TIR A BALLES
Gavres, porta, à 600 mètre9, sous l'angle de 5 degrés, 1,000 balles, pesant chacune 70 grammes. Sous l'angle de 10 degrés, il porta, d'un seul coup, 24 boulets, du calibre de 4, à la distance moyenne de 1400 mètres.
Et pour le tir des projectiles creux à balles, ces bouches à feu auraient également une très-grande puissance, puisque leur portée est très-grande, ce qui garantit une vitesse finale suffisante. Or, le nombre des balles que contiennent les projectiles creux de 8, 12, 16 , 24 et 80, s'accroît dans le rapport de 37, 65, 150, 190 et 440 balles.
Un autre tir, qui serait aussi fort efficace avec ces puissantes bouches à feu, serait le tir à projectiles roulants. Les artilleurs les plus expérimentés, entre autres Scharnhorst, ont pensé que le boulet, recevant une petite vitesse, et suivant de lui-même les ondulations du terrain, devait, sur les sols convenables, rencontrer bien plus certainement la ligne ennemie que quand on a la prétention de l'y envoyer de plein fouet par l'habileté du pointage. Et des expériences réitérées ont confirmé leur opinion. Or, si cette manière de tirer ne peut convenir aux balles de petite masse, dont les aspérités du terrain arrêteraient la course, elle conviendrait parfaitement aux boulets qui seraient lancés de la sorte par un lourd canon à bombes. Ce serait, par exemple, un grand effet, dans une position défensive, que celui du canon de 120 qui, ayant lancé, à grande vitesse, 24- boulets de 4 à 1400 mètres, en ferait ensuite rouler, quand l'ennemi serait plus près, un nombre double ou triple jusqu'à plus de 600 mètres à petite vitesse.
27tt SOTE L.
Enfin, ne pourrait-on pas, au moyen do ces très-grand* calibres, employer, dans certains cas, assez rares il est vrai, mais quelquefois importants, la mitraille à ricochet pour cribler l'intérieur d'un ouvrage assiégé? Et quand une bouche à feu a tiré, pour son épreuve de réception, 520 livres de projectiles en grosses masses de fer, à forte charge, elle peut très-bien tirer, à faible charge, plus de 400 livres de petits projectiles, ou même de cailloux. Or, quel effet ne produirait pas l'arrivée continuelle, dans l'intérieur d'un ouvrage ennemi, d'environ 300 projectiles pesant chacun plus d'une livre ?
Ces projections exigeront préalablement quelques essais : sur la manière de les exécuter; sur les boites, sacs ou paniers, propres a bien conduire les balles. Mais on a complètement réussi pour la projection do plein fouet de 800 et de 160 balles du calibre de 80 : pourquoi ne réussirait-on pas dans des cas moins difficiles?
Il ne faut, sans doute, s'exagérer l'importance d'aucun de ces moyens nouveaux; mais serait-il plus raisonnable de n'y faire attention que quand nos ennemis les auront employés?