LA DÉPENSE EN TEMPS DE GUERRE
Dans les années de 1798 k 1815, la destruction a
été plus considérable encore, puisque les armées ont été plus nombreuses, et que le théâtre de la guerre a été plus étendu.
Et, à la paix de 1815, il est resté à la charge des gouvernements de l'Europe une dette, qui se montait en capital à trente-cinq milliards.
Voilà les résultats.
Or, pendant ces vingt-trois années de guerre, si au lieu d'employer les ressources publiques k tout détruire on les avait employées à tout améliorer ; et si, depuis 1815, pendant trente-quatre années de paix, on n'avait pas entretenu de telles forces militaires que la dette publique s'est accrue au lieu de s'abaisser : quelle ne serait pas aujourd'hui, physiquement et moralement, la situation de l'Europe!
Quels magnifiques établissements de travail, de secours et d'éducation n'eussent pas été fondés !
Quel sort digne et heureux, depuis le simple instituteur primaire jusques aux chefs de l'État, n'eût pas été fait à tous, et n'eût pas attiré les hommes d'élite à tout ce qui concourt aux progrès matériels, intellectuels, et surtout moraux de la société !
Et, si toutes ces améliorations se fussent opérées, combien nos populations ne seraient-elles pas aujourd'hui plus capables d'être libres, et combien de hideux périls, pour le présent et pour l'avenir , n'eussent pas été noblement conjurés t