Objectifs simples
i°. — Les objectifs simples se composent d'un système unique formé de deux, de trois, même de quatre lentilles généralement collées. Les formes sont choisies de manière à supprimer le chromatisme, tout en réduisant autant que possible les diverses aberrations.
Malgré la simplicité apparente du problème, bien malin est celui qui dira quelque chose de général. La forme des lentilles dépend essentiellement de la position du diaphragme (ordinairement placé en avant), de son ouverture et des qualités particulières qu'on veut obtenir.
Préfère-t-on le quasi-stigmatisme accompagné d'un champ courbe? Préfère-t-on l'astigmatisme avec un champ moyen quasi plan?
Quelle tolérance admet-on pour la distorsion?
Le cadre et l'esprit de cet ouvrage nous empêchent de développer au long un exemple de calcul; indiquons seulement les meilleures solutions proposées.
Dans l'objectif simple à deux verres (I, fig. 389 bis)^ le ménisque convergent de crown (hachures inclinées) est en avant; le ménisque divergent de flint (hachures horizontales) en arrière. Le diamètre des lentilles et la distance de la pupille d'entrée au premier verre sont égaux à f : 5 environ.
L'ouverture est de l'ordre de f : 25.
Le champ est de Tordre de 40° : la plus grande dimension de la plaque couverte avec une netteté suffisante est égale à 0,7./* (§ 370).
La distorsion (en barillet) n'est pas corrigée.
Cet objectif, peu rapide, convient au paysage.
L'objectif simple à trois verres comprend un ménisque divergent en flint entre deux ménisques convergents en crown. L'angle du champ peut atteindre 90°, la plus grande dimension de la plaque couverte est deux fois la distance focale principale. Mais l'ouver-
Fig. 389 bit.
ture est alors une très petite fraction de la distance focale, f: 60 par exemple.
2°. — Objectif anachromatique a deux verres.
On appelle anachromatique un objectif à portrait formé de deux verres qu'on met à une distance l'un de l'autre variable au moyen d'une crémaillère (fig. 390).
Il est donc analogue au projecteur à grossissement variable; il participe aussi du téléobjectif (§ 350). Le catalogue de Dallmeyer le vante en ces termes : « Il donne une image avec le flou tant recherché. Il fournit une reproduction suffisamment nette pour bien en distinguer les traits caractéristiques, mais le dessin s'estompe dans une demi-netteté conforme à l'aspect des objets vus par notre œil. »
Cette phrase amène une remarque intéressante. Admettons, si l'on veut, que le flou soit artistique. Encore faut-il qu'il soit uniforme; rien n'est affreux comme un cliché net ici, flou là. Si l'appareil est parfaitement stigmatique pour un plan, ce plan est net; les objets qui se trouvent en avant ou en arrière du plan ne le sont pas : c'est horrible. Il est donc raisonnable d'égaliser systématiquement le flou. Dans ces conditions, un achromatisme parfait est inutile; un anachromatisme suffit.
On réalise l'achromatisme pour une distance convenable entre les lentilles.