Tréfilerie. Pinces diverses
ï°. — Une filière est une plaque (d'acier généralement) percée d'un trou de révolution dont la figure 5 donne le schéme : un cône circulaire G raccordé brusquement à un cylindre C. Le second cône C n'a qu'une importance secondaire. Pour se servir d'une filière, on épointe le fil dont on veut diminuer le diamètre ; on passe le bout dans le trou de la filière, on le saisit avec une pince et on tire. Si les rayons /' et /■' diffèrent assez peu, si le métal est assez, mou relativement à sa ténacité, on sort de la filière un fil dont le rayon /■' est inférieur au rayon initial r.
Dans les filières en acier, pour des trous de 0,4 min. à 1 mm., l'angle 2* est de 6" à 8°. La même plaque est percée d'une série de
trous dont les diamètres sont assez voisins pour qu'on puisse passer le fil successivement dans tous/ par ordre de diamètre décroissant Une passe allonge le fil de 25 p. 100 environ.
En se déformant, la'matière du fil se modifie (écrouissage); elle durcit, devient moins'déformable. Chrdoit recuire le fil pour continuer l'opération.
Les filières en saphir ou en rubis destinées aux métaux mous (ouivre, -argent, platine, or) ont un angle 2a voisin de 12°. Pour une passe normale (allongementjde 25 p. 100), le fil est en prise sur une longueur inférieure à un demi-diamètre. Le profil de ces filières est arrondi. .
On sait qu'un fil de cuivre, par exemple, dont l'àme est en argent (fil à la Wollaston), s'étire de manière que le diamètre de l'àme diminue proportionnellement à celui de la couverture : preuve que l'action dejla filière se produit uniformément sur toute la section droite.
Pour des travaux spéciaux, les filières sont à trous carrés, rectangulaires, triangulaires, pentagonaux. Par exemple, dans certains payables clous (pointes de Paris, voir l'Appendice I) sont de section carrée.
2°. — Pinces diveiises.
Nous trouvons ici l'occasion de dire quelques mots des pinces.
La pince plate est représentée en 1 (fig. 6). Une des pièces entre et tourne dans une cavité convenable ménagée dans l'autre. En agissant sur les parties arrondies des pièces (poignées, non représentées), on rapproche les extrémités de serrage PP\ La pince est ronde quand les parties PP' sont des troncs de cône. Dans la pince à gaz (2), on ménage dans les pièces PP' des cavités cylindriques dans les parois desquelles sont creusés des sillons qui facilitent le serrage des tubes ou des boulons.
Dans le filetage, on utilise des pinces à serrage automatique d'autant plus fort qu'on tire davantage sur le fil. S'il s'agit d'un gros filt on tire avec une chaîne G sur un anneau A auquel est fixé un cylindre D creusé d'un trou conique. Dans le trou entre un tronc de cône, coupé par un plan méridien en deux mâchoires M dont les sections en regard sont creusées de sillons. LTn ressort R les maintient en face l'une de l'autre. Quand on tire sur le fil 1\ il tire lui-même sur les mâchoires. Elles s'appuient sur les parois du trou conique et produisent un serrage d'autant plus fort que la traction sur le fil est plus grande. Il faut seulement que l'angle au sommet des cônes soit assez petit; au début de l'opération, on serre à la main en poussant sur les mâchoires.
Figr- 5.
Nous retrouverons ce procédé de serrage dans un grand nombre d'appareils {mandrins de tour, par exemple).
La figure 6 à gauche représente une pince commode dans les
expériences sur les fils. L'écrou E serre sur un pas de vis conique creusé sur la surface extérieure du cône C.