livre troisième — chapitke h. xg
if\G. Le second serment contenait la promesse (Tex-
termin eu les hérétiques de toutes les terres de France; il fut introduit, en 1226, lors du couronnement de saint Louis , encore enfant , et à la demande d'un religieux dominicain appartenant à la milice de la sainte inquisition, dans l'affreuse croisade contre les Albigeois. C'était en exécution d'une prétendue loi de l'Église, promulguée, en 13 16, par le pape fondateur de l'inquisition, Innocent III, dans l'assemblée du quatrième concile de Latran. C'est un vieux scandale ecclésiastique, féodal, royal et laical; il ne pourrait plus reparaître sans ébranler tous les fondemens de l'ordre social , et mettre en péril le trône et l'autel. Passons au troisième serment , dit de l'ordre du Saint-Esprit.
a47« Cet ordre fut institué par le dissolu Henri III, pour décorer ses mignons , et les Rois juraient de n'y admettre , pour commandeurs et officiers , que des gentilshommes de trois quartiers paternels.
Voilà donc des employés , au moins des employés titulaires et nominaux privilégiés , et leurs privilèges , comme les autres réprouvés par la Charte , sont abrogés par les trois premiers articles de cette loi , modèle obligé de toutes les lois et de toutes les pratiques.
'.»48. Le quatrième serment concernait l'ordre de Saint-Louis ; la formule dit que le Roi fera observer l'édit de Louis XIV, cet édil portant que tout grandcroix, commandeur, chevalier et officier (1) ne pourront
(1) Voyez comment les hiérarchies , même nominales, prennent de l'extension et de la variété, et admirez les perfectionnemens de l'esprit humain. Henri III ne reconnaît que deux degrés; Louis XIV en invente un troisième , un quatrième : on ne restera pas en si beau chcmin.La loi
être que des catholiques , apostoliques et romains : clause inconciliable avec les articles 1 et 3 de la Charte.
249- Reste le serment, plus qu'inutile , contre le duel ; il porte qu'iï ne sera accordé ni grâce ni abolition aux prévenus du crime de duel ou de rencontre préméditée*
Le retour aux délirantes opinions chevaleresques a rétabli de fait la barbare et gothique épreuve du combat singulier. Ces idées s'éteindront à mesure que la raison et le système libéral feront des progrès. L'expérience a prouvé, dans un autre hémisphère, qu'une loi efficace contre le due! est de déclarer lés coupables privés de leur raison ; en conséquence , d'ordonner qu'il seront mis en curatelle , et privés conséquemment de toute fonction publique. Si cette loi sage existait , il faudrait faire cesser, en pareil cas , le droit de grâce , et cette loi suffirait pour obliger le Roi , Sans recourir à la trop faible ressource d'un serment devenu trop difficile à observer.
Ceci nous conduit à une autre pensée , d'une importance plus générale : le serment royal du couronnement devrait Contenir , avec la promesse d'observer la Charte , celle d'observer les autres lois en vigueur. Il est vrai que
dé la légion d'honneur (sans noblesse) , eu date du 29 floréal an 10, n admettait que des grands officiers , de* commandant , des officiers et des légionnaires j quatre degvésdc récompense sans anoblissement. Napoléon , par ruse, en fit des degrés de noblesse; et, laissant la ruse, devenu, par les rubans et l'argent, plus fort que les lois, il créa un cinquième degré de cette décoration , les sublimes grand'eroix! Les noms des membres de la légion entière ne peurent pas tenir dans deux gros volumes in-octâTo; nous attendons le troisième. Tout cela n'est qu'un* petite portion de la noblesse titulaire de France. Quels nterteilleu* progrès dans ce temps de lomiéret!