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CHAPITRE X

Exécution de la Charte depuis la seconde restauration.

n4- Cette minorité qui, durant vingt-six années, n'avait, comme on l'observait , rien appris et rien oublié, se montre plus passionnée qu'en 1 s i .j . Elle avait alors osé dire que la révolution n'est qu'une rébellion de vingtcinq ans. Elle n'avait pu mettre en pratique les conséquences d'un tel principe. Cette fois , elle entreprend de punir , de cbàtier les Français comme des esclaves révoltés. Elle répète : L'armée n'est qu'une troupe de rebelles, décimés à Waterloo.

Les sociétés secrètes reparaissent en activité à Paris et dans les départemens ; elles arment , sous le faux titre de gardes nationales, leurs affidés prolétaires -, elles désarment les propriétaires libéraux ; elles aspirent hautement au bonheur suprême de l'obéissance passive. On fait crier, dans certains lieux , pour un salaire : Vive la noblesse l vivent le Roi et tous ses droits! et même : Vive la féodalité L . . à bas le tiers-état et la liberté !

Des troupes armées de chouans et de Vendéens , se «ont rassemblées et grossies , lorsqu'elles n'étaient plus utiles au Roi, précisément après la bataille de Mont- Saint-Jean, et surtout après la capitulation et la rentrée du Roi dans Paris. Ces bandes irrégulières et nombreuses, commencent dans l'ouest une réaction non

moins dommageable au trésor royal, qu'aux habit ans des campagnes. Elles entretiennent l'anarchie. D'autres bandes entreprennent , dans le midi , sous prétexte de religion et de royalisme, un long cours de persécutions sanguinaires. Elles recommencent les pillages , les démolitions de maisons, les massacres inventés , exécutés au treizième siècle et depuis, afin d'extirper l'hérésie, commandés jadis au mépris de la religion , par quelques décrets de prélats de ces temps-là , et par des ordonnances royales , malheureusement trop conformes à ces honteux décrets , qu'on a voulu depuis appeler des lois de VÉglise.

Un généreux député, M. d'Argenson, entreprit d'arrêter ces crimes , en les dénonçant à la tribune. Des dénégations, des vociférations furieuses couvrirent sa voix , rendirent ses efforts presqu'inutilcs.

n5. J'ai vu, en i8i5, dans les mains d'un chef principal des armées étrangères, un recueil de lettres, ou, si l'on veut, de notes secrètes , à lui adressées par des nobles de Paris , pour solliciter la permanence d'une garnison étrangère de cent cinquante mille hommes. Il ne les montrait qu'en gémissant de la bassesse de leurs auteurs.

1 16. On obtient la reprise des négociations pour ajouter dix mille Suisses avec solde très-privilégiée, à cette garnison, déjà si onéreuse.

Vingt-neuf pairs sont déclarés, sans jugement, déchus de la pairie , comme présumés démissionnaires , pour s'être assis, pendant l'interrègne, dans leurs chaises curules, et pour avoir participé à des mouvemens partagés par l'immense majorité des Français.

En môme temps , l'hérédité des pairs est déclarée , la Chambre des députés de 1814 est dissoute, une autre

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