‹ Constitution militaire de la France: étude sur les modifications à apporter au système de nosChapitre 12 sur 66 · L'AVENIR DE LA FORTIFICATION · texte numérisé non relu

L'AVENIR DE LA FORTIFICATION

eut environ 180 forteresses sérieusement attaquées, par les uns ou par les autres; or, sur ces 180, il y en a eu d'attaquées :

Par des bombardements (dont 49 prises). . . 64

Par des surprises (dont 42 prises) 48

Par des sièges réguliers (dont 38 prises). . . . 44

Par des blocus (dont 17 prises) 24

Ainsi : sur 180 places attaquées de diverses manières, 44 seulement ont été l'objet d'un siège.

Enfin, un autre fait parle plus haut encore dans le même sens : c'est que, entre plusieurs forteresses plus ou moins ingénieusement et dispendieusement bâties, c'est la volonté , l'intelligence, le dévouement de la garnison, et surtout de son chef, qui font à peu près tout , indépendamment de la valeur intrinsèque des ouvrages de l'art. Ainsi, après la bataille d'iéna, les places de Magdebourg, deStétin, de Custrin et d'autres, qui sont entourées d'une triple ligne de remparts, qui sont hérissées de créneaux et de casemates, et qui ont pour fossé de grands fleuves, se sont rendues sans coup férir ; tandis que Dantzig, sans murailles, avec ses remparts en terre et ses palissades en sapin, non» opposé une longue et glorieuse défense. Ainsi Sarragosse, qui de toutes fut la plus énergique, n'a commencé, pour ainsi dire, sa résistance que quand ses fortifications eurent cédé. Ainsi , cette année même,

m CHAPITRE XVII.

Rome a résisté près d'un mois, à de vigoureuses el savantes attaques, avec des for! iOca lions qui ne comptaient plus qu'au nombre des ruines, qui n'avaient ni ouvrages avancés, ni ouvrages extérieurs, ni même un simple fossé.

Et peut-être devrait-on conclure de là : qu'au lieu d'enseigner si longuement, si difficilement, aux élèves de nos écoles, l'art presqu'incornpréhensible de bâtir très ingénieusement les fortifications, mieux vaudrait s'attacher, ou du moins faudrait-il s'attacher principalement, à leur faire voir comment elles peuvent toutes être défendues vigoureusement.

Et ici, vient se placer une observation qui paraît devoir peser, à l'avenir, dans la construction, l'armement, l'approvisionnement des places fortes et dans l'étude de l'art des fortifications: c'est que, d'après les faits de l'histoire, d'après l'opinion des plus grands hommes de guerre, et particulièrement de Napoléon, on ne doit plus s'en tenir a une seule et unique espèce de fortification permanente, et qu'il en faut deux espèces principales :

•1° Celle qui suffira contre les attaques de vive force d'un ennemi qui n'aura pas le projet de s'arrêter, et qui n'aura pas d'équipage de siège.

2° Celle qui sera constituée, armée, approvisionnée pour soutenir un siège régulier.

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