Billes à jouer. Travail des pierres précieuses
1'. — On utilise un calcaire dur qu'on débite en petits cubes à peu près réguliers. Il s'agit d'arrondir les angles et d'obtenir la forme sphérique. On pose les cubes sur une pierre plate horizontale creusée de sillons concentriques (meule dormante). On place dessus une lourde pièce cylindrique de même diamètre en bois dur qu'on fait tourner. On arrose copieusement. Au bout d'un quart d'heure les billes sont terminées.
Si la pierre est très dure (agate; c'est une variété de quartz), on commence par obtenir au marteau une forme quasi sphérique.
2°. — Praxitèle se servait d'un ciseau pour tailler le marbre. Le
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temps n'est pas bien loin où nos sculpteurs travailleront leurs statues comme nos dentistes les dents, avec un flexible et une fraise. C'est le procédé qu'on emploie déjà dans l'industrie des pierres tombales et de la statuaire funéraire.
Un carnée est une pierre précieuse sculptée en relief; une intaille est une pierre sculptée en creux. Le travail se fait au tour (tour simplifié, touret) avec des forets et des fraises de très petites dimensions.
Dans l'horlogerie, comme crapaudines ou coussinets, on utilise des rubis. Pn les monte sur un tour en l'air. On les perce avec une tige de cuivre rouge, imprégné de poudre de diamant (égriséë), qu'on tient à la main.
Le tour fait 100 tours à la seconde; il faut 20 minutes pour percer d'un tiers de millimètre un rubis de bonne qualité, ce qui donne 360.000 tours pour un millimètre.
10. Fabrication des sphères (boules de billard, de croquet...).
i°. — Il est possible d'obtenir, sinon toute la sphère, au moins la plus grande partie avec un outil fixe.
Montons la sphère ébauchée S en avant d'un plateau de tour, entre deux pointes P, P' solidaires de ce plateau. Arrangeons-nous de manière que la droite PP' passe par l'axe du tour et lui soit normale.
Faisons tourner le plateau devant un outil fixe. Empêchons la sphère de tourner entre les pointes P, P'. Le plateaiî entraîne les pointes et le corps S sur lequel l'outil décrit un petit cercle de la sphère dont PP' est un diamètre.
Faisons tourner le corps S d'un certain angle autour des pointes P, P'; refixons-le dans ce nouvel azimut. L'outil décrit un nouveau petit cercle égal au premier.
Imposons maintenant au corps S un mouvement continu de rotation autour de PP' : il tourne donc simultanément autour de deux axes rectangulaires qui se coupent.
L'outil décrit toute la portion de la sphère comprise entre deux parallèles, le long d'une courbe tangente à ces parallèles.
On a effectivement construit des tours à sphères sur ce principe; il est clair qu'on ne peut réaliser ainsi toute la sphère; il faut laisser une certaine place pour les pointes, ou les mors, quels qu'ils soient, qui fixent deux pôles de la sphère.
Dans certains traités on dit que l'outil trace des loxodromies; c'est évidemment faux. Je laisse au lecteur le soin de trouver l'équation des courbes décrites par la pointe de l'outil.
2°. — Si Ton dispose d'un chariot permettant la rotation de l'outil autour d'un axe vertical C, on peut tourner la presque totalité d'une sphère à partir d'un rondin de bois monté en l'air. On amène l'axe C du chariot sur la verticale de l'axe T du tour; on fixe l'outil à la hauteur de l'axe du tour. Dans sa rotation autour de l'axe G, la pointe
de l'outil décrit le grand cercle horizontal de la sphère à obtenir.
Quand le tour fonctionne, l'outil trace donc un petit cercle de cette sphère, petit cercle dont le rayon dépend de l'azimut de la partie circulaire du chariot : on obtient la sphère par l'obtention successive de ses petits cercles normaux à l'axe T du tour.
On n'obtient pas exactement toute la sphère, parce qu'on est forcé de s'arrêter quand la partie du rondin qui rattache la sphère au tour devient trop faible pour ne pas fléchir sous la pression de l'outil.
3°. — Enfin, on obtient une sphère en commençant par obtenir un cylindre exact ayant le diamètre de la sphère. On lui donne comme hauteur un peu plus de ce diamètre; on le fixe sur le tour de manière que Vaxe du tour soit un diamètre d'une des sections droites. Il ne reste plus qu'à tourner de manière que l'outil atteigne juste cette section droite, qui devient un grand cercle de la sphère. L'ou-
QlfancÀe Virole
[Fig. 23.
tfl réalise une série de petits cercles normaux à l'axe du tour et qui s'appuie sur une circonférence passant par cet axe : la surface engendrée est une sphère.
De quelque manière qu'on obtienne les sphères au tour, elles ne sont pas exactement rondes; il est bon de les parfaire et de les polir en les faisant rouler, comme nous avons vu pour les billes de bicyclettes.