LIVRE SECOND. — CHAPITRE X. l6l
et imprudens , elle devint héréditaire ; ensuite elle se partagea la puissance et les revenus publics, ne reconnaissant que la suzeraineté royale ; d'usurpations en usurpations, elle fut, au dernier degré, oppressive et anarchique. Abattue par la ruse et le despotisme des Rois et de leurs ministres , toujours restée onéreuse à FÉtat , quoique devenue inutile d après le changement des mœurs, le progrès des lumières, du commerce et de l'industrie , elle se montra de plus en plus entreprenante , méprisante, exclusive , dissolue, avide et tracassière, en sorte quelle fut totalement abolie en juin 1790.
Depuis cette époque , sauf d'honorables exceptions , la noblesse ancienne a continué de tourmenter la patrie par des complots, des troubles intestins, des guerres étrangères, des guerres civiles; la noblesse nouvelle, sauf encore les exceptions , a rivalisé l'ancienne par divers abus (1). Sous Napoléon, les deux noblesses furent astucieusement établies , mais constituées en une seule , faite pour abaisser , effacer toute grandeur nationale. La Charte les a dédoublées, et leur a garanti des titres féodaux, attribué des honneurs secondaires. L'une et l'autre ont été seules appelées dans la Chambre des pairs , et, en nombre illimité , dans la seconde Chambre. Cependant, la généralité des nobles antérieurs à 1789, a toujours fait à la Charte une guerre ouverte ou secrète. Profitant des circonstances , ils se sont de nouveau em-
(1) Honneur et actions de grâces aux hommes de cette minorité de la noblesse ancienne ou nouvelle qui , toujours en garde contre les inspirations de l'orgueil, ont constamment défendu 1 égalité devant la loi! Ceux-là seront toujours les nobles de la seule vraie noblesse , de celle
de la vertu, au jugement de leurs contemporains et à celui de la po«-
- * ». * leriie.