ] sentée au monde médical avec ce caractère science et de bon sens, elle eut entraîné toutes convictions. On sait qu'il n'en a rien été ; et c ce qui nous reste à exposer.
La note sur les doses que nous venons de ref duire fait déjà pressentir l'état d'esprit de H nemann. It se préoccupe évidemment de l'im vénient des doses fortes, capables d'exciter d l'économie des manifestations plus vives que ce de la maladie à combattre. Il est clair qu't ployant des médicaments qui produisent c I homme sain des symptômes analogues à c p. J. 4
50 CONSTITUTION »E LA TllfcRAPEUTIOUE
de la maladie il devra redouter des aggravations inutiles ou même dangereuses. Quel procédé va employer Hahoemaon pour arriver à l'atténuation des doses? Va-t-il expérimentalement diminuer les doses ordinaires de moitié, d'un quart, d'au dizième?Nonl 11 va nous jeter dans la stupenr en poussant du premier coup, et sans transition, l'infinitésimalité à des limites jusqu'alors inconnues; il propose l'atténuation des médicaments par la division centésimale. La première dilution est an 100% la deuxième au 10.000% la troisième au 1.000.000, et la trentième s'exprime par l'unité précédée de soixante zéros!
Jamais Hahnemann n'a donné la raison qui l'a porté & choisir cette échelle de dilution. Nous remarquerons seulement, qu'à ce moment un changement complet s'était opéré dans les allures de son esprit. Ce n'est plus ce savant pondéré, parlant la langue médicale usuelle , et cherchant dans la matière médicale expérimentale la solution des problèmes thérapeutiques. Son langage a pris une leinte d'illumioisnie ; il se considérai comme ayant une mission ; il se. pose en maître, " siins égard pour la tradition médicale et n'accepte d'autres guides que ses inspirations.
C'est alors qu'interviennent Jes théories insensées qui veulent expliquer l'action des médira-.
WFS^
mérita dilués pat* une vertu' que 'leur corn mu queraiest l'es secousses imprimées au flacon tes enferme; secousses qu'il recommandede pas porter trop loin de peur d'augmenter trop l'énergie du médicament ; puérilité ridiei absolument déuuée d'autorité scientifique et d s'emparèrent avec enthousiasme ces esprits ;di quilibrés qui se rencontrent toujours Hooabn dans tout nouveau système^
La trentième dilution fut bientôt dépasï Nous eûmes un Jenichen, sous-officier de ca lerie, aux robustes épaules, qui dépouillé de vêtements, secouait de ses bras vigoureux flacons de la quatrième dilution. Quant il 1 imprimé cent secousses, il avait la çentié dilution ; après 20.000 secousses, c'était 20.000' dilution.
Or, comme n'ont cessé de le dire, avec n tous les médecins sensés, c'était toujours quatrième dilution.
Nous ne voulons point insister sur les insani analogues, uées de cette folie de la puissa médicamenteuse produite par les dilutions suce sîves. Ce que oousavonsdit de Jenichen suffît (
(1) Cet étal d'esprit d'Hahuemann eut une influe très fâcheuse sur la matière médicale elle-même. Dans les fragmenta publiés en 1804, on trouve î
i reforme de Hahnemann déviée de la base irimentale qui avait (ait la grandeur de son il, ne fut point abandonnée aux disciples ■nsigeants qui en avait fait une secte. Les ^stations furent énergiques et de plus en plus brenses. Une réaction en sens inverse se fit, cipalement chez les médecins de langues frans et anglaise ; l'emploi des médicaments î» au dixième, au lieu d'être dilués au cene, l'emploi même des doses pondérables se iralisa beaucoup. Personne ne soutient plus urd'huî l'action exaltante des secousses imtées au flacon du médicament. On peut dire ujourd'hui la plupart des élèves de Hah-
■iption très claire et très nette de l'action des caments car l'homme sain. Le traité de « Matière cale » publié en 1834 est déjà plus confus, les itômes trop multipliés. Cependant on peut encore, y appliquant suffisamment, discerner dans l'hisde chaque médicament son action sur l'homme Mais dans son « Traité des maladies chroniques » ié en 1846, on rencontre, mélangés à des symptômes ■us par des doses pondérables ou toxiques, d'autres itômes attribués à l'action de doses infinitésis. Cette dernière catégorie recueillie par des npétents et des exaltés n'a aucune valeur scientiet rend difficilement utilisable toute cette matière cale.
nemann se sont débarrassés du manteau bkctji qu'on leur avait imposé; qu'ils sont rem dans la science traditionnelle, reconnaissant p leur maître Hippocrate et comme le continuât delà loi de similitude et des atténuations l'illii: Pasteur. Ils professent aujourd'hui qu'il y a d lois d'indication : la loi des semblables et la des contraires, toutes deux légitimes, chacune d leur sphère. Ils n'admettent pas que les d< infinitésimales doivent être employées exclusi ment et ils ont une règle qui fixe la posologie
Cependant les doses infinitésimales ont ' action incontestable. Mais cette action est généralement niée et la plupart des médecins l'école officielle répugnent tellement à les e ployer, que nous trouvons nécessaire d'insit sur la démonstration de leur action sur l'or nisme.
