Argenture
Les procédés sont innombrables. Ils consistent tous à mettre une solution d'azotate d'argent en présence du verre et d'un réducteur : l'argent se dépose sur le verre. La condition essentielle de réussite est la propreté du verre. Il faut frotter avec de l'acide azotique et un tampon de coton, nettoyer à l'ammoniaque, bien rincer et ne pas toucher avec les doigts.
i°. — Procédé ai: formol.
Le formol ou aldéhyde formiquc, CI120, est gazeux à la température ordinaire. On le trouve dans le commerce sous forme de solution aqueuse à 40 p. 100.
Voici le procédé d'argenture qui utilise ses propriétés réductrices.
A) Dans 100 cm* d'eau, on dissout 10 grammes de nitrate d'atgent. On ajoute goutte à goutte juste l'ammoniaque nécessaire à dissoudre le précipité qui se forme d'abord.
On complète avec de l'eau distillée le volume d'un litre.
B) On dilue la solution de formol commerciale à 40 p. 100 de manière à l'amener à 1 p. 100. Cela revient à mettre 25 cm3 de la solution commerciale dans un litre d'eau.
Au moment d'argenter, on mélange intimement et rapidement 2 volumes de A avec un volume de H. On verse immédiatement sur la glace à argenter en recouvrant d'un coup. Le liquide se trouble, devient rose violacé foncé, puis le verre se couvre d'une couche dont la couleur passe du rose au blanc d'argent.
Le dépôt complet demande 10 minutes à ir>".
On lave, on sèche, on vernit si l'on utilise la surface d'argent en
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contact avec le. verre. On polit au rouge d'Angleterre si on utilise la surface extérieure.
En ne laissant se produire qu'une couche très mince, on obtient un verre transparent électriquement conducteur qui sert dans la confection des cages d'électromètre.
2°. — Argenture des grands miroirs de télescope. L'opération s'effectue dans une bassine en cuivre argenté de grandeur appropriée; on tourne la surface à argenter vers le bas. Si le revers du miroir est poli, on suit commodément les progrès de l'argenture. Il est bon que le miroir porte une gorge sur son pourtour pour y attacher des cordes qui facilitent son maniement. Le miroir est porté sur trois cales de bois terminées en pointe, qui reposent sur le fond de la bassine; celle-ci est placée sur une sorte de berceau qui permet une agitation systématique.
Le nettoyage étant supposé parfait, il faut réaliser une imbibition complète de la surface à argenter. Pour cela, aussitôt les solutions A et B versées dans la bassine, on en- étale sur le miroir avec un tampon de coton; puis on saisit le miroir par ses anses et on l'introduit dans la bassine de hianière que le liquide envahisse progressivement toute la surface.
Le dépôt obtenu, on lave à l'alcool étendu, puis à l'eau pure sans toucher. On laisse sécher. La surface apparaît jaune d'or et recouverte d'un voile léger. Pour enlever le voile, on frotte doucement avec une peau de chamois, d'abord sans poudre à polir, puis avec un peu de rouge d'Angleterre.
.5°. — Importance de l'argenture dans les laboratoires d'enseignement.
J'attache une extrême importance à l'éducation économique des professeurs. Ils n'ont pas l'air de se douter du prix des choses et gaspillent l'argent qu'on met à leur disposition : ils sont, du reste, encouragés dans cette voie par la sottise de la Commission d'achat du ministère.
Une infinité d'expériences se montent avec des miroirs. Or une dizaine de paires de lentilles de besicles vaut 3 fr. 50. On juge par là du prix de revient d'un miroir concave (obtenu à partir d'un verre de myope) de 4 cm. d'ouverture : quelques sous. Les miroirs soidisant plans ou concaves se vendent couramment 5 francs le centimètre carré : il y a mieux à faire que de les acheter. Je doute qu'ils vaillent mieux que ceux dont je conseille la fabrication par douzaines dans les laboratoires d'enseignement.
169. Essai cl'un miroir sphérique concave par la symétrie d'une image ponctuelle.
.7°. — Un miroir sphérique est exactement stigmatique pour son centre de courbure C Tig. 101); cela signifie que les rayons issus de ce point y repassent exactement après réflexion : le point lumineux G coïncide avec sa propre image. Les points voisins de C jouis-
OBTENTION ET ESSAI DES MIROIRS t'LAXS El CO.VCAVES 3:11
sent également de la propriété d'avoir à peu près exactement un point pour image, mais ils ne coïncident plus avec leur image. D'où la méthode suivante pour reconnaître si le miroir est sphériquc.
Sur le trou S' voisin du point G et percé dans une plaque métallique, on fait tomber un faisceau de rayons convergents obtenus par un procédé quelconque; par exemple, au moyen d'une sourie S, d'une lentille et d'un prisme à réflexion totale. Parfois la lentille est accolée au prisme (comme le représente la ligure); il est cependant préférable de l'éloigner, afin d'éloigner la source S et d'éviter qu'elle ne trouble la marche des rayons en chauffant inégalement l'air. II faut que le cône des rayons issus de S' soit d'angle solide assez grand pour couvrir le miroir. On déplace et on oriente le miroir de manière que l'image S" de S' se fasse près de S', à la même distance
du miroir. On est alors assuré que S' est voisin de G. On étudie l'image avec un microscope peu grossissant.
Elle doit être ronde et entourée de franges circulaires si le diamètre de la source S' est assez petit. Quand on modilie la mixe au point (quand on regarde sur la droite OS" un peu plus loin que S" ou un peu plus près), les phénomènes doivent rester circulaires.
Sî le miroir n'est pas sphérique, la caustique n'est pas évanouissante : nous retrouvons les apparences générales des caustiques de révolution coupées par un plan normal à l'axe (Voir Optique géométrique).
. 2*. — La méthode se généralise pour un miroir elliptique ellipsoïde de révolution).
L'objet est un point voisin de l'un des foyers géométriques; l'image est près de l'autre foyer. Si le miroir n'est pas rigoureusement elliptique, l'image ne se réduit pas à un point. S'il est de révolution, l'image reste circulaire.
Déplaçons un écran normalement à l'axe à partir de cette pseudoimage : nous coupons la caustique. Si le miroir est de révolution. la trace de la caustique sur l'écran reste circulaire.
La variation de grandeur de cette trace, quand l'écran se déplace* fournit de précieux renseignements. Les traces successivement obtenues proviennent des zones circulaires concentriques en lesquelles on peut concevoir le miroir divisé. La variation du diamètre des traces montre si la courbure des bords est trop ou pas assez grande comparativement à celle du centre.