Réglage du sextant
Ce réglage est intéressant comme résolvant des problèmes pratiques qui se présentent souvent dans les laboratoires.
1°. — Amener l'axe optique de la lunette parallèlemet au limbe.
Nous avons déjà rencontré ce problème § 280. Pour le résoudre à l'approximation nécessaire (toujours assez grossière), on pose le sextant sur une table. Sur le limbe on place deux petites équerres (viseurs), aussi identiques que possible et dont les bords supérieurs sont biseautés; ils déterminent un plan P parallèle à celui du limbe. Les milieux des viseurs sont disposés sur une droite à peu près parallèle à l'axe de la lunette. L'oeil O vise alors les biseaux; on fixe sur un mur assez éloigné un papier portant un trait noir T, de manière que le trait soit dans le plan P. Si l'axe optique de la lunette est parallèle au limbe, le trait doit faire son image au milieu du champ.
Sinon, on là règle en agissant sur les vis du collier C. Celui-ci est en deux parties : l'une est solidaire du limbe; dans l'autre se visse la lunette. Les deux parties sont reliées par trois vis de réglage telles que celles de la figure 107; on peut encore employer des vis ordinaires, en séparant les pièces du collier par une rondelle ondulée faisant ressort.
2*. — Rendue les miroirs perpendiculaires au limbe.
a) Grand miroir M.
On place les viseurs V sur le limbe et l'œil en 0 de manière à voir \i (directement) et V, (par réflexion) le plus près possible l'un de l'autre. Si le miroir M est normal au limbe, les biseaux supérieurs des viseurs sont dans le prolongement l'un de l'autre. Sinon, on rectifie l'inclinaison du miroir au moyen d'une vis (fig. 107); il tourne autour d'un axe parallèle au limbe.
b) Petit miroir m.
On le règle en vérifiant qu'il est possible de faire coïncider les
images d'un point lumineux vu dans la lunette : directement à travers m, par réflexion sur m et M. Il est clair qu'alors les miroirs m et M sont parallèles. Le procédé de réglage est encore la vis du §8G, 4".
La perpendiculaire exacte des miroirs et du limbe n'est heureusement pas nécessaire; pour préciser, une erreur de 5' dans leur inclinaison est sans importance.
3*. '— Prismat'isme des miroirs.
Pour que l'argenture ne se ternisse pas trop vite, on rend réfléchissantes les faces postérieures des miroirs. Les glaces qui les constituent influent donc non seulement sur la marche des rayons transmis par la partie supérieure de m, mais encore sur celle des rayons doublement réfléchis. Une lame prismatique dévie les rayons : on vérifiera aisément que cette déviation n'aurait aucun inconvénient, si elle était indépendante de l'incidence. Pour des angles d'incidence très petits, la déviation, i— (n — 1) A, ne dépend que de l'indice et de l'angle du prisme; mais ce n'est plus vrai pour de grandes incidences.
11 résulte de ee qui précède que le prismatisme du petit miroir est sans inconvénient, puisque l'incidence des rayons y est la même
dans les deux opérations qui constituent la mesure. Il n'en est pas de même pour le grand miroir. A la vérité, la glace ordinaire du commerce est aujourd'hui quasiment à faces parallèles; on peut donc exiger du constructeur un miroir assez exactement plan-parallèle pour que l'erreur soit négligeable dans les limites des incidences utilisées.
Pour vérifier le parallélisme, Borda conseille de mesurer la distance angulaire de deux objets (choisis aussi distants que possible), en utilisant le grand miroir tel qu'il se trouve, puis après rotation de 180° autour d'un axe perpendiculaire à son plan; cela revient à échanger les côtés verticaux a et è, à mettre le plus près de la lunette le côté vertical b qui en était le plus loin. Naturellement, il faut que le mode de fixation du miroir dans son logement permette cette rotation. On doit trouver la même distance angulaire avant et après la rotation : le lecteur vérifiera aisément que les déviations dues au prismatisme sont de sens contraires dans les deux opérations (voir mon Cours d'Optique géométrique).
Quand on utilise des miroirs argentés sur leur face postérieure, le nombre des images d'un point rapproché est théoriquement infini. Elles se rapprochent quand le point s'éloigne; elles se superposent quand il est à l'infini. Elles ne se superposent pas si le miroir est prismatique : d'où une méthode pour reconnaître ce défaut sans toucher au miroir. On regarde dans la lunette un petit objet très lumineux et très distant, par double réflexion sur m et M placés de manière que l'incidence sur M soit la plus grande possible : l'objet doit paraître simple.
Le prismatisme des verres colorés qu'on utilise pour donner aux images le même éclat, se vérifie par la méthode de Borda : leur retournement de 180° (qui est toujours possible) ne doit pas modifier la position des images dans le champ de la lunette. 4°. — Point de parallélisme. Collimation.
La mesure d'une distance angulaire comporte deux opérations. Dans la première on détermine le point de parallélisme, c'est-à-dire la place que le zéro du vernier occupe sur la graduation quand on superpose les images d'un même point lumineux. Les miroirs sont alors parallèles (si le petit miroir n'est pas prismatique, ce qui n'a d'autre inconvénient que de changer le zéro de la graduation). On appelle erreur de collimation (le mot collimation signifie direction de repère) ou simplement collimation, le petit angle dont il faut corriger les angles lus pour obtenir les distances angulaires. Je ne m'amuse pas à discuter le signe de cet angle, ces sortes de discussions, inutiles quand on a l'appareil en main tant le résultat est évident, me paraissant des colles d'examen stupides ou des manières de rendre les aide-mémoires, « savants », mais illisibles.
On effectue cette première opération seulement de temps en temps. La seconde opération consiste à amener en coïncidence les images des points dont on veut la distance angulaire.
NIVEAUX A LUNETTES. — GONIOMETRES. — THEODOLITE 405