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DES PLACES

Passons rapidement une revue des armes de guerre actuelles, et voyons ce que les divers progrès obtenus dans ces derniers temps, relativement à ces armes , pourront apporter de modifications dans la manière d'attaquer les places et de les défendre.

A mesure que le nombre et la puissance des agents de destruction s'agrandissent, la grosse artillerie devient de moins en moins utile à la défense des places : parce que les places étant placées au foyer des feux convergents de l'attaque, peuvent de moins en moins résistera ces feux. Et les choses, à cet égard, en étaient à tel point, il y a quarante ans, que le général Lariboissière, artilleur très-expérimenté, disait que : a Si la meilleure arme pour attaquer n les places est le canon, le fusil est la meilleure arme pour « les défendre. » Or, depuis quarante ans, les canons se sont améliorés sous le rapport de la justesse du tir ; les obusiers se sont améliorés sous tous les rapports, et les

l'ATTAQUE ET LA DÉFENSE DES PLACES. ^89

canons à bombes ont été créés , toutes circonstances qui rendent la grosse artillerie plus puissante contre la défense; et, de plus, le fusil s'est perfectionné plus que toutes les autres armes, ce qui donne une plus grande valeur à la très-judicieuse observation du général Lariboissière.

La défense, aujourd'hui, doit donc bien plus qu'autrefois -compter beaucoup sur le fusil. Le fusil se place partout : il peut changer à tout moment de position; il se lire de deux étages : chemin couvert et rempart ; quelquefois même il se tire de trois étages; et avec sa portée, sa justesse et sa pénétration actuelles, il tourmentera fort les têtes de sape et les embrasures des batteries de l'assiégeant. L'attaque, de son côté, deviendra sans doute plus redoutable par sa fusillade ; mais que fera la fusillade de l'attaque contre des travaux faits d'avance? Et que fera-t-elle contre l'artillerie de la place, si cette artillerie ne s'obstine pas à ouvrir des embrasures, qui, pour 4a défense, sont, dans presque tous les cas, l'inintelligente destruction des parapets et des canonniers de la place.

L'artillerie de campagne serait bonne à la défense des places par ses bouches à feu, qui sont plus mobiles que les bouches à feu de siège, et qui sont à peu près suffisantes par leurs effets contre des gabions, des terres et des travailleurs. Mais, par ses affûts, qui sont peu élevés, elle exige ou des embrasures ou des barbettes, qui ne sont bonnes que dans des positions particulières peu nombreuses. Nous verrons, à la fin de cette note, de quelle manière une certaine pièce de campagne pourrait convenir parfaitement à la bonne défense des places.

L'artillerie de campagne possède (et jusqu'à présent on ne la pas assez remarqué ) toute la puissance nécessaire pour prendre une place. La grosse vaut mieux, sans doute, mais on ne Ta pas toujours avec soi, et il est bon de savoir ce que peut celle qu'on possède toujours.... Pour les batteries à ricochet, nos obusiers longs actuels, qui sont des canons légers de 24 et de 32, peuvent très-bien faire ce que font les canons de 16 et de 24 à faible charge... Pour les batteries de plein fouet, qui sont placéesà moins de 500 mètres, les canons de 12, et même de 8, peuvent très-bien battre tout ce qui se montre : ils ne détruisent pas les parapets, non; mais les canons de 24 ne les détruisent pas très-bien..» Enfin, pour les batteries de brèche, on sait maintenant 4. que tout canon de 36, de 24, de 16, de 12, peut ouvrir une

brèche, avec un même poids total de projectiles. 11 faudra, sans doute, que le canon de 12 tire deux fois autant de boulets que le canon de 21; mais ne les tire -t- il pas deux fois plus vite? Je le répète : la grosse artillerie vaut mieux pour attaquer les places ; mais je le répète aussi : On peut très-bien assiéger et prendre Us places avec r artillerie de campagne.

Il y a plus, et sans être obligé d'approcher d'une place, on peut maintenant l'ouvrir de loin par plusieurs brèches. Les Anglais ont fait à Wolwick une expérience d'où il résulte : qu'à la distance de 366 mètres, et même à la distance de 457 mètres, en tirant, sous l'angle de 11 à 14 degrés, des boulets massifs dans des obusiers du calibre de 120 ( c'est 25 centimètres), dans des obusiers du calibre de 68, et môme dans de simples caronades, il a suffi de 450 coups aux gros, et il a suffi de 1200 coups aux caronades, pour démolir complètement une grosse escarpe qu'on ne voyait pas derrière son glacis. C'était une application spéciale do

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