‹ Construction et aménagement des salles d'asile et des maisons d'écoleChapitre 109 sur 223 · POUR 500 FILLES ET GARÇONS. — DÉPENSE : 100,000 FR · texte numérisé non relu

POUR 500 FILLES ET GARÇONS. — DÉPENSE : 100,000 FR

Architectes : MM. SHEARD et HANSTOCK.

Cette école, pour 500 enfants, comprend également une habitation pour les maîtres et un cottage séparé pour les garçons de service. La dépense totale s’élève à

100,000 francs, y compris l’achat du terrain; le prix de revient, tout compté, avec les habitations accessoires, est de 200 francs par place.

La construction est en maçonnerie; la couverture en ardoise; toute la menuiserie est en pitch-pin. Le chauffage et la ventilation comme dans la précédente école.

Le plan offre une régularité peu habituelle dans les écoles anglaises; la disposition des classes, soit mixtes, soit pour les jeunes enfants ou les enfants plus âgés, est d’ailleurs toujours la même.

ÉCOLE DE HAMILTON PLACE (Pl. 21)

Architecte : M. ANDERSON

Le bâtiment principal n’a que deux étages, les bâtiments en aile en ont trois. L’école est disposée pour recevoir 600 jeunes gens des deux sexes ou jeunes enfants ; ceux-ci sont logés au rez-de-chaussée, les autres occupent l’étage.

Des cabinets privés ont été ménagés, dans les ailes, pour l’instituteur et pour l’institutrice en chef (1); un pour les surveillants et un autre pour les surveillantes.

La grande classe d’ensemble et les classes séparées sont chauffées par des cheminées à foyer ouvert, ce qui était une des conditions imposées par le School Board. La ventilation est aussi largement ménagée.

Les classes particulières sont groupées autour de la grande classe mixte, afin de faciliter la surveillance du maître ou de la maîtresse; en outre, les cloi ons séparatives sont vitrées.

La dépense totale a été de 8,000 livres, ce qui donne un prix de 330 francs par tète. Ce chiffre se rapproche beaucoup plus que les précédents des prix français; on comprend, du reste, que la construction dans une ville comme Edimbourg soit beaucoup plus coûteuse que dans les localités rurales où sont établies les écoles citées plus haut. En outre, les bâtiments ont ici beaucoup plus d’importance, la décoration est moins rustique.

(1) Voyez The Archilect, janvier 1 877.

ECOLES DE FILLES

ÉCOLES FRANÇAISES

ÉCOLE DE YASSELAY (Pl. 22)

Architecte : M. TARLIER

Cette école, construite avec une extrême simplicité, n’en a pas moins un excellent aspect; le terrain ne manquant pas, la cour et les jardins ont une étendue suffisante.

La classe unique, qui occupe 67 mètres superficiels, peut recevoir une cinquantaine d’élèves. Le règlement actuel n’admet ce chiffre que pour les classes mixtes, mais il s’agit ici d’une école libre : il n’y a du reste pas grand inconvénient dans l’exemple à ce que le nombre réglementaire soit un peu dépassé, car la classe est vaste et largement aérée sur trois faces. On remarquera que le troisième côté de la classe est percé d’une baie; malgré la défense formelle du règlement à cet égard, nous estimons, non moins formellement, qu’une ouverture placée sur le mur d’arrière n’est qu’une amélioration et pour l’éclairage et pour l’aération. La hauteur de la classe paraîtrait aujourd’hui insuffisante pour sa grande largeur, il faudrait l’augmenter un peu ou rétrécir la classe.

L’entrée peut se faire directement dans la classe ou par le vestibule propre à recevoir un vestiaire. Les privés sont facilement surveillés.

Le préau placé à l’autre extrémité du bâtiment, à côté de la chambre D, n’a que 6n,.16 de largeur; ce n’est, en réalité, qu’un simple abri couvert, un refuge en cas de mauvais temps. Dans la plupart des écoles rurales, pour lesquelles l’économie a jusqu’à présent été de rigueur, on n en demandait pas davantage. Les exigences du règlement actuel à ce sujet conduiraient, si l’on s’y conformait toujours rigoureusement, à des dépenses parfois exagérées; d autre part, il ne convient pas que l’on entasse des enfants en trop grand nombre dans une pièce trop étroite, où ils ne pourront prendre aucun exercice et ne trouve-

T. II

ront pas le volume d’air suffisant. Le plus souvent, on ferait bien d’adopter un moyen terme qui consiste à disposer, à l’entour de la cour ou préau découvert, un simple abri, en apentis, peu coûteux, et assez vaste pour recevoir à l’aise les enfants. A vrai dire, nous préférons même de beaucoup cette solution à celle des préaux couverts en forme de salles closes, comme on les dispose dans les écoles des grandes villes. L’enfant ne devrait jamais, fût-ce en temps de pluie, de neige, même de très grand froid, être enfermé pendant les récréations. Est-il donc nécessaire, par exemple, pour quelques instants que durent les repas, de construire des salles spacieuses et d’un coûteux établissement? Il faut abriter l’enfant de la pluie, de la neige; il ne faut pas que ses vêtements ou ses chaussures se chargent d’humidité qu’il conserverait sur lui pendant les récréations ; mais il ne faut pas qu’on le soustraie à l’action du grand air. Gela est contraire aux préceptes les plus élémentaires de l’hygiène.

Nous croyons que l’exemple des grandes villes a influé d’une manière fâcheuse sur la rédaction du règlement ; il semble, d’après celui-ci (art. 45), que toute classe devrait être accompