OBTENTION ET ESSAI DES MIROIRS PLANS ET CONCAVES
Dans ce chapitre j'étudie les procédés d'obtention et d'essai des miroirs plans et concaves. Mais la plupart des considérations proprement optiques s'appliquent à un appareil quelconque fournissant une image réelle d'un point lumineux, à un objectif en particulier : au point de vue de la Théorie des ondulations, un miroir et une lentille sont équivalents. '
Les physiciens s'imaginent aisément que Foucault a découvert tous les procédés techniques qu'il emploie; cependant, pour ce qui est proprement le travail du verre, Foucault n'a rien inventé. Il a fcit œuvre de physicien en utilisant scientifiquement des procédés qui étaient dans le domaine public; il a découvert la manière, non pas de travailler un miroir, mais d'obtenir par ce travail un résultat déterminé. Il ne faut donc pas s'imaginer que Foucault a appris aux opticiens à polir, à utiliser les tampons, etc., etc. ; il leur a appris à polir l'endroit qu'il faut, ce qui est bien différent. Comme ouvrier Foucault était habile, mais pas plus que des centaines d'ouvriers : heureusement Foucault était intelligent comme ne l'est pas un ouvrier sur dix mille. Au lieu d'insister sur sa technique, qu^est quelconque, il faut insister sur ses méthodes d'essai, qui seules sont neuves. Avec les méthodes d'essai de Foucault, on construit tant qu'on veut des miroirs excellents.
J'insiste, parce que les mémoires de Foucault donnent de son rôle historique une idée fausse. Le physicien qui, pour la première fois de sa vie, y apprend comment on dégrossit et polit un miroir, est porté à croire que les méthodes de Foucault ont quelque chose de rare. Il changerait d'avis s'il se donnait la peine d'étudier comment on opérait avant Foucault; par exemple, il retrouverait les tampons de Foucault chez les opticiens du dix-huitième siècle.