CHAPITRE XII MÉTHODES GÉNÉRALES D'ENREGISTREMENT
253. Réalisation d'un mouvement uniforme. On appelle mouvement d'horlogerie un système de roues dentées (pour la commodité du dessin, je les représente lisses, fîg. 287}, d'axes parallèles , dont chaque élément est constitué par un axe AA, une roue dentée R et un pignon P. Le pignon a, par définition même, un très petit nombre de dents qui peut descendre à 5; la roue en a, suivant le cas, de 20 à 120. La figure 287 montre comment le glissement des axes est rendu impossible entre les deux plaques métalliques 13, B, qui servent de joues à l'appareil [platines).
Les axes ont donc des ,. vitesses angulairesde plus
en plus grandes a partir de l'axe lent LL sur lequel s'applique le couple moteur, jusqu'à l'axe rapide sur lequel agit le régulateur.
y°. — Quand l'appareil
est à poste fixe, le couple
moteur est dû à un poids
r. attaché à l'extrémité
X s'enroule sur le cylindre C; pour qu'elle ne se
emploie de la corde tressée ou du cùhle souple en fil
r:.»rde le pas,.
la clef de remontage.
Pour qu'on puisse remonter le poids sans que le mouvement fonclionne en sens inverse, la roue dentée D est l'olle sur l'axe; E est une roue à rochet solidaire du , cylindre C et de l'axe. L'axe de son cliquet est | porté par la roue D. Quand donc on tourne l'axe i L pour remonter le poids (sens de la (lèche), le cliquet échappe, la roue D reste immobile. Quand on cesse d'agir sur la clef, le couple dû au poids se communique à la roue D par l'intermédiaire du cliquet. Ce mécanisme fondamental se retrouve dans toutes les horloges, '.-' réveil-matin, montres, tournebroches. ]
Il a le défaut que le couple s'annule pendant \ le remontage. Je renvoie au S 135 de ma Mécanique pour la description de l'artifice qui maintient le couple quasi constant.
Voici un second dispositif employé dans les ■ appareils de précision. Le cylindre C est rem- ■ placé par une poulie (fig. 288). La roue de remontage est distincte. Le lecteur vérifiera que pendant le remontage le couple reste constant. Le • poids -' doit être pris suffisant pour créer un ' frottement empêchant le glissement de la corde sur les poulies. Dans les appareils de précision, les poulies sont remplacées par des roues dentées, cl la corde par une chaîne de bicyclette très légère.
Quand l'appareil n'est pasà poste fixe, le couple est dû à la déformation d'un large ressort spiral d'acier fig. 28! l . Une de ses extrémités est solidaire du bâti Hit; pour se représenter le fonctionnement de l'appareil, on ia supposera fixée enGC>. L'autre est solidaire de l'axe LL qui porte encore la roue à rochet jouant le rôle précédemment expliqué. Dans sa forme d'équilibre, le ressort est plus ou moins déroulé; le remontage consiste à l'enrouler sur l'axe LL, par une rotation de cet axe dans le sens de la (lèche. Le fonctionnement est exactement le même qu'avec un poids, à la diflurenctï que l'enroulement de la corde sur le cylindre G est remplacé par l'enroulement du ressort spiral autour de l'axe LL.
Le ressort est contenu dans un cylindre appelé barillet, où il .vc trouve déjà enroulé de force. Prévenons le lecteur qu'on ne peut pas,
Fig. S89.
3SC COySTM'CTIOX DES fXSTItCMEXTS DE MESURE
sans un appareil spécial estrapade), remctlre le ressort clans son barillet : il est donc prudent de no pas l'eu sortir sans nécessité.
Pour éviter qu'on ne casse le ressort en l'enroulant trop serré sur l'arbre L, ou utilise l'arrêt de remontage que représente la figure 289 à gauche. L'arbre porte une palette P qui à chaque tour fait avancer la roue H d'une dent, j usqu'ù ce qu'elle vienne buter sur le plat AA : un remontage plus serré devient impossible. La roue H est à frottement dur sur son axe, qui est solidaire d'une des platines. Pendant que le mouvement fonctionne, l'arbre tourne en sens inverse entraînant la roue, jusqu'à ce qu'encore sa palette bute contre le plat AA. Généralement le nombre de tours deTarbre est de G : le remontage des pendules est de l'J demi-tours; les horlogers ont le soin de les compter : ils évitent ainsi les heurts et se rendent compte des défauts de fonctionnement.
.7°. — RÉGULATE L'IIS.
Sur l'axe le plus rapide agit le régulateur, dont la forme et le rôle varient suivant les cas. Dans les horloges, c'est tin pendule : l'axe rapide porte la roue d'échappement; dans les pendules et les montres, c'est un ressort spiral : dans les deux cas le mouvement est saccadé.
Pour le but que nous poursuivons ici, un mouvement continu est nécessaire : le régulateur est un de ceux que je décris dans ma Mécanique (g 308 et suivants). On peut encore utiliser une lame vibrante (voir Magnétisme, II, S 300), ou encore le système décrit dans ma Thermodynamique (II, s 6).