LIVRE SECOND. — CHAPITRE VI. l3j
textes , des guerres civiles et religieuses de la Vendée et de la chouannerie. Il en résulterait un état de troubles qui ne cesseraient que par des persécutions religieuses, et, probablement, par l'usurpation et le partage avec les ecclésiastiques d'une portion de l'autorité civile. Non, il n'y aura pas de paix en France , notamment avec les docteurs ultramontains , si la loi, le Roi les magistrats , les juges des cours ne demeurent, à l'égard de la religion catholique , ainsi que des autres religions , ce qu'ils sont naturellement et de tout temps, les évéques , c'est-à-dire , les inspecteurs du dehors.
179. Aucun nouveau corps, ou nouvel établissement ecclésiastique , ne doit être souffert par l'autorité exécutive et par les Chambres , qu'autant qu'il est expressément autorisé par une loi (1) \ et cette loi ne doit être accordée que lorsque , d'après l'examen de sa destination , de sa doctrine et de ses statuts , ce corps est jugé nécessaire ou utile , et compatible avec nos lois poli tiques, avec les droits de tous. Cependant, nous voyons, depuis quatre années , sans lois et contre les lois , ressusciter de toutes parts des moines, des congréganistes de tout costume et de tout institut , et même des couvens monœdes (variété remarquable) , bons , peut-être , au temps du bienheureux Robert d'Arbricelles , fort peu convenables aujourd'hui. Il ne s'agit déjà plus de savoir , s'il faut les reconnaître , autrement les admettre ; mais s'il faut les chasser, et comment il serait possible d'y réussir. La responsabilité des agens exécutifs est bien en défaut contre ces tentatives , tout à la fois mystérieuses et pu-
(1) Loi du 17 janvier 1817, art. 1.
bliqucs ; mais que dire des Chambres ? sur ces abus n' exerceront-elles jamais la surveillance qui leur appartient?
180. C'est une protection due à la religion de l'État', et aux autres qui sont reçues dans l'État, de ne forcer leurs ministres à faire dans les assemblées religieuses aucune lecture d'actes concernant l'ordre séculier , administratif ou judiciaire , les intérêts du Roi ou ceux des particuliers. Les catholiques jouissaient de cette franchise , par l'ancien droit du royaume. Il est malheureux qu'elle soit blessée tous les ans par des ordre* généraux qui obligent à lire deux testamens célèbres , que nous avons dit , page 3 , ri être pas en tout irrépréhensibles. C'est ici le lieu de s'expliquer plus clairement.
Le premier de ces actes énonce que l'Église catholique tient ses pouvoirs de saint Pierre. C'est là une contrevérité évangélique , une erreur née des fausses décrétâtes, et inouie avant les ténèbres des bas siècles. Les saints Évangiles contiennent la mission divine donnée à tous les apôtres : mitto vos, et ailleurs, ite, docete omnes génies .
Le dernier des pères de l'Église , Bossuet , a consacré plusieurs chapitres de son ouvrage (i) sur la déclaration de 1682, à saper, à détruire cette principale base de l'ultramontanisme , par le Nouveau Testament , les conciles et la tradition. C'était pour la combattre avec plus de succès, qu'il affecta constamment de s'intituler évêque par la divine miséricorde, retranchant la moderne formule due au malheureux Concordat , par la grâce du saint siège apostolique.
(0 Voyez les citations de Bossuet, ci-dessus.