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Fabrication des couteaux

i°. — Une lame de couteau ou de rasoir peut être réalisée par un seul ouvrier utilisant les outils de la forge et terminant son travail à la meule. On part d'une pièce d'acier à laquelle on donne à chaud et au marteau la forme voulue. On trempe, on recuit. On dégrossit, on finit et on polit sur des meules de grain de plus en plus fin.

Pour abréger le travail, il est avantageux de partir d'un morceau d'acier s'éloignant peu de la forme définitive de la lame. C'est en cela qu'intervient le laminoir. On grave sur chacun des cylindres d'un laminoir un creux reproduisant la moitié du couteau coupé par son plan de symétrie (plan normal au tableau, dans la figure 23 en bas).

Quand une lame d'acier chauffée au rouge passe contre les cylindres, le métal est refoulé dans le creux et donne l'ébauche d'une lame de couteau entourée d'une plaque d'acier plus mince. Au moyen d'une cisaille, on sépare l'ébauche du reste de la plaque. On la travaille d'abord au marteau pour rendre le métal plus homogène, puis à la meule.

En fait, les cylindres portent une série de creux accolés, disposés de manière que leurs longueurs soient parallèles ou normaux aux axes des cylindres. En faisant passer entre les cylindres une plaque d'acier, on obtient une série d'ébauches qu'on découpe à la cisaille.

2°. — Les couteaux de table ordinaires se composent d'une lame à bout rond prolongée* par une soie de section rectangulaire, relativement courte. Elle entre dans le manche percé d'un trou longitudinal. Le manche est en bois noir (ébène), en corne, en os, en ivoire» parfois en métal. Le raccord est fait par une virole métallique de section elliptique. La soie, la virole et le manche sont rendus solidaires par un mastic composé de poix et de brique pilée : quand on chauffe la virole sur un bunsen, le mastic coule; il est prudent de ne pas laver les couteaux à l'eau bouillante, le mastic fondant à 100°.

On trouve dans le commerce des couteaux de table anglais (Sheffield) sans virole. La soie est une lame d'acier dont les dimensions sont celles du manche. De part et d'autre de la soie sont rivées deux plaques de bois, de corne ou d'os. De tels couteaux ne craignent pas l'eau chaude et sont beaucoup plus solides que les couteaux de fabrication ordinaire. Les couteaux à découper, de cuisine, de boucher, sont de ce modèle.

Les couteaux de table bon marché subissent des érosions sous l'influence des acides faibles tels que l'acide acétique. Il suffit de regarder son couteau pour comprendre les méthodes dont les métallographes sont si fiers. Les érosions forment parfois un grain, parfois des traînées : dans ce cas elles nous apprennent immédiatement si la lame a été laminée en long ou en travers (§ 42).

3°. — Canifs. Couteaux a cran d'arrêt.

Le mécanisme qui empoche les canifs ou couteaux de poche de s'ouvrir ou de se refermer est d'une extrême simplicité).

La lame coupante L tourne autour d'un axe O rivé dans les deux plaques métalliques constituant le manche (plaques généralement recouvertes de corne, d'os, d'ivoire,*., ne jouant qu'un rôle décoratif;.

L'arrière d'un ressort R d'acier est fixé par trois goupilles entre les plaques du manche. Pour faciliter la représentation, j'ai supprimé la plaque avant et élargi la plaque arrière. L'arrière de la lame n'est pas centré sur l'axe O. Elle ne peut donc tourner autour de cet axe qu'en fléchissant le ressort; par son élasticité, celui-ci maintient le couteau ouvert ou fermé suivant le cas.

Dans les couteaux à arrêt ou de chasse, la partie arrondie arrière de la lame a pour centre l'axe de rotation O fixé dans le manche.

L'arrêt est dû an ressort R rendu solidaire du manche par la goupille G. 11 porte un anneau A permettant de le fléchir. Il est percé d'un trou dans lequel entre le cran C ménagé sur le dos de la lame. Le couteau ou vert ne peut pas se refermer de lui-même. J'ai exagéré la longueur du cran pour rendre la représentation plus facile.

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