ÉDUCATION, INSTRUCTION, DISCIPLINE
Ce tableau prouve, sans qu'il soit besoin d'aucun développement, quelle est. T'influence de la plus forte éducation et des choix plus soignés.
Et peut-être serait-il bien, quant à l'éducation militaire, d'examiner s'il ne conviendrait pas de surcharger un peu moins nos écoles d'études excessivement spéciales, et de s'y occuper un peu plus de la question générale de moralité. Un officier, maintenant, n'est pas seulement un homme chargé de faire emploi du fusil, du sabre ou du canon ; sa mission est plus haute ; et, qu'on le veuille ou non, il sera dans tel moment un homme politique ; un homme qui devra prendre de graves résolutions ; et pour qui les saines et sérieuses pensées de l'histoire auront plus d'importance que les mathématiques, la physique et même la tactique. Ce qu'il faudrait placer avant tout, et noter plus haut que tout, dans nos écoles, ce serait l'esprit de conduite, et les sentiments d'honneur et de respect, sans lesquels il n'existe aucune base pour la société.
Mais la haute école militaire : ce sont les rangs eux-mêmes de l'armée. C'est là que le jeune officier vient apprendre : combien les formules scientifiques sont peu ; combien les systèmes et les prétentions individuelles sont moins encore ; combien la régularité, l'expérience, la discipline, sont des nécessités sous les-
quelles il est glorieux à chacun de s'oublier; et combien, aujourd'hui, est aussi jeune et aussi brillante que jamais, cette maxime autrefois née sous notre drapeau : férir haut et parler bas.
El ce sera surtout dans les réunions de toutes les armes, loin de l'isolement cl de l'oisiveté des petites villes, que tous, grands et petits, apprendront, nonseulement les spécialités dans leurs véritables applications, mais l'abnégation de chacun au milieu de tous, et l'impérieux besoin de la discipline, si on veut atteindre an plus haut degré de la puissance, qui ne s'obtient que par la coopération de chacun et de tous à la grande unité.
La discipline!.... C'est toujours par elle, cl jamais sans elle, que les grands peuples sont devenus grands. C'est toujours par son affaiblissement que les peuples turbulents ont été vaincus et abaissés. C'est toujours par sa fermeté que l'armée honore le pays, quand le drapeau la conduit chez l'étranger.
La discipline, dans notre temps comme dans l'antiquité, esltellemenl honorée par les véritables hommes de guerre, que la garde impériale, ce corps qui étail l'admiration autant que la terreur de l'ennemi, n'eut