‹ Constitutions de la nation françaiseChapitre 80 sur 305 · LIVRE SECOND. CHAPITRE VI. l · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. CHAPITRE VI. l

patrie le service de guerre ; ou le mahométisme, qui oblige de reconnaître Mahomet pour prophète , sinon de payer tribut à ses successeurs ; enfin, ces cultes orientaux, qui autorisent la polygamie ou la polyandrie , et l'esclavage des femmes, avec celui des enfans *, il est évident qu'en France , au moins dans le temps actuel , ces cultes n'ont pas droit (i) à l'égale protection que l'article 5 a entendu permettre d'obtenir.

175. C'est surtout la religion de TÉtat , celle du plus grand nombre, qui doit être protégée et surveillée. Mais, pour atteindre ce double but, il faut avoir appris à la connaître, et ne pas la confondre avec toutes ces pratiques superstitieuses , pharisaïques , avec ces actes d'un zèle aveugle et furieux, qui ne sont que trop ordinaires.

lise gallicane s'est de tout temps îeconnue dans l'Etat. Attachée fermement à la communion du premier des évèqucs, du chef de l'Église catholique , elle rejette les erreurs ultra montâmes qui se sont glissées dans nos séminaires ; elle ne veut point faire de la France une province du pape , ni de nos évêchés des préfectures apostoliques.

Elle croit tenir ses pouvoirs , non pas de saint Pierre , mais de Dieu même, selon l'Évangile {p).

(1) On vient de répandre un volume in-8 , intitulé : la Manifestation de f Esprit de vérité, 1819, sans nom de lieu, ni d'irapi iraeur. Ccst un Manuel d'une nouvelle secte d'hommes qui se disent chrétiens et illuminés, et qui ne veulent ni propriété, ni magistrature, ni législation humaine , ni division des hommes en corps de nations. Kouvel exemple d'une religion qui ne doit pas être protégée ni admise a pratiquer publiquement son culte.

(a) Voyez Bossuet, Défense de la Déclaration du Clerçé, de iGfoi liv. 12, chap. i\ j liv. i3, chap. n-18.

Elle est soumise, quant à son régime extérieur, aux lois secondaires, comme aux lois fondamentales de l'État. Elle reconnaît que son autorité légitime est toute intérieure et spirituelle, et doit se montrer en tout pacifique et charitable *, qu'elle est dépourvue de toute puissance coactive extérieure , de toute juridiction civile ; qu'elle n'est pas établie pour faire des lois religieuses extérieures , mais pour conserver le dépôt de la foi , des mœurs et de la discipline , pour prescrire des règles intérieures de conduite , qui ne produisent d'effet au dehors que par la protection des lois de l'Etat et des magistrats.

Elle abhorre la guerre civile, spécialement sous prétexte de religion. Elle condamne le schisme, et se donne bien de garde de l'exciter ou de le fomenter, ou de troubler la paix des familles pour des opinions d'école, ou pour détruire des propriétés que le pacte social garantit , et que le premier pontife respecte.

Loin de repousser, à l'article de la mort, les prêtres tombés sous des censures , véritables ou prétendues, elle recommande positivement d'employer alors ces prêtres , fussent-ils mauvais.

Elle donne gratuitement ce qu'elle a reçu gratuitement ; elle n'échange pour de l'argent ni provisions de bénéfices, ni dispenses, ni indulgences, ni rien d'analogue.

Elle réprouve les dîmes abolies par les lois ; elle ne prétend point infirmer ni déshonorer les mariages contractés légalement -, elle vénère la mémoire de saint Louis , qui , a l'exemple de tant de chrétiens de tous les siècles, consentit, en 1266, que le mariage de sa fille ne fût béni qu'après son accomplissement civil , après plusieurs jours de cohabitation conjugale 5 elle ne reproche point à la mémoire de Henri IV de n'avoir fait bénir son al-

Page 1