LIVRE TROISIÈME CHAPITRE PREMIER
périeur, et Tunique, sous bien des rapports. Ainsi, la France est une monarchie ; le Roi et les Chambres sont soumis à la Charte et aux autres lois. Cette monarchie est donc tempérée , et le gouvernement est républicain (1), c'est-à-dire, constitutionnel .et représentatif, établi pour le bien de tous et non pour un seul.
Des deux Chambres qui , avec le Roi , et sous le pouvoir supérieur et modérateur du Roi , font la loi , l'une est héréditaire , l'autre est élective : toutes deux , conséquemment , sont aristocratiques -, l'une , de l'aristocratie qui tient au passé , qui a principalement l'esprit conservateur $ et l'autre , de cette aristocratie qui , renouvelée tous les cinq ans , est le plus vrai , le plus naturel organe de l'opinion présente. L'aristocratie élective est en elle-même la plus salutaire ou la moins dangereuse des aristocraties -, et la combinaison de nos grands pouvoirs, telle qu'elle est réglée par la Charte , convient singulièrement à un grand Etat , et à tous les peuples opulens , militaires , vifs amans de la gloire et des plaisirs , de l'extrême élégance et des beaux -arts , enfin longtemps dominés par les ecclésiastiques , les nobles et les Rois, et leurs ministres.
Je dirai , dans le chapitre 4 de ce livre , où l'on peut et où l'on doit placer l'élément démocratique du gouvernement français. Il est permis de croire que cet élément, quant à l'influence directe sur la législation, est assez bien remplacé par la liberté universelle de pétitionner publiquement devant les Chambres , par la responsabilité des ministres , par la liberté de la presse ,
(i) Voyez Y Essai sur la Charte, liv. i , chap. i , n. i3.
i 88 DROITS POLITIQUES DES FRANÇAIS.
par le jugement des jurés , par 1 égalité devant la loi , par la bonne composition actuelle de nos corps électoraux, et par la condition de propriété, qui seule fait Télecteur , condition élevée , peut-être plus qu'il ne faudrait, à laquelle néanmoins tout Français jeune, valide , intelligent , laborieux , économe , peut raisonnablement se flatter d'atteindre avec le temps.