Depuis près d'un siècle, des milliers de mé cins répandus sur toute la surface du globe, démontré par la clinique l'action des doses i nitésimales; mais nous savons, qu'en thérap tique, la preuve clinique est absolument insu santé pour entraîner la conviction chez des ad\ saires. Accumulez observations sur observati pour démontrer l'efficacité d'un traitement d une maladie définie, surtout il s'agit d'une ch
mge que les doses infinités:
coïncidence ou illusion; et la p on avenue.
le démonstration aussi difficil entreprenons, la preuve cliniq te confirmation.
;s essais d'expérience de dose:
ir l'homme ont été entrepris bert-Gourbeyre, entreautres.^ péri meii ta tioiis du reste en pet!
éruptions, quelques symptôm»
qui puisse faire entrer la eonvi s prévenus.
is reste-t-il à faire? Demander de ces démonstrations comir érimentale a coutume d'en p nielles l'objection n'est pas p ériences nous les avons faites ons pris un être organisé et ne itact avec un médicament dii e de Hahnemunn.
::lionet la balance démontrer icament même à la 6 e diluti ■[libre qui s'énonce par l'unité éros). Or, si une substance à litésimale a une action évidem i pourra nier la possibilité c
des doses infinitésimales sur un processu bides (1).
ArrivoDS maintenant à un autre 01 preuves de l'action de ces infiniment pet pourra dire le poids de la toxine tubei qui arrive au poumon malade quand un de tuberciiline de Koch a été injectée tissu cellulaire d'un phtisique, s'est mêlée dans toute la circulation, a traversé le fo enfin arrivée à la lésion tuberculeuse du p Cette quantité est sî minime que Besnier ( pital Saint-Louis), la compare aux diluti mœopathiques les plus exagérées ; et cef cette dose infinitésimale de toxine peui une 6èvre violente et, trop souvent, a tué lade.
Qui dira le poids de la toxine dipht qui, après avoir été élaboré dans l'organisr cheval, est contenu dansle sérum de Roux.
(1) Ces expériences ont été faites aulabor; l'hôpital Saint-Jacques avec l'argent mètalliqi pergillus niger. Les premiers résultats ont été dans l'Art médical, janvier 1902.
Nous continuons nos travaux. Nous les été d'autres substances et à d'antres végétaux. E sul ta t s seront publiés ultérieurement.
des exemples de doses infinitésimales dont m ne peut être mise en doute parce qu'elle brutalité d'un fait de laboratoire.
Et maintenant, nous aurions quelques <;hî être entendu en parlant des milliers de faii ques que possède notre école.
Aussi, tout en repoussant l'esprit de systèm ipiidé Hahnemann pour établir ces mode:
lution, et plus encore les explications mysti l'il a données de leur action, acceptonsisage de ces doses, dans le traitement de ithologiques déterminés, à la condition expi te ces doses soient réglées par l'observation que.
g III, — Thérapeutique de Pasteur.
La doctrine thérapeutique formulée par Hi ate, développée par Hahnemann, trouve mplément dans l'œuvre d'un homme qu issi grand par son génie que par l'élévatio lounêteté de son caractère, je veux parle; isteur.
Nous ignorons à quelle source Hippocrï lise ses enseignements thérapeutiques, isteur fut notre contemporain, nous p<
dons donc tous les éléments nécessaires pot faire la genèse de ses découvertes.
Pasteur a commencé par être chimiste (1} il montra, dès ses premiers pas dans l'étude t cette science, les qualités auxquelles il dut s supériorité.
Ce qui caractérise le génie de Pasteur c'est s fidélité constante à la méthode expérimentale.
