‹ Constitutions de la nation françaiseChapitre 53 sur 305 · LIVRE PREMIER.— -CnAPlTRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER.— -CnAPlTRE IX

cessa ire , et c'est le moindre service que ce glorieux vétéran de la liberté ait rendu à sa patrie pendant l'interrègne.

112. Tandis qu'on s'occupe de cette révision que Napoléon blâme avec amertume, et qu'il n'ose empêcher, l'armée française a d'abord la supériorité. Repoussée ensuite à Mont - Saint - Jean , elle fait péniblement sa retraite sur Paris. Au lieu de commander cette retraite, Napoléon reparait à Timproviste dans la capitale. On désespère, comme en 18 14 ? d'être sauvé par lui ; on le lui fait connaître , et il donne, le 21 juin, sa seconde abdication , qui est admise purement et simplement } mais, dans la nuit, par des affiches, il la déclare conditionnelle, il fait proclamer Napoléon II. En même temps, des fédérés, d'autres soldats de l'armée se répandent dans les rues , criant : Vive Napoléon III Les uns menacent la seconde Chambre par des vociférations autour de son palais -, et les autres , faisant cortège à Lucien Bonaparte, s'en vont, en tumulte, demander pour lui la régence à la porte de la Chambre des pairs.

Mais , un gouvernement provisoire est déjà nommé par les deux Chambres ; et l'ancien dominateur de l'Europe disparait pour la seconde fois de la scène du monde .

11 3. Le nouveau gouvernement, les deux Chambres arrêtent des mesures de circonstances, des mesures très-modérées, pour la défense de Paris et du territoire français.

Des ambassadeurs sont envoyés aux armées ennemies pour traiter de la paix , sous la seule réserve des limites fixées en 18 1 4 t et d'un gouvernement constitutionnel représentatif.

88 niST. Abrégée du droit const. français.

Deux déclarations sont délibérées par les Chambres , et publiées : Tune, sur l'indépendance nationale -y l'autre , sur les principes constitutionnels, deux beaux monumens de courage et de patriotisme.

Une commission de la seconde Chambre a trouvé le temps de préparer un projet de Constitution monarchique représentative ; déjà il est dans cette Chambre presque totalement adopté ; mais les armées étrangères sont aux portes de Paris. Les débris de l'armée française et les volontaires qui s'y joignent, obtiennent de brillans succès : on prévoit néanmoins l'inutilité, les dangers d'une plus longue résistance. Des commissaires du gouvernement et les généraux signent avec l'ennemi une capitulation qui sera méprisée , quant à la sûreté promise aux militaires, et quant à la conservation des monumens d'art. Déjà les étrangers occupent la ville de Paris dans l'appareil le plus menaçant. Les palais des deux Chambres sont interdits à leurs membres par une force armée. La Chambre des députés constate cette violence. Louis XVIII a promis encore , par une proclamation, d'observer la Charte ; il est rentré aux Tuileries : la seconde restauration est commencée.

Page 1