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CHAPITRE VIII

Exécution de la Charte Jurant la première restauration.

9D. Mus avant tout, il fallait par une prudence extrême, par une conduite le plus franchement libérale, par la plus religieuse observation de la Charte , calmer de vives inquiétudes , nées, accrues dans toute la France, durant quatre mois de retards, de délibérations, d'hésitations; affligeans préliminaires du plus simple abrégé des premiers principes constitutionnels, abrégé qu'il était facile, après vingt -cinq années de révolution, d'adopter ou de modifier en quelques heures.

Ces inquiétudes fâcheuses ne s'étaient que trop légitimées par ce qu'il y avait eu d'exprimé et d'insinué dans le discours d'annonce , et dans le malheureux préambule du nouveau pacte social, par le défaut de délibération et d'acceptation formelle des Chambres , par les justes et trop amères censures de tout l'ouvrage, qui furent bientôt publiées.

Dans une telle situation , exécuter de suite et littéralement les dispositions de la Charte déjà susceptibles d'exécution , n'eût pas suffi encore à nos besoins, n'eût pas satisfait peut-être à la haute intelligence, à l'inquiète sagacité des Français, à l'ardente vivacité de leur aimable caractère. Il eût fallu de suite, par des lois et des projets de lois , nous rendre, nous annoncer au moins ce que la

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