CES
On s’est donc efforcé de mieux purifier les liqueurs, avant l’hydrolyse. La solubilité du principe dextrogyre dans l’alcool fort, à chaud, autorise le procédé suivant.
La liqueur déféquée est évaporée à sec, sous pression réduite. On obtient une masse jaune-rouge, se ramollissant à chaud, hygrosco-
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pique, pétrie de cristaux de KCI, et, pour cette raison, d’une amertume extrême. En agitant un certain temps dans lalcool à 85, à l’ébullition, on dissout une partie du corps dextrogyre; on décante à chaud, laissant dans la masse pâteuse une grande quantité de pigments, de sels et de matières azotées.
La solution alcoolique est évaporée, et l’on reprend par l’eau. La liqueur obtenue, soumise à l’hydrolyse, jaunit beaucoup moins que l'extrait non purifié, et se prête à des observations plus précises. En voici un exemple (Lemanea nodosa, juillet 1930).
Réducteur %
Temps Déviations exprimé en [a] d'hydrolyse galactose
1 h. 40 m. a C5 1,29 Al
Malheureusement, la précision est obtenue au prix d’une perte énorme de produit : les trois quarts sont retenus dans la mélasse.
Disposant de quelques kilos d'algues, nous avons pu répéter plusieurs fois la même purification, en remontant progressivement le titre de l'alcool jusqu'à 95°. L’hydrolyse du produit le mieux purifié suit la marche que voici :
Réducteur %
Temps Déviations exprimé én [al d'hydrolyse galactose 0 + EAST 0 > 1°bz CS > > 1 h. 20 m. los: 0,73 > 1 h. 40 m. Aie) 0:75 ti # CE
On a purifié de même un extrait de Sacheria fucina (récolte de mai 1931), dont l’hydrolyse, après simple défécation, donnait des résultats trop imprécis. Il faut employer ici, d'emblée, l’alcool très fort (90-95°), car l’alcool à 85° dissout en totalité la substance desséchée.
L’hydrolvse après purification, donne le résultat suivant :
Réducteur %
Temps Déviations exprimé en [al d’'hydrolyse galactose
JAte 2043 1,60 >
1h, 15 m. Don LT 7e
2h, illisible LT »
Après cette étude des extraits purifiés, il est possible de comparer, de façon précise, le floridoside et le produit dextrogyre des Lémanéacées. Le lecteur a déjà remarqué que, pour ce dernier, le pouvoir rotatoire, après hydrolyse, est systématiquement inférieur à celui du galactose (soit + 84,36 — 0,21 #, c'est-à-dire + 81 à 15°). La valeur qui s’en écarte le moins ([x] = -+ 77) a été trouvée dans le cas d’un extrait purifié à fond, par reprise à l’alcool jusqu’au titre de 95°. Les valeurs dépassant 80 n’ont pas été retrouvées.
Dans les extraits d'algues hydrolysés, il n’est guère possible de déceler de petites quantités de glycérine, mais on peut obtenir la galactosazone, bien que la richesse du milieu en sels soit très gênante. En vue de cette préparation, il faut effectuer l’hydrolyse de l’extrait au moyen de l’acide sulfurique, facile à éliminer sous forme insoluble (SO#Ba). Nous avons obtenu plusieurs fois, mais avec beaucoup de peine, les cristaux aplatis et groupés en rosette, caractérisant la galactosazone; cependant — résultat inattendu — ils étaient mélangés de cristaux très semblables à la glucosazone.
En somme, nous avons précisé les différences entre les extraits de Lemanea et ceux de Rhodymenia; mais la présence de floridoside, dans les premiers, est une hypothèse très admissible.
C) Hydrolyse par l’autolysat de levure de brasserie
Abandonnons à l’autolyse, sous toluol, de la levure basse de brasserie délayée dans l’eau. Au bout de quelques mois, on dispose d’une liqueur claire qui jouit, entre autres, de la propriété suivante : ajoutée en petite quantité à du floridoside, elle l’hydrolyse complètement, en deux ou trois jours, à 37° (Guéauex [35]. Cette « 4 — galactosidase » peut se conserver plusieurs années. Nous nous sommes servi d’un autolysat d’un an, non réducteur et à peu près inactif sur la lumière polarisée, même après hydrolyse par les acides.
Un extrait de Lemanea nodosa (récolté en août), déféqué au plomb, est additionné dautolysat à raison de 20 em pour 100 cmÿ d'extrait. Le pH est très voisin de 7. On place dans l’étuve à 37°. Chaque jour on examine au polarimètre, après filtration, car la liqueur se trouble, Il se produit une hydrolyse :
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Réducteur %
d'hydrolyse es Déviations exprimé en lal ‘MpPs galactose 0 3028 0 1 20 &' > p 148 »
Après quoi l’attaque fermentaire ne progresse plus. Mais l’hydrolyse peut être continuée par l’action des acides. Le dixième jour, prélevons dans plusieurs tubes 2 cm° de la liqueur, et traitons par l’acide sulfurique à 2 %. La quantité de réducteur augmente, et l’on atteint le terme de l’hydrolyse déterminé dans le précédent paragraphe.
Pour quelle raison l’hydrolyse diastasique reste-t-elle incomplète ? Ne faut-il pas incriminer les sels, qui, présents en forte proportion dans le milieu, précipitent partiellement l’autolvsat ? Il ne le paraît pas, car, au dixième jour, le ferment à gardé une activité appréciable.
En effet, ajoutons à la liqueur quelques cristaux de floridoside. Sitôt la dissolution, la déviation est :
+ 2048 et le lendemain on lit -L 2628"
Le floridoside ajouté a été totalement hydrolysé (1).
Il semble donc exister, dans l’extrait de Lemancea, deux substances dextrogyres hydrolysables par les acides, mais dont l’une seulement est tributaire de l’autolysat.
Dans l'expérience précédente, le pouvoir rotatoire spécifique, au terme de l’action diastasique, est voisin de 130. En étudiant la liqueur de seconde extraction alcoolique L: des mêmes algues (cf. p. 11), on a trouvé la valeur 111, et 108 pour l'extrait LA des Zemanea récoltés en avril. Les extraits de Sacheria, plus colorés et moins riches en sucre, n’ont pu être étudiés avec la même précision; il est certain cependant que l’autolvsat les hydrolvse, mais partiellement.
(1) 11 ne faut pas étudier l’hydrolyse diastasique d'extraits trop concentrés (a > 6° par exemple, pour Zemanea). L'action inhibitrice des sels est alors très marquée. L'hydrolyse reprend d’ailleurs quand on dilue le milieu, en maintenant fixe le % d’autolysat. — On a constaté que l'autolysat est peu sensible au KCI pour les concentrations inférieures à 2 p. 100.
D. — Conclusion.
En résumé, le constituant dextrogyre des Lémanéacées fait penser au floridoside par son pouvoir rotatoire élevé et l’allure de son hydrolyse sous l’action des acides. Cependant il s’en distingue en ce que :
1°) Le pouvoir rotatoire, après hydrolvse complète, est sensiblement inférieur à celui du galactose ;
2°) L’hydrolyse par l’autolvsat de levure basse reste incomplète.
Il ne semble possible d'identifier ce principe qu'après l'avoir ob-
tenu à l’état de pureté. Cette préparation fait l’objet du prochain chapitre.