L'AVANCEMENT
Comptez, par un second chiffre, le résultat du vote secret des camarades : voilà une part à l'élection.
Comptez, par un troisième et par un quatrième chiffre, l'opinion des chefs supérieurs et celle des inspecteurs généraux : voilà pour la discipline et l'autorité.
Ajoutez, par un dernier chiffre, la part des campagnes de guerre (peut-être aussi des blessures).
La somme de ces diverses valeurs comprendra tout; aucuns droits, aucunes supériorités, aucunes compétences, n'auront été omis ; et un tableau, publié tous les ans, classera ainsi, grade par grade, arme par arme, chacun au rang qu'il aura véritablement mérité.
Le ministre de la guerre, alors : délivré de la difficulté des choix, qui sont trop nombreux pour qu'en réalité ce soit lui qui les fasse , délivré de la domination de ses bureaux, et délivré du fléau des sollicitations ; n'aura plus qu'à exécuter un acte de justice au nom de la loi. Et il sera certain d'avoir bien fait, car il aura nommé d'après l'élaboration des juges compétents: élaboration successive, dont les erreurs se compenseront, et dont la maturité aura été d'autant plus lente que le grade sera plus élevé.
Et il n'est pas a dire que son pouvoir soit annulé par cette méthode : puisque les chiffres sont établis
par les chefs auxquels il a confié les régiments, el par les inspecteurs qu'il a chargé d'agir pour lui. De plus : il confère toujours tous les emplois. De plus encore : il met d'office à la retraite au minimum d'âge. Enfin, s'il y a quelque perle quant à la fiction, il y a tout l)énéfice quant à la réalité.
Pour les hauts grades, à partir par exemple de celui de colonel, il pourra être bien de laisser au pouvoir un certain choix entre les premiers numéros; mais, alors même, jamais ce choix n'aura été aussi parfaitement préparé.
Un travail, sans doute, et même un travail sérieux, aura besoin d'être fait, pour fixer : le chiffre qui pourra être confié à chaque personne ; la valeur qui devra être attribuée à chaque chose ; la question de quelque analogie dans la nomination des sous-officiers ; et enfin tout ce qui sera d'exécution. Mais ce travail ayant pour bases des précédents depuis longtemps établis, se fera sans embarras, par une réunion de quelques hommes expérimentés.
l'éducation, l'instruction et la discipline.
L'éducation, l'instruction, la discipline de l'armée prennent évidemment une importance plus grande encore qu'à l'ordinaire, à notre époque, où les événements peuvent, à chaque instant, remettre aux chances de telle ou telle déplorable lutte, non-seulement le sort des gouvernements, mais l'avenir de la société.
Et si, dans tous les temps, il est vrai de dire que l'éducation générale, qui fait l'homme, doit passer avant l'instruction spéciale, qui fait le militaire de telle ou telle arme : cette vérité devient plus visible et plus importante encore, dans les temps difficiles comme ceux où nous vivons.
Je ne veux point dire par là qu il soit proposable d'exiger dans l'armée tels sentiments ou telles opinions:
m CHAPITRE XXIV.
je veux dire qu'il est nécessaire à toutes les époques, et qu'à la nôtre il est d'une nécessité plus impérieuse encore, de ne confier les commandements, et surtout de ne confier l'éducation et l'instruction militaires, qu'à des hommes choisis parmi les meilleurs quant à l'intelligence et à la moralité.
Que le soldai , le sous-officier, l'officier reçoivent donc une forte instruction militaire. Mais que ce soit l'homme surtout, bien plus encore que le militaire, qui reçoive une culture soignée. Et, a cet égard, voici quelques chiffres qui feront voir , avec une éclatante évidence, combien une meilleure culture peut donner
de résultats favorables Dans le petit tableau qui
suit, l'une des colonnes indique les différents corps de l'armée, classés dans Tordre où, soit par le nombre plus grand, soit par les choix faits avec moins de sollicitude, soit par le travail individuel moins bien organisé, l'éducation se trouve être moins soignée. L'autre colonne indique le nombre des hommes de chaque arme qui sont eonàanmt$f année moyenne, sur un même chiffre total de dix mille hommes..
uix mine uoniii Infanterie.. . .
Cavalerie.. .
Artillerie. . .
Génie. . . .
Gendarmerie.