L'ARMÉE
avec la même âme, avec ses traditions d'honneur et d'ordre, avec sa gloire ancienne rehaussée de sa nouvelle gloire. Or, il n'est pas nécessaire d'être doué d'une rare prévoyance pour comprendre que le jour où l'armée, à son tour, fléchirait, la sûreté, la liberté, la prospérité, la civilisation eHe-même, se trouveraient sans force et sans espérance . . .
Et cependant, l'armée court aujourd'hui deux périls : celui de l'affaiblissement moral par l'infiltration des doctrines désorganisatrices ; et celui de l'affaiblissement physique, si l'on ne procède avec beaucoup d'intelligence aux réductions que les besoins des finances doivent incontestablement faire opérer.
il y a donc sur l'armée beaucoup de questions sérieuses à résoudre. Mais, avant d'aborder ces questions, disons, dans les deux chapitres suivants, un mot de ce que coûte, pendant la guerre ou pendant la paix, Taclion ou le repos des armées.
LA DEPENSE EN TEMPS Ut MI.1IUL
Les rois et les peuples barbares font les guerres d'Attila, de Tamerlan, de Gengiskan. Les roisel les peuples de l'antiquité font les guerres d'Alexandre, d'Annibal, de César. Les rois et les peuples religieux font lesguerres de Mahomet ou des Croisades. Les rois et les peuples de notre époque font les guerres de Louis XIV ou de Frédéric, ou des Anglais dans l'inde, ou de Napoléon. Tous font la guerre. Et vainement on se plaindrait des cruautés et des dévastations ; vainement ou invoquerait la philosophie, la civilisation, la religion : les chefs des nations qui décident la guerre, ne la font pas; et s'ils la font, leur ambition est impitoyable. Les peuples, même éclairés et libres, ne sont pas plus modérés que les conquérants; et, pour les uns comme pour les
autres, la mesure du droit, c'est l'épée Po'mtde
supplications donc en faveur de l'humanité ou de la