Poids des mesures
Nous entrons ici dans le domaine du tripatouillage systématique et du bafouillage corrélatif. Ce que nous allons exposer est l'art de faire rendre aux nombres bruts le résultat qu'on désire, pour lécher les bottes d'un pontife, faire cadrer avec une théorie absurde dont on est l'auteur, ou tout simplement pour montrer qu'on est un imbécile : il y a des gens qui pourraient se taire, mais qui n'ont de cesse qu'on les ait classés parmi les idiots.
Le poids est un coefficient dont on affecte le résultat d'une mesure ; il est censé déterminer sa précision. Comme je ne veux pas avoir l'air de dénigrer systématiquement, je cite l'exemple suivant emprunté à feu l'astronome Hatt (membre de l'Institut, il va sans dire) : il est bien caractéristique de la sottise de certains savants.
« On a mesuré une même longueur successivement avec deux règles, l'une en millimètres, l'autre en centimètres, en estimant chaque fois la fraction de division. La première mesure, dix fois supérieure en précision, a donné 0^,1853; la deuxième a donné 0m,186. En multipliant par 10 l'équation de condition correspondant à la première mesure, on obtiendra deux seconds membres ayant la même précision :