‹ Constitutions de la nation française (volume 2)Chapitre 352 sur 355 · SCIENCES MORALES · texte numérisé non relu

SCIENCES MORALES

« Ainsi ( dit M. La nj umais , en finissant ce tableau ) ,

>r ainsi fut renversé avec fracas le nouvel empire ; la ,> superbe ville de Paris capitula une première fois » devant l'ennemi , et les Bourbons , dans la personne

* de Louis-Stanislas-Xavier ? furent rappelés au trône » des Français, pour les gouverner par une constitu- >i tion représentative. Ce trône avait péri des contre-

* coups provoqués par les opiniâtres complots des prt- « vilégiés j ses aveugles défenseurs ; il a été ramené » par l'homme qui semblait devoir en consommer la » ruine. Renversé par lT aristocratie privilégiée Y rctü-~

» bli sans elle , il ne s'appuie plus sur elle . »

L’auteur profi te du petit intervalle qui s’écoule entre B abdication de Napoléon et l'établissement d un nouveau gouvernement j pour respirer un instant à 1 aise. 11 explique la conduite du sénat , pendant ce court in*terrègne ; il essaie même de justifier ce corps de ses complaisances envers Napoléon* Mais , si cette apologie du sénat a quelque chose de généreux de la part d'un sénateur* auquel on ne peut reprocher personnellement aucun acte de faiblesse ; il est permis à d'autres de se montrer plus sévères , de réclamer contre la servitude dont, en général , MM, les sénateurs firent profession , et de remarquer que tant de servilité n'a pas toujours tenu à la crainte du Maître et an danger de lui résister , puisqu'on en a vu plusieurs parler et voter, sous le gouvernement représentatif, comme aux plus beaux jours du despotisme impérial , toujours en sens inverse de la liberté.

Dans le même chapitre , M. Lanjuinais raconte des anecdotes curieuses sur la préparation , la rédaction et l'octroi de la Charte. Et s’il éprouve quelque regret de

ce qu'elle ne fut pas rédigée en forme de contrat synallagmatique f il s'en console par cette considération 4 « Elle fut bientôt Je sujet d'adresses de re mer ciment » votées dans chaque chambre, et présentées au roi. De » ce moment , il fut vrai que la Charte avait, été » acceptée suffisamment par les rep ré sent ans de la na— » tion , -tant électifs que viagers, et le pacte entre les » Français et la famille des Bourbons , interrompu depuis 1792, se trouva renouvelé \ il a été juré de- » puis très expressément par le roi , par I es p ri nces et pa r » les deux chambres : il reste encore à Y exécuter com- » platement , à le développer^ à l'améliorer un jour. « Le chapitre suivant, qui est intitulé : Exécution de la Charte durant la première restauration , est un clés plus curieux du livre.

Il ne peut s'analyser , il faut \é lire en entier , pour y voir le plan formé par certain parti, d'arrêter à tout prix l'action de cette loi fondamentale, — Ceci amène naturellement le 20 mars.

La nation avait désiré plus de franchise , plus de bonne foi , plus de garanties ; mais elle n’avait pas désiré le retour de Bonaparte, il n'a pas été ramené : on Fa laissé passer ■ Ce n'est le crime de personne, précisément parce que ce serait celui de tous.

Bonaparte arrive , au nom de la liberté. Mais il ne la donne que par addition aux constitutions de V empire, Il veut se rattacher à une sorte de légitimité impériale, La première illusion est aussitôt détruite, et si Fou ne désobéit pas à sa voix, c'est uniquement parce que le territoire est menacé, et qu'il est a la tête de Formée qui le reconnaît pour son chef.

Mais , ce qui doit être surtout remarqué, c’e&t que,

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