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Télégraphie optique. Héliotrope

1°. — En campagne, dans les pays ensoleillés, on utilise sous le nom d'héliotrope un miroir plan (de 5x3 cm.) dont l'argenture a ♦ été enlevée au centre sur une surface de 4 mm. de diamètre. On projette les rayons solaires sur un point éloigné en plaçant l'œil derrière le trou, ce qui permet de mieux apprécier la direction des rayons. On incline ainsi convenablement le miroir, qui tourne

autour de deux axes. Pour envoyer un message on utilise lessignaux Morse. Pour cela une clef donne au miroir de petits déplacements angulaires avec lesquels on forme des points et des traits.

Comme les rayons sont visibles à de grandes distances (de l'ordre de 50 kilomètres), ce miroir doit être parfaitement plan; autrement le faisceau serait trop conique et la diminution d'intensité trop grande. Les rayons solaires remplissant un cône d'un demi-degré environ, angle qui à 50 kilomètres couvre 435 mètres; il n'est donc pas nécessaire de les faire diverger davantage.

2°. — On a perfectionné le système par l'emploi d'une lumière artificielle (une simple lampe à pétrole) et d'une lunette astronomique.

Dans le plan focal d'une lunette astronomique, plaçons un diaphragme (iris par exemple) limitateur de champ. Au delà et près de ce diaphragme est un petit écran rappelé par un ressort et mû par une clef qui sert de manipulateur Morse. .

Regardons la surface du plan focal laissée libre par le diaphragme au moyen d'un oculaire positif; pointons la lunette sur le Heu où nous voulons envoyer les signaux.

Enlevons l'œil et disposons une lampe à quelque distance en arrière de la lunette : un faisceau de rayons émane, de celle-ci.

Il faut éloigner un peu l'oculaire dé l'objectif, de manière que l'image de la flamme se fasse dans le plan focal. En effet, pour l'observation à l'œil nu, le plan focal antérieur de l'oculaire coïncide à peu près avec le plan focal arrière de l'objectif; en éloignant l'oculaire de quelques centimètres, la flamme peut être elle-même à quelques centimètres en arrière de la lunette. Ce réglage n'influe du reste que sur l'espace couvert par le signal, et non sur son intensité au centre du champ. L'espace couvert est déterminé par le cône dont le sommet est au point nodal arrière de l'objectif, et qui s'appuie sur le trou du diaphragme, quand celui-ci est éclairé en son entier. Il est important de le limiter pour éviter que le télégramme ne soit capté latéralement.

La condition essentielle d'une longue portée est l'éclat intrinsèque de la flamme : aussi utilise-t-on une mèche plate vue par la tranche. Dans les pays ensoleillés et pendant le jour, on utilise la lumière solaire convenablement réfléchie.

On recueille les signaux avec une lunette de réception voisine de la lunette de transmission. A chaque émission, un point lumineux apparaît dans le champ du récepteur.

A la vérité, si le récepteur est une lunette ordinaire, le transmetteur n'a pas besoin d'une perfection optique aussi grande; il peut être chromatique et d'un sligmatisme approché. Mais il est nécessaire ({ue son ouverture soit notable; on utilise donc des verres à échelons ;'$ 3<"»î) ou les projecteurs Mangin (§ 363). Dans ce dernier cas, la lumière issue de la flamme est envoyée dans Taxe du pro-

PHASES ET SIGNAUX LUMINEUX 5i>9

jecteur par un prisme à réflexion totale : la>lunelte est remplacée par un télescope.

Evidemment ces procédés télégraphiques sont déjà de l'histoire ancienne; la T. S. F. les a rendus inutiles- En Algérie, on voit près des routes du Sud, à des distances de 40 à 50 kilomètres, les anciennes tours télégraphiques. Elles sont abandonnées, les Arabes ne coupant plus les fils du télégraphe ordinaire.

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