‹ Constitutions de la nation françaiseChapitre 94 sur 305 · LIVRE SECOND CHAPITRE VIII. l · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND CHAPITRE VIII. l

à la patrie deux fois autant qu'un soldat (i). La mendicité réprimée ou non réprimée, nous corrompt, nous met en péril, nous ronge et nous consume. Gardons -nous donc et des mauvaises lois , et des jurisprudences encore pires, qui multiplient les vagabonds et les mendians.

Si la loi n'est pas claire, les juges, tenus de prononcer, ne doivent pas aisément abandonner le texte, sous prétexte de s'élever à l'esprit. Jamais ils ne doivent le faire, pour aggraver des peines, et surtout pour ajouter à celles de la prison déjà si pernicieuses à l'Etat, aux particuliers , à la morale publique.

199. Quant à l'article 70 sur la garantie de la dette publique , tralatitium jus est , comme on disait à Rome, des articles qui se répétaient dans chaque édit annuel du magistrat. C'est une disposition traditionnelle aussi juste qu'utile, et que, malheureusement, on n'a pas toujours assez respectée. Les déviations, sur ce sujet, sont plus rares depuis quatre ans. Avec plus de justice envers les créanciers de l'Etat, nous avons vu renaître le créditpublic malgré l'énormité des impôts. Ce crédit est un auxiliaire dangereux, onéreux, mais dont nous auronslongtemps besoin. Il ne peut se maintenir qu'autant que les députés se montreront sévères contre les trop hauts traitemens, les places inutiles, les dépenses abusives, les pensions excessives ou imméritées , et les emprunts qui ne seraient pas absolument nécessaires ou habilement dirigés.

(1) Quatre-vingt-sept centimes par détenu dans le département d< la Seine, en i8i8.

Page 1