I. — LES CARACTERES GENERAUX DES THOREA
Ce genre comprend une seule espèce nettement définie : T'horea ramosissima, Bory. Signalée en d'assez nombreuses stations, elle ne s'y montre qu'irrégulièrement ; c’est en vain que nous lPavons cherchée dans la Seine, aux places citées par les auteurs. Nous avons pu enïin trouver dans l’Adour une quantité de matériel suffisante pour une première analyse : 220 grammes d'algues fraîches. Nous devons cette récolte aux indications de M. le Professeur ALLORGE, à qui nous renou-
velons nos sincères remerciements.
La plante est décrite par G. HameLz dans « Les Floridées de France » (Revue Algologique, II, p. 307, 1925); on pourra aussi se reporter aux articles de Scamrrz [52], et de Môpits [53], et à la monographie de SCHMIDLE | 54] (avec figures).
Nous donnons ci-contre une planche de dessins d’après nature, (PI. 2). On y voit l’algue entière, dont le port est caractéristique, et bien rendu par le terme de « ramosissima ». Les échantillons, récoltés au début d'août, ne dépassaient guère 40 em., taille modeste pour l’espèce, qui atteint 1 mètre. Fixés à la coque d’une péniche, ils ondulaient au fil de l’eau. Leur couleur va de l’olivâtre au violacé:; le pigment rouge, abondant, diffuse avec facilité quelques instants après la cueillette. On à pu en examiner le spectre d'absorption, et retrouver les résultats de SCHMIDLE, qui le décrivit le premier.
[1 nous semble intéressant, à cette occasion, de rapprocher en un tableau les observations spectrales que nous avons faites sur le pigment rouge des Floridées d’eau douce. A vrai dire, celles-ci seraient mieux nommées Algues violettes : la solution aqueuse üe leur pigment complémentaire est nettement violacée, différant de la liqueur rose
Où J. AUGIER
franc, obtenue à partir d'un Rhodymenia par exemple. Les spectres àc-
cusent cette différence.
A BCRD EME e Rhodymenia palmata..............
LÉMANER LROUGSR: RC are rene Batrachospermum moniliforme...
Thorea TAMOSISSIMA..............
RS ee s © £ S = = = al ee er) pe” A nl
Chez les Rhodymenia, la phreoérvythrine est seule présente. Dans le cas des Lemanea et Batrachospernuumm, les travaux de KYEIN [55] permettent de rapporter à la phreocyanine la bande située entre les raies Cet D). En raison de la similitude des spectres, la coexistence des pigments bleu et rouge paraît évidente aussi dans le cas des Thorea. La présence de phycocyanine n'est d'ailleurs pas en rapport direct avec l'habitat dulçaquicole : plusieurs Rhodophycées marines en contiennent.
A l'œil nu, et mieux à un faible grossissement, la surface des T10re« apparaît couverte d'une épaisse chevelure, constituée de poils longs et fins, très fragiles: leurs cellules fortement pigmentées ont un rôle surtout assimilateur. Quelques-uns sont figurés dans les coupes transversale et longitudinale d'un rameau, et la base d'un filament est représentée à part, plus grossie (PI 2, fig. B, C, D).
L'écorce de lalgue, qui donne naissance aux filaments assimilateurs, est aussi un tissu sporifère. On distingue sur les coupes de nombreuses spores pyriformes (quelques-unes sont représentées à part): il ne s'agit pas, croit-on, de Carpospores: maleré les observations de SCHMIDLE, la sexualité est encore mal connue. L'axe du rameau est formé de filaments enchevêtrés en tous sens: vers la périphérie, sous l'écorce, un certain nombre de ces filaments ont une course longitudi nale.
RHODOPHYCÉES D'EAU DOUCE