‹ Constitutions et règle de vie pour les sœurs des communautés religieuses du diocèse de BrugesChapitre 25 sur 37 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

De la clôture, des sorties des Sœurs, et des visites.

I. — La clôture est la partie du couvent exclusivement réservée à l'usage des Sœurs, à savoir le réfectoire, l'ouvroir, le dortoir, l'infirmerie, la salle da Chapitre, les jardins particuliers des Sœurs, la cuisine et les cellules.

Jamais sans nécessité et sans autorisation des Supérieurs les Sœurs ne sortiront de la clôture. Elles n'entreront pas dans la cellule d'une autre Sœur à moins d'une permission

spéciale, de la Mère. Elles ne se rendront pas à la cuisine, ni au dortoir, ni à l'infirmerie, ni même dans aucune salle commune où elles ne sont pas appelées pour un exercice de règle, sans y être autorisées par leurs fonctions ou par l'assentiment de la Supérieure.

Aucune personne étrangère au couvent n'entrera dans la clôture, sinon à la suite de Monseigneur rÉvêque, ou avec sa permission expresse. Il n'est fait d'exception à cette règle, que pour les ouvriers, en cas de réparations et travaux nécessaires, pour -le médecin et le prêtre, en cas de maladie d'une Sœur, et pour les parents au premier degré, qui peuvent lui faire deux visites, après qu'elle a reçu les derniers Sacrements.

II. — Les Sœurs ne sortiront point du couvent en guise de récréation ou pour rendre visite, fût-ce même à la maison paternelle.

Cependant si une Sœur, pour des motifs graves et extraordinaires, était obligée de sortir, la Mère peut, du consentement du Directeur, lui en donner la permission, en désignant une Sœur qui l'accompagnera.

Lorsqu'une Sœur a été autorisée à visiter des parents, frères ou sœurs malades, elle ne pourra jamais de ce chef découcher plus d'une nuit, quel que soit du reste l'état présent ou futur du malade.

La Mère elle-même ne quittera pas le couvent, sinon pour motifs graves, et ce avec permission de la Supérieure générale. -

Dans aucun cas, les Sœurs ne peuvent se rendre en d'autres maisons ou endroits que ceux où elles sont envoyées ou doivent se rendre nécessairement, pour les affaires dont elles sont chargées. Jamais elles ne resteront dehors, au delà du temps fixé par la Mère et requis par ce qu'elles ont à faire.

Les Sœurs se rendant à l'église paroissiale, sortiront et rentreront ensemble, autant qu'il est possible. A l'église, elle se tiendront à la place qui leur est réservée et, en route, elles n'adresseront la parole à personne, à moins qu'elles ne puissent s'y soustraire, sans grande inconvenance.

Hors de leur couvent, les. Sœurs se souviendront que le monde a les yeux fixés sur elles, plus que sur d'autres personnes, et que toute chose peu édifiante qu'elles se permettraient pourrait causer du scandale. C'est pourquoi elles doivent bien veiller sur elles-mêmes, afin que, dans leur maintien, dans leurs paroles ou leur actions, rien ne se rencontre qui puisse blesser la modestie religieuse.

ni. — Les Sœurs éviteront autant que possible les visites et même tout commerce et tout rapport avec les étrangers; elles change-

ront l'affection naturelle envers leurs parents, amis et connaissances en une affection spirituelle, priant Dieu pour eux, afin que tous ensemble ils puissent être heureux en cette vie et en l'autre.

A l'égard d'aucune personne étrangère, elles ne se conduiront avec familiarité, mais toujours avec gravité, simplicité et politesse chrétienne.

Les Sœurs ne recevront la visite des étrangers nulle part ailleurs qu'au parloir ou dans un endroit désigné à cet effet, et toujours en présence d'une autre Sœur désignée par la Mère. Il n'y aura d'exception en ce dernier point que pour les parents, les frères et les sœurs.

Pendant les exercices spirituels, les Sœurs ne peuvent, sans une vraie nécessité constatée par la Mère, se rendre ou rester auprès d'un étranger. Elles en avertiront poliment leurs visiteurs.

A moins de pressants motifs, les personnes qui demeurent à la paroisse même ne sont reçues en visite hors le temps de la récréation du midi.

Sans autorisation expresse de la Mère, une Sœur ne peut introduire un étranger en d'autres endroits qu'au parloir.

Les Sœurs ne s'informeront point des vaines nouvelles d'un monde avec lequel elles ne doivent plus rien avoir de commun; si elles apprennent quelque nouvelle, dont la connais-

sance, loin d'être utile, sert uniquement à distraire, elles se garderont bien d'en causer avec leurs consœurs.

Jamais elles ne révéleront à des étrangers quels qu'ils soient, les secrets de la maison, l'état intérieur de la Communauté, les difficultés qui pourraient exister, les défauts des Supérieurs ou des Sœurs, ou leurs propres tribulations.

Que du reste leur conversation soit toujours grave, édifiante et saintement récréative et joyeuse, si bien que les étrangers remarquent, au langage et à toute la conduite des Sœurs, qu'ils se trouvent dans la sainte demeuie des Épouses de Jésus-Christ.

Les Sœurs ne peuvent écrire des lettres ou billets quelconques ni en recevoir, sans permission de la Mère; celle-ci voit toutes les lettres qui entrent ou qui sortent, à l'exception de celles venant des Supérieurs spirituels ou à eux destinées.

Les Sœurs se prémuniront, spécialement en ce point, contre toute tentation d'infidélité et de fraude, qui pourrait entraîner les plus fâcheuses conséquences.

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