Tarauds et filières
/". — Outils a métaux.
Le taraud est l'outil qui sert à fabriquer des écrous. Dnns la pièce dont on veut faire un écrou, on perce un trou cylindrique dans lequel on visse successivement une tige filetée conique [êbauvhoir), demi-
conique {taraud intermédiaire) ou cylindrique (finisseur). Le taraud devant servir de fraise est cannelé; la fig. 90 bis représente la seclion droite. Les filets des tarauds se'fontdonc leur propre logement. La filière (fig. 91) se compose d'une cage d'acier AU portant d'un côté une tige fixée T, de l'autre une tige filetée Y. Dans la cage on
peut introduire les moitiés F et F' d'un écrou, et par-dessus une plaque de serrage P; le guide est en forme de Y (voir la petite ligure 'JV. Pour tarauder une tige cylindrînque, on la lixe dans un élan. On enfile dessus le trou O, on serre au moyen de la tige liletée et Ton fait tourner la filière en utilisant les tiges T et Y comme leviers. Grâce à la division de l'écrou et aux dégagements ('■, (.>', les lilels creusent leur logement dans la tige à fileter.
l"\ — Outils a bois.
Le taraud à bois (fig. 92) est une grosse vis triangulaire continue,
filetée sur un tube d'acier. La partie essentielle en est le V. Le filet est coupé en biseau, de manière à présenter un angle vif qui entre dans le bois. Les copeaux se dégagent par le trou T et par le cylindre creux qui forme la partie centrale de l'outil. La filière à bois (fig. 93) est une grosse vis triangulaire, filetée en creux dans la paroi intérieure d'un tube d'acier ou de fonte.
La partie essentielle en est encore le V. C'est une tige d'acier de section carrée que deux biseaux transforment à son extrémité en une tige triangulaire. Elle est évidée en forme de V creux. Elle est placée tangenticllement par rapport au trou de la filière, son arête T sur le saillant d'entrée du premier filet de ,,.. ,jn la filière. Elle coupe donc un
filet triangulaire. La vis de la filière sert à guider le cylindre de bois et assure une avance proportionnelle à la rotation.
80. Obtention des vis au tour. Ressorts à boudin. Bobinage régulier d'un fil.
t*. — Reprenons la figure Ufi, En tournant, l'axe AA entraîne la roue II qu'un train d'engrenages (non représenté) relie à la roue R'. Celle-ci est montée sur une longue vis * [vis mère) cachée par le bâti et dont l'extrémité est en S'. Quand on veut fileter au tour, un écrou monté sur cette vis entraîne le chariot porte-outil.
flS ET REGLES GRADUEES 111
Le cylindre à fileter est pris entre les pointes // et /»'. Pendant que l'axe A et le cylindre font un tour, le chariot avance «l'une longueur II : si l'outil touche la surface du cylindre, sa pointe y trace une hélice dont 11 est le pas.
La même vis * fournit des pas quelconques; il suffit île modifier II1 train d'engrenages H et R'.
Le pas de la vis * est de (i, R, 10 ou 12 millimètres, suivant lu grosseur du tour. Les roues d'engrenages donnent par leurs combinaisons tous les pas de millimètre en millimètre. Il serait long et fort inutile de décrire le train : un regard sur un tour apprend là-dessus plus que dix pages de texte. Qu'il suffise de dire que le changement des roues dentées est rendu possible par la mobilité d'un ou de deux axes. Le train comprend généralement quatre roues, non compris lu roue R, mais y compris la roue R'.
l;\ — Ressorts a boudin.
Le ressort f't boudin, étant une hélice en fil d'acier, s'obtient naturellement au tour à fileter. Le fil est amené entre deux galets de laminoir, cylindres dont les jantes portent une gorge demi-circulaire; il s'enroule sur un cylindre mandrin C animé d'un mouvement de rotation. Le système des galets est monté sur le chariot porteoutil, que la vis <1- fait avancer.
Les physiciens obtiennent ainsi des solénoides très réguliers ou un bobinage systématique de fil recouvert d'un isolant. Le mandrin C est parfois fileté à l'avance.
Le plus souvent on laisse fixes les galets, en imposant les doux mouvements au mandrin C. Par exemple, il est constitué par un tube entraîné par un cylindre tournant K monté sur le tour; il peut se déplacer le long du cylindre K. La rotation est imposée pur le chariot du tour mû par la vis *.
.'i". — Emploi du peigxe.
Le peigne (droit Ou de côté suivant qu'il s'agit d'obtenir une vis ou un écrou) est représenté dans la figure Uï. Le peigne droit esl une tige à l'extrémité de laquelle sont des dents triangulaires égales;
le plan de leurs arêtes forme biseau. Dans le peigne de côté les dents (dont le plan des arêtes fofme toujours biseau) sont sur le côté de la tige.
Il est d'abord évident que le peigne monté sur le chariot du tour à (ileter peut servir tfoutil multiple. Il suffit que le pas de sa denture soit précisément celui pour lequel le train d'engrenage est disposé.
Mais le peigne fournit à un ouvrier habile le moyen d'obtenir une vis à la main sur un cylindre de laiton (l'opération ne réussit bien que pour ce métal). On conçoit, en effet, que, si la première spire de
l'hélice existe, une des dents du peigne l'utilisera comme guide; les autres décriront de nouvelles spires : de proche en proche tout le cylindre sera fileté. L'habileté de l'ouvrier consiste donc à obtenir cette première spire, en déplaçant l'outil de droite à gauche, parallèlement au cylindre, avec une vitesse convenable (proportionnelle à la vitesse angulaire). Il est infiniment remarquable qu'on réalise par cette méthode des vis, sinon parfaites, du moins acceptables. L'erreur moyenne est faible, mais les erreurs locales peuvent être grandes.
Quand on regarde le peigne droit par bout, en tenant la surface supérieure GADE horizontale, on constate que le plan de chaque arête n'est pas vertical; pour les vis à droite (§ 82), il est légèrement incliné comme l'indique la petite figure 04 à gauche, de manière que le peigne épouse bien le filet qu'il doit tracer. Du reste, cette inclinaison est plutôt théorique que pratique; pour un pas donné, elle doit varier avec le diamètre de la pièce à fileter; son obtention rigoureuse serait très difficile.