‹ Constitutions de la nation françaiseChapitre 26 sur 305 · LIVRE PREMIER.— CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER.— CHAPITRE IV

clubs auxiliaires parisiens , aux comités et aux tribunaux dits révolutionnaires, à la persécution, à la proscription des députés qui , n'ayant pas voté la mort du dernier monarque , avaient tâché d'arrêter les désordres en provoquant une constitution nouvelle, en république une et indivisible, sans pouvoirs héréditaires.

Ces députés sont poursuivis par la violence et par la fraude; ils sont mis hors de la loi-, plusieurs d'entre eux «ont suppliciés sans formes ; les départemens s ébranlent contre les députés oppresseurs de leurs collègues , et c'est afin de calmer l'effervescence générale que parait la constitution de 1793$ elle est décrétée en quelques jours par ceux qui avaient scandaleusement lutté plusieurs mois pour empêcher, pour retarder au moins toute discussion sur ce sujet ; on l'avait extraite avec plus d'élégance et de briévèté que de clarté et de précision d'un grand plan de pure démocratie présenté à la Convention en février 179.J, au nom d'une commission, par le célèbre et malheureux Condorcet. La folle doctrine des suffrages universels , présentement l'épouvante de l'Angleterre , y est adoptée. Le Corps législatif n'aurait eu que le droit de proposition et d'exécution provisoires, la décision définitive étant réservée , en matière de législation et de gouvernement, aux assemblées primaires. - 1

A peine un tel système pourrait s'établir dans la plus petite cité 5 ne possédant autour de ses murailles qu'un modique territoire. 11 est plus que douteux qu'où ait voulu sérieusement ^'appliquer à la France; maïs il fut accepté dans tous lés départemens , sons l'influence de la terreur et des proconsuls , par l'espoir et même avec le voeu durement prononcé de \oir le plus promptement

la Convention remplacée par un nouveau Corps législatif.

59. Les auteurs de cette œuvre anarchique avaient d'autres pensées, et il est vrai que la retraite subite des conventionnels aurait amené probablement une subite et entière contre-révolution, une réaction terrible. Après avoir mutilé la représentation nationale par des séditions, des violences et des proscriptions, les conventionnels, excitateurs du 3 1 mai (1), couvrirent la France de suspects et de prisons d'Etat; ils mirent en permanence et en grande activité, dans la plupart des villes, avec des juges ou plutôt des commissaires féroces , les instrumens du dernier supplice; ils employèrent pour la destruction d'autres moyens plus odieux, plus révoltans; les séquestres et les confiscations frappaient, désolaient, ruinaient toutes les. familles; enfin, ce fantôme de constitution de 1793, ils ne craignirent pas de le remplacer, dès la fin de la même année , par une tyrannie universelle, sous le nom de gouvernement révolutionnaire. Mais

( 1) Il y avait deux complota dans la «Édition des 3i mai , 1 et a juin 1793. L'un était dirige* par quelques députes qui réussirent dans leur plan personnel de terreur et d'anarchie révolutionnaire ; l'autre était conduit par un comité insurrecteur, dit de la commune de Paris , et composé d'étrangers qui ne réussirent pas à détruire, à disperser la Convention, mais seulement à la déconsidérer, a préparer de nouveaux désordres, etpareux le rétablissement du despotisme. L'n illustre émigré, fort lié avec M. Pitt, écrivait en juin 179P, de Londres à Munster, à utte princesse émigrée : « L'insurrection de mai était concertée à Londres : j» avec quelques chefs de plus, elle eût réussi. H fallait ne rien laisser a faire de solide à ces gens-la. » — Je tiens oe texte d'un émigré qui a vu, tourné et lu cette lettre insérée, m'a-t-on dit, dans le Journal cf économie publique de M. Rcedcrcr. A b wid conjuratione , ab une tutnnftn discamus omnrs.

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