Pasteur expérimente. S'il fait des hypothèse c'est pour les vérifier, jamais il n'a fait un systèmt Quand il s'attelle à la recherche d'une vérité, à I solution d'un problème, il institue expérimen talions sur expérimentations et il n'est satisfa: que lorsque ces expérimentations concorden toujours ; alors pour lui la question est résolue il la formule arec cette clarté née de la connais sauce complète du sujet. Tout à l'heure il éta:
(1) Ses recherches eurent d'abord pour objet 1( tartrates et les paratartrates. La différence d'action ri ces deux sels sur la lumière polarisée, le tartrate agis saut sur la lumière et le paratratate restant indiiï'éren préoccupait tous les chimistes vers la fin de la prt mîère moitié de ce siècle. Pasteur, après avoir cour l'Europe à la recherche des paratartrates, trouva l'es plication de leur différence d'action dans la dissymé trie des molécules.
STITUTION DE LA THÉRAPBUTIQUE Ôfl
Cependant Pasteur allait déduire de ses premiers travaux des conséquences imprévues et dont les résultats pratiques furent considérables.
C'est en premier lieu Vasepsie chirurgicale dont il fixa du premier coup et la doctrine et la technique. Voici en quels termes il s'adressait aux chirurgiens : « Cette eau, cette éponge, cette charpie avec lesquelles vous lavez et recouvrez une plaie, y déposent des germes qui, vous le voyez, ont une facilité extrême de propagation dans les tissus et qui entraîneraient infailliblement la mort des opérés dans un temps très court si la vie ne s'opposait à la multiplication de ces germes.
« Mais hélas! combien de fois cette résistance vitale est impuissante, combien de fois la constitution du blessé, son affaiblissement, son état moral, les mauvaises conditions du pansement n'opposent qu'une barrière insuffisante à l'envahissement des infiniment petits dont vous l'avez recouvert, à votre insu, dans la partie lésée. Si j'avais l'honneur d'être chirurgien, pénétré, comme je le suis, des dangers auxquels exposent les germes des microbes répandus à la surface de tous les objets, particulièrement dans les hôpitaux, non seulement je ne me servirais que d'instruments d'une propreté parfaite, mais aprèt avoir nettoyé mes mains avec le plus grand soin
i avoir soumises à un flambage rapide, je ploierais que de la charpie, des bandelettes, iponges préalablement exposées dans un air à 160°, je n'emploierais jamais qu'une eau urait subi la température de 140 à 150°.
cela est très pratique, de cette manière je aïs à craindre que les germes en suspension l'air; mais l'observation nous montre chaque que le nombre de ces germes est pour ainsi insignifiant, à coté de ceux répandus dans la lière, à la surface des objets ou dans les eaux nunes les plus pures. » (Loc. cit., p. 393.) us avons tenu à reproduire en entier ce pasd'un discours de Pasteur à l'Académie, parce expose complètement la raison et les règles isepsie chirurgicale.
effet, si vous ajoutez à ce qu'a dit Pasteur, âge méthodique de la région sur laquelle doit r l'opération, vous avez l'ensemble de ces lutionsqui empêchent l'introduction du mi- ; pathogène dans la plaie chirurgicale; vous la pratique de ce qu'on appelle justement «te ; c'est-à-dire la méthode qui empêche *ée du microbe ; méthode qu'il faut distinde l'antisepsie dirigée contre le microbe, inlit déjà dans l'organisme et contre les toxines y secrète.
Quoiqu'on doive rendre au professeur I l'honneur d'avoir, étant interne (en 1874), porté de ses études dans le Nord de l'Eurof heureux résultats de l'antisepsie employée les maternités de ces pays, ilestjustede rapj à l'enseignement de Pasteur et ù l'antis chirurgicale formulée par lui, la constituti l'antisepsie puerpérale.
La femme en couches n'est qu'une opi dès 1838, J. P. Tessier l'avait établi dans soc moire sur la Diathèse purulente, publié d:
journal \' Expérience; et Trousseau répéta la i chose vingt ans plus tard à l'Académie de 1 cine. Plusieurs années après, à propos d'un cussion sur les causes de la fièvre puerp Pasteur intervint avec cette autorité incontes qu'il tirait de la connaissance expérimental faits. On discutait, ou plutôt ou divaguait, si causes possibles de la fièvre puerpérale. P:
interrompt de sa place : « Ce qui cause demie, ce n'est rien de tout cela, c'est le r cîn et son personnel qui transportent le mi d'une femme malade aune femme saine comme l'orateur répondait qu'il craignait ne trouvât jamais ce microbe, Pasteur s'élan tableau noir, dessine des streptoccoques en nettes et dit: « Tenez, voilà sa figure. » Cette
68 cobstitution db la tiïêrapeutigui
million si nette et si autorisée, cette ) solution d'un problème qui paraissait in quelque chose d'impressionnant, comn qui porte l'empreinte du génie. La qi et resta résolue.
C'est au cours des expériences sur les microbiennes, que Pasteur découvrit les immunisantes et curativesàe cultures donnant ainsi à la thérapeutique des ag veaux d'une incalculable efficacité.
Voici l'histoire de cette découverte ayant trouve et isolé le microbe patr choiera des poules et déterminé un bc culture approprié à la vie de ce micro mettait à coup sur la maladie, non seul* ponles mais aux animaux qui,- comme étaient sensibles à ce microbe. Au mili travaux « un hasard, comme il y en a qui ont le génie de l'observation, devsi marquer un immense progrès et préi grande découverte » (1). Pasteur ayar des poules avec une culture vieilles d< semaines tut très surpris de voir que 1 inoculées étaient malades, mais ne suce
- (1) Vu de Pasteur, par Vallery-Radot, p"
pas. Il eut alors la pensée d'inoculer ces même poules avec une culture jeune, active, assurément mortelle; les poules résistèrent: l'immunisation à l'aide de cultures atténuées par le vieil lissement était trouvée.
Pasteur rapprocha ce fait considérable de la dé couverte du vaccin par Jenner, et arriva nins à toromler cette grande découverte de l'immu nîsation et de la guérison des maladies par les cul tures atténuées du microbe pathogène qui les pro duit. 11 vérifia sur d'autres microbes ce qu'il avai trouvé pour le choléra des poules. La découvert de l'immunisation de la rage eut un retentissement considérable. Ses élèves continuèrent dam cette voie et les sérmns du tétanos, de la diphtérie de la fièvre typhoïde, de la peste, etc., vinren prouver laféconditéde la doctrine. On varia beau coup les modes d'atténuation des microbes et di leurs cultures, le vieillissement, l'adjonctioi d'iode, le lieu de l'inoculation, la quantité infi mtésimale, puis croissante inoculée, les effets d< la lumière, de l'électricité, du calorique, furen les principaux moyens employés. Puis, une nou velte méthode fut inventée; c'est celle qui con siste à empoyer pour la sérumthérapie, le sérun d'animaux immunisés; mais, toutes ces grande découvertes découlent de la première expérienci
holéra des poules, toutes se résument en un ïncipe : l'atténuation de la virulence du e pathogène de la maladie à guérir. En de ces Vérités expérimentales, tout n'est othèseset explications vaines.
ivre thérapeutique de Pasteur repose donc tx principes : traiter une maladie infectieuse microbe qui lui a donné naissance, voilà nier principe; employer ce microbe à dose ï, voici le second.
faudrait point objecter que ta plupart des thérapeutiques sont empruntés non au rniui-même, mais au sérum d'un animal irai par ce microbe; car quelle que soit la qu'on admette pour expliquer l'action cudu sérum d'animaux immunisés; antitoxine atténuée, substance nouvelle proar l'organisme à l'aide du microbe ou de 1e, c'est toujours le microbe pathogène qui •oint de départ de l'agent thérapeutique; it employé directement comme dans la rage tanos; ou qu'il soit employé indirectement placé par une substance élaborée chez il immunisé par ce microbe, linant ces faits à la clarté des doctrinesthéques formulées par Hippocrate, nous trou-
JP**"-
vons qu'ils sont régis par la loi des semblables : ce qui produit la strangurie chez l'homme sain, la guérit chez l'homme malade, a dit Hippocrate ; ce qui produit la rage guérit la rage, ce qui produit la diphtérie guérit la diphtérie, dit Pasteur. Et Pasteur, comme Hippocrate, peut donner comme formule de la loi des indications : Similia simihbus curantur.
L'atténuation des virus est une nécessité desim- * muuisations et de la thérapeutique pasteurienne ; une culture très virulente tuerait le malade au lieu de l'immuniser ou de le guérir.
Celle atténuation des microbes pathogènes et de leurs produits répond à l'atténuation des médicaments proposés par Hahnemann, ces deux méthodes son nées de la même pensée : éviter les dangers et les aggravations des substances trop actives.
Devant ces caractères de la thérapeutique pasteurienne, on se demande comment Pasteur, qui très probablement ignorait Hippocrate et Hahnemann, est arrivé aux mêmes conclusions thérapeutiques que ces deux grands hommes. L'histoire, citée plus haut, du choléra des poules estla réponse à cette question ; et elle nous fait comprendre comment Pasteur guidé par l'expéri-