BIEN CHERS COLLABORATEURS
Notre Union Saiut-Joseph de St Hyacinthe doit célébrer, cette année, le vingt-cinquiéme anniver saire de sa fondation. —J’éprouve un bonheur véritable à vous annoncer ce joveux évènement. L'Union Eee a eu des débuts bien modestes : et Je les ai vus de trop orès, pour ne pas admirer les déve. loppements progressifs qui l'ont conduite à la prospérité de son état actuel.
Dans le principe, la Préoccupation de ses fonda-
teurs fut seulement de répondre à des nécessités locales. À cette époque, Saint Hyacinthe était entré déjà dans les voies de sa vocation industrielle ; et le monde du travail formait la majeure partie de sa
opulation. Or, il est facile aux ouvriers valides a faire rayonner l’aisance à leur foyer ; mais alors même que les fabriques sont prospères, les larges économies sont rares chez eux, et la plupart ont grande peine à se protéger contre les chômages forcés d'accidents on de maladie. Plus encore leur est-il difficile de laisser, en mourant, leur famille à l'abri de la misère.
Ce qui est à peine possible par l'économie pratiquée Isolément, devient facile à celle qui se pratique en commun. Egalement, les dangers de l’usine où de la fabrique, qui, dans l'ordre moral, font tant de victimes, ne parviennent plus guère à contaminer des âmes qu’un pacte fraternel unit dane la pratique des mêmes vertus de la religion. ‘‘Le frère qui est aidé par son frère, est comme une ville forte, ” disent les saintes Ecritures. “ Malheur à celui qui est seu!, lisons nous encore au texte sacré ! car, lorsqu'il sera tombé. il n'aura personne pour le relever. ” C’est ce que comprirent les fondateurs de l’Union St-Joseph ; et sur cette pensée furent jetées les bases de l'association, dont la devise exprime tout le but : 4“ Edifier et se soutenir réciproquement, ”
La nouvelle si opportune de la fondation de l’'Union St-Joseph de Saint-Hyacinthe fut saluée, avec la plus ardente sympathie, par toute notre population. Encouragée de toute façon rar l'Eglise — toujours fidèle à son rôle de protectrice bienfaisante des corporations ouvrières, — elle le fut aussi par nos autorités municipales, qui s’empressèrent de l'ac-
cueillir comme une auxiliaire de bien public, comnme un foyer de vertus sociales, et une source de bien être populaire,
L'Union Saint-Joseph n'a démenti les es érances ni de l'Eglise ni des pouvoirs publics. Perrin que de difhicultés offrait son entreprise !—Il y a 25 ans, elles étaient encore rares en notre JAYS, Ce3 A8: sociations ouvrières de mutualité catho ique, ‘‘ appropriées aux besoins du temps présent, ” qui devaieut plus tard se multiplier avec une vitalité si intense aux accents généreux du grand Pape des Ouvriers, Parce qu’elles étaient rares, parce qu'on ne pouvait pas beaucoup se guider sur leur expérience
rce que l'œuvre nouvelle devait s'exercer dans Les limites assez étroites, les organisateurs furent bien forcés de tâtonner un peu, et de mesurer les premiers secours avec une sorte de parcimonie,
Grâce à Dieu, la gêne de ces débuts ne dura pas longtemps. Une administration sa e, prudente, Progressive, triompha de toutes les difficultés, Mal. gré l'établissement de plusieurs autres sociétés sœurs, malgré surtout la concurrence d'associations plutôt hostiles que rivales, en dépit des mensongères apparences de leur neutralité religieuse, l’Union Saint Joseph commençait l’année 1390 avec un effectif de près de 400 membres, et un chiffre de se- Cours payés dépassant vingt.et un mille piastres !
Elle voulut alors dilater ses pavillons, et communiquer à tout le diocèse le bien qu'elle opérait dans la ville épiscopale. J ‘approuvai de grand cœur et encourageai ce dessein, qui fut une bénédiction pour les travailleurs de nos vill: es, et les cultivateurs de nos campagnes : une bénédiction que votre sollicitude, bien chers collaborateurs, peut rendre chaque jour plus large encore et plus puissante,
Aussi, en cette dernière huitaine d'années, l'Union Saint Joseph de Saint Hyacinthe a telle fait des progrès merveilleux. A l'heure actuelle, elle existe en 25 paroisses, à titre de succursales ; en 9 autres paroisses, elle à des bureaux de perception qui seront bientôt, il faut l'espérer, autant de succursales nouvelles ; elle compte 2583 membres ; et, dans le court intervalle, de janvier 1890 à fin décembre 1898, elle à distribué $105,630.79 à ses malades ou aux familles de ses défunts.
Ce résultat est vraiment magnifique. — En le pe à votre connaissance, je vise un double
ut,
Teut d'abord je veux vous montrer que le 25e anniversaire de l’Union Saint." Jh de Saint.
Hyacinthe, est digne de notre ention à tous égards. Je compte donc que les curés de paroisse où la Société se trouve en existence, répondront vo. lontiers à ses invitations : de leur personne, à Saint. Hyacinthe, pour la célébration dont le programme fera connaître ultérieurement tout le détail ; et de leur zèle à assurer à ces fêtes le concours des succursales et bureaux de leur juridiction.
Je désire aussi vous presser d'accorder à l'Union St-Joseph un redoublement de faveur, —Sans doute, nous possédons aujourd’hui plusieurs autres sociétés iholiate de secours mutuel, et je n’entends pas du tout les ostraciser. Quand. je leur ai permis de compter sur ma protection, je l'ai fait sans arrière pensée, et je tiens à leur demeurer fidèle. Mais elles savent bien que l'Union Saint J oseph est notre œuvre à nous, qu'elle est pour la ville épiscopale et tout le diocèse comme une institution de famille. Dès lors, elles ne peuvent pas nous savoir mauvais gré d'entretenir quelque préférence pour notre
Union diocésaine, et de lui donner la première part de nos sympathies.
Voilà tout ce que je demande pour l’Union St- Joseph, qui n'a du reste pas besoin du préjudice des autres pour continuer elle-même de grandir et de prospérer. En effet, au témoignage d'hommes compétents en affaires, elle présente toutes les garanlies financieres désirables. Quant à son esprit religieux et au caractère moral de son action, je suis heureux de pouvoir dire qu'elle n’a jusqu'ici mérite que des éloges.— Elle fait du bien ; et si nous voulons qu'elle en fasse plus encore, il n’en tient qu'à nous : occupons toute la place que ses règlements nous ont faite au milieu d'elle. L'Union St-Joseph est ouverte toute grande à notre action. Elle-meéme nous y a invités : exerçons-y donc notre zèle, gt nous ferons tous ensemble acte de bons prêtres et de bons citoyens.
Recevez, bien, chers collaborateurs, l'assurance de mon entier dévouement en Notre-Seigneur.
t L. Z. Ev. pe SAINT-HYACINTHE.
N. B.—On lira cette lettre en chaire, dans les pa. roisses où l’Union Saint-Joseph possède une suc. cursale ou un bureau.
ne
Saint-Sébastien d’Iberville, le 18 juin, 1907,
MONSIEUR LE PRÉSIDEN'" DE L'UNION SAINT-JosEPH DE SAYNT-HYACINTHE.
Monsieur le Présideat, J'apprends, au cours de ma visite pastorale, que
vous avez décidé, avec les membres de votre Comité de direction, de faire rélraprimer les Constitutions
et Règlements de l'Union Saint-Joseph de Saint: Hyacinthe.
e ne puis que vous encourager dans ce travail qui, tout en étant utile à vos membres actuels, devra contribuer à faire connaître et me davantage votre belle Société de mutualité catholique. Pour atteindre directement ce but, je vous engage à repioduire, dans la présente édition, les circulaires de mon vénéré prédécesseur, Monseigneur Moreau, que je trouve dans l'édition de 1900. En les lisant, tout le monde comprendra que votre société a toujours mérité, depuis sa fondation, l'approbation, la confiance et la reconnaissance del glise. Ce témoignage, en effet, mérite d'être rappelé aux c8*haliques, aujourd'hui surtout que les sociétés u ses ou condamnées s'efforcent de les enrôler da :leur sein. Puissent-ils comprendre que ieur devoir est fe ne pas entrer dans ces sociétés, où la religion n'a pas le principal rôle, et où le prêtre n'a pas accès.
Fondée sur les prie de la mutualité catholi-
ue, encouragée de toute façon par l'Eglise, l’Union
aint Joseph de Saint-Hyacinthe a toujours été digne de sa mission. Aussi je suis heureux de lui continuer l'approbation et les encouragements de mes prédécesseurs. Je me réiouis du bien qe a opéré parmi les classes ouvrières, je demande instamment à Dieu de lui accnrder une prospérité toujours grandissante.
En vuos bénissant, avec tous les membres de votre société, je demeure. Monsieur le Président, votre tout dévoué en N..S.
+ À. X. Ev. pE SAINT-HYACINTHE,
Union St-Joseph de St-Hyaeinthe
[55.56 Vicr.]