‹ Constitution militaire de la France: étude sur les modifications à apporter au système de nosChapitre 59 sur 66 · PLACES · texte numérisé non relu

PLACES

Lille

Douai

Valenciennes

Givet et Charlemont. .

Metz

Strasbourg

Toulon , .

Bayonne

le | le ministère comité de la d'arlilleguerre. I rie.

4814-15 commission mixte.

commis

sion

mixte.

Différence du plus

au moins .

Que conclure de toutes ces diversités dans les états d'armements qui sont faits, et de ces autres états d'armements qui n'ont pu encore être établis que d'une manière provisoire?... Il faut, si je ne me trompe, en conclure qu'un travail sérieux a besoin d'être fait, pour poser enfin, relative-

ment au matériel d'artillerie des places, quelques bases fixes, d'après lesquelles un budget motivé puisse être présenté ei

soutenu devant les chambres.

2.* Observation. — (Cette observation était relative aux bouches à feu en bronze ou en fonte de fer : comme cette question fait l'objet dune note spéciale et dans laquelle la question est portée a l'époque actuelle, nous la supprimons ici. — Voyez note F.)

3' Observation. — On distingue , dans l'armement el l'approvisionnement des places, deux parties: 1" ce qu'il faut pour mettre le pourtour entier de la place à l'abri d'une attaque do vive force ; 2" ce qu'il faut pour mettre, s'il y a lieu, les fronts d'attaque en état de résister aux longs travaux d'un siège on règlo. Cette distinction n'est, aujourd'hui, contestée par personne, et en effet elle est dans la nature des choses; mais, l'ayant admise, n'est-on pas conduit à se demander : s'il n'y a pas telle et telle place qui , se trouvant maintenant éloignées de la marche de la guerre, ou situées sur le bord.de la mer, ou etc., se trouvent réellement pour la totalité de leurs fortifications, dans te même cas que les autres places pour leurs fronts hors d'attaque : c'est-à-dire, s'il n'y a pas de» places qui, n'étant jamais exposées à être soumises à un long siège pied à pied, pourraient se contenter do l'armement qui suffit contre les attaques de vive force?

Or, cette proposition, si elle était admissible, et je la crois telle, conduirait à des économies considérables ; et on va voir quelle n'est nullement en contradiction avec ce qui s'est fait et dit, jusqu'à présent, sur celte matière. Ainsi, par exemple, Napoléon écrivait, le 2C juin I80G, à M. le

comte Dejean : a Une place que j'appelle place de campa- « gne, un général habile la fera beaucoup valoir. Si l'on « demande ce que veut dire place de campagne, en fortifi- « cation permanente, qu'on jette les yeux sur les événe- « ments; qu'on voie de quelle utilité a été le vieux château « de Vérone; peut-être a-t-il eu une influence incalcula- « ble : il a rendu maître de l'Adige, ce qui a tout de suite « donné une autre physionomie à toutes les affaires. Pen- « dant tout le temps qu'une armée manœuvre, évacue une a aile pour se porter sur une autre aile, fait quelques mar- « ches en arrière pour se réunir à des secours ou renforts, a pendant toutes ces manœuvres, l'ennemi n'a ni le temps « ni les moyens de faire un siège, il bloque les places, il tire « quelques obus, quelques salves d'artillerie de campagne, « c'est juste le degré de force que doit avoir une place de o campagne.... Les qualités d'une place de campagne sont « de pouvoir donner deux ou trois jours asile à une division a d'armée, avec le degré de force nécessaire pour donner o sûreté à un commandant d'un courage ordinaire... » Ces paroles de Napoléon paraissent claires. On a objecté qu'il ne regardait comme places de campagne que celles faites en fortification passagère pour s'avancer chez l'ennemi, mais je réponds : que le château de Vérone était de la fortification permanente-, que l'empereur dit positivement qu'il parle de fortification permanente, et que sa pensée est évidemment applicable à la guerre défensive. On a objecté encore, que Napoléon n'avait point, en parlant ainsi, prétendu faire un système : je conviens que Napoléon ne s'occupait guère à faire des systèmes, mais ce n'est point une raison pour que, quand il a donné un conseil aussi explicitement développé, ce conseil ait moins de valeur* que les systèmes surannés dont ses combinaisons ont si bien démontré l'impuissance.

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