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Fils d'araignée, de cocon. Soie artificielle

itt. — Fils d'araignée, fils de cocon.

L'abdomen des araignées porte en arrière, de chaque côté de Fanus, un appareil qui sécrète les fils. Il se compose de quatre ou six mamelons formant chacun une filière multiple. Chaque fil est la réunion des divers brins émis par les orifices, qui sont en très grand nombre, de Tordre de quelques milliers.

Réaumur décrit ainsi ses expériences. Ayant choisi une grosse araignée de jardin prête à faire ses œufs, on applique le doigt sur un des mamelons. En retirant le doigt, on entraîne une quantité énorme de fils séparés. Réaumur en compta plus de 80 : mais il n'avait pressé qu'une petite partie du mamelon. Ces fils durcissent à l'air. Comparativement à leur diamètre, ils sont extrêmement résistants. Ils s'allongent beaucoup et reprennent ensuite leurs longueurs premières, ce qui leur permet de rester tendus. D'où leur emploi pour les réticules.

L'araignée de jardin connue sous le nom dCEpeira diadema (qu'on nomme aussi Croix de Saint-Denis, à cause d'une croix qui orne son abdomen) pond en automne un grand nombre d'œufs. Elle les entoure d'un cocon fait d'une bourre épaisse qu'elle place sous quelque abri. Ce cocon, mis dans l'eau bouillante gommée et savonneuse, se dévide aisément. Le fil obtenu est employé pour les réticules des instruments d'optique. A son défaut, on utilise les fils de la toile. Enfin on peut s'arranger de manière que l'araignée fournisse le fil, qu'on enroule sur un crayon à mesure qu'il sort de la filière. En elfet, au moindre choc sur sa toile, l'araignée se laisse tomber au bout d'un fil qu'on enroule et que l'araignée allonge pour s'échapper.

2°. — Fils de cocon.

Le Bombyx du mûrier (Bombyx mûri) est l'insecte (lépidoptère nocturne) dont la chenille file la soie. Ses œufs (graine des vers à soie), sélectionnés au microscope, éelosent dans les magnaneries après une incubation artificielle, dans une étuve maintenue sept jours entre 18 et 24 degrés. Sitôt les vers éclos, on leur donne à manger des feuilles de mûrier; leur éducation dure 31 jours, coupés par les mues pendant lesquelles la chenille ne mange pas. Après ce temps, elle file le cocon dont elle s'enveloppe à mesure. Elle y passera à

l'état de chrysalide et en sortira papillon pour se reproduire et pondre ses œufs.

La filière unique est placée sous la tête, près de la bouche, au niveau de la lèvre inférieure; elle communique avec deux longues glandes qui sécrètent la soie. Avant de sortir, le fil se recouvre d'un enduit qui est le grez. Le cocon est donc filé avec deux fils intimement liés et n'en formant pour ainsi dire qu'un seul; sa longueur est de 400 à 500 mètres. Pour utiliser le cocon, on étouffe la chrysalide par un courant d'air chaud à 80°.

Le tirage de la soie a pour but de décoller le fil continu dont l'insecte s'est entouré en l'agglutinant, et de le remettre à l'état de fil. On ramollit donc le grez agglutinant dans l'eau chaude. On réunit plusieurs brins pour former la soie grège, qui est le fil le plus fin dont l'industrie fasse usage. Pour cela, les brins passent dans des filières, sont convenablement croisés , enfin enroulés sur un dévidoir. La soie encore recouverte de sa matière grasse est la soie écruc, la soie 'décreusée en est débarrassée par de l'eau de savon.

Nous ne pousserons pas plus loin l'étude de la fabrication de la soie, puisque les fils de cocons des physiciens sont des fils de soie écrue ou décreusée tels qu'ils sortent du cocon. C'est à partir d'un cocon unique que le physicien préparera sesiilsquidoiventétresimples.

Le fil de cocon décreusé est irrégulièrement aplati; son diamètre varie de 7 à 15 microns.

3". — Soie artificielle.

Des fils naturels je rapproche les fils de soie artificielle que les physiciens vi„ ltl

n'utilisent pas encore.

Chardonnet part du coton-poudre dissous dans un mélange à volumes égaux d'alcool et d'élher (collodion). La solution est renfermée dans un réservoir en cuivre étamé; on exerce dessus unipression de plusieurs atmosphères. Le réservoir communique avec une rampe sur laquelle sont implantés des tubes de verre terminés par une portion capillaire. Sous la pression, le collodion sort suit ;'i l'air, soit dana l'eau, et se coagule. On enroule les fils ainsi obtenus. Comme ils sont très inflammables, on les dénitre dans une solution de sulfhydrate de calcium. C'est la partie chanceuse de l'opération.

Le procédé a été varié de bien des manières.

Par exemple, on dissout le coton dans la liqueur copra-ammoniacale de Schweizer (obtenue en versant une solution aqueuse d'ammoniaque sur de la tournure de cuivre en présence de l'air). On chasse sous pression la solution à travers des filières plongeant dans un bain de coagulation (solution à 50 p. 100 d'acide sulfurique). Les brins obtenus sont assemblés et enroulés sur des bobines. On lare à l'eau et à l'acide étendu.

Les procédés que nous étudions dans ce chapitre sont exactement les mêmes pour les métaux et pour le verre. Ils constituent à peu près les seuls employés pour surfacer les pièces de verre (leur imposer une surface de forme déterminée); ils sont de plus en plus largement atilisés pour les métaux.

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