Bain de mercure
1°. — Bain de mercure sàdiral.
La surface libre d'une masse de mercure est un excellent miroir horizontal, à la condition qu'elle soit tranquille. Je me garderai de passer en revue tous les systèmes préconisés pour amortir les trépidations communiquées à la surface par le sol, dont l'état vibratoire est permanent et particulièrement intense dans, les villes.
Pour que la surface soit sûrement horizontale, il faut que la cou-
tche de mercure soit assez épaisse (épaisseur de l'ordre de 3 à 5 mm.) pour supprimer à coup sur l'influence de la tension superfim 1 1 r 1 1 ni;;rijiif cielle. Cette condition élimine tous les systèmes où la tranquillité de la surface est assurée par la mise en jeu de la tension elle-même. La couche de mercure y a une é\id\sse\ir mimmi, pelliculaire ; rien n'assure l'horizontalité de la surface libre.
Depuis de longues années, les physiciens connaissaient le moyen de supprimer la trépidation du miroir d'un galvanomètre, en plaçant l'appareil sur une tablette suspendue par trois ou quatre longs tubes de caoutchouc (voir ma Mécanique rationnelle, 5 482). Hamy eut la bonne idée d'appliquer au bain de mercure cette méthode, dont, au surplus, il donna une théorie parfaitement incorrecte.
Le supports du bain porte trois tiges sur lesquelles se déplacent des masses cylindriques. Trois fils métalliques ou ressorts à boudin assez longs sont fixés d'une part aux tiges, de l'autre à un bâti solide.
Les oscillations de longue période sont amorties par une plaque P plongeant dans un vase V rempli d'huile.
Rien n'est amusant comme de comparer les « savantes » analyses que donnent différents auteurs de ce mode de suspension. Julius, par exemple, déclare que le centre de gravité du corps suspendu doit être dans le plan horizontal des points d'attache des fils, ce qui est évidemment impossible dans le dispositif représente, qui est celui d'Hamy. Ou explique ces divergences en remarquant que les auteurs traitent des problèmes schématiques différents : naturellement leurs formules restituent ce qu'ils ont posé au début.
■j". — On a longuement discuté sur la forme à donner au vase qui contient le mercure. Les uns préconisent une caisse, plate et carrée, en bois, dont le fond est strié de rainures (1 mm. de profondeur,
2 mm. d'écartement); d'autres préfèrent les cuvettes de forme circulaire, à fond plat ou incurvé, en fonte ou en cuivre rouge (dans ce dernier cas le cuivre s'amalgame et est mouillé par le mercure;. Tout cela n'a qu'une importance minime.
Le mercure doit être bien propre. Au moment de s'en servir, il faut donc le filtrer, le mercure s'oxydant à l'air :
on emploie pour cela une peau de chamois ou simplement un entonnoir dont le tube est effilé. On
a imaginé des vases se 'g'
remplissant par un tube inférieur central qui fournissent toujours du mercure propre. La figure 189 donne l'idée d'un tel dispositif. Le cylindre G descend dans un corps de pompe non ajusté et pousse le mercure qui est sous lui. Le mercure remplit la cuvette V. 3°. — Bais de mercure zénithal.
Une glace plane, en verre noir ou argentée sur sa face inférieure, est portée par un flotteur annulaire qut repose sur un bain de mercure contenu dans une cuvette annulaire (fig. 190).
Si le flotteur était parfaitement réglé-, la normale au plan réflé- Fig. îoo. chissant serait verticale. De toute
manière, quand le flotteur tourne, cette normale décrit un cône circulaire d'axe vertical : donc la bissectrice de ses directions, pour des azimuts à 180" l'un de l'autre, est verticale. D'où un procédé dé réglage de l'axe optique d'une lunette suivant la verticale (§ 216).
11 exige toutefois que la normale au miroir diffère peu de la verticale. L'avantage du miroir zénithal c'est qu'en raison de sa masse même, les trépidations du sol n'ont plus aucun eft'et.