‹ Constitution militaire de la France: étude sur les modifications à apporter au système de nosChapitre 4 sur 66 · LA DÉPENSE EN TEMPS DE GUERRE · texte numérisé non relu

LA DÉPENSE EN TEMPS DE GUERRE

raison!.... Mais que du moins les faits soient bien établis; et quer chacun sache clairement ce que nous aurons, quand il nous arrivera de grandes guerres.

La grandeur du champ de bataille, désormais, ne

sera plus celle de Louis XIV ou de Frédéric : elle sera celle de Napoléon ; elle sera l'arène tout entière des

intérêts actuels, c'est-à-dire, que son étendue sera

l'Europe,* et peut-être le globe lui-même.

Et, sur ce champ de bataille, le nombre des combattants sera de plus en plus considérable. Louis XIV en eut 446,000 ; la République et l'Empire en eurent plus d'un million ; et maintenant que les questions politiques animent tous les esprits, les peuples marcheront en personne.

Enfin, les chocs seroht plus meurtriers que précédemment : À Malplaquet, la plus dure bataille de Louis XIV, nous tirâmes 1 1 ,000 coups de canon ; à Wagram , 80,000 ; à Leipzig, 200,000. Et depuis la paix, l'artillerie a fait pour la célérité des progrès remarquables ; le fusil de l'infanterie en a fait de plus grands encore ; et ce qui sera plus meurtrier que les armes les plus meurtrières, ce sera la passion politique d'où sortiront des guerres passionnées.

Ela ces considérations contre la guerre, combien ne pourrait-on pas en ajouter d'autres encore. ...Ainsi, la guerre abaisse physiquement les nations en détruisant la portion la plus saine de la jeunesse. Ainsi, elle les abaisse moralement en les habituant à la violence et à l'ambition. Ainsi, elle substitue l'éclat des armes à la pensée du progrès et de la liherlé. Ainsi, elle est directement contraire aux intérêts de la France, qui, par la guerre, fera de grands sacrifices pour des résultats incertains ; tandis qu'avec la paix elle est certaine de tout obtenir, par l'influence de ses exemples et de ses pensées. Enfin, bien loin de faire cesser les embarras intérieurs , la guerre , au contraire , les agravera : puisque les ressources du pays seront plus éteintes, et ses passions plus allumées.

Mais, laissons ces considérations d'humanité, de justice, de prudence, qui seraient dédaignées comme des rêves, et abordons la seule question qui paraisse grande a notre époque, la question qui aujourd'hui domine toutes les autres : la question d'argent.

Dans les sept années de 1702 à 1798 (années pour lesquelles on a les documents), la guerre a conté à la France et aux pays environnants 42 milliards, tant pour l'entretien des armées que par les destructions accomplies : ce qui fait six milliards par année.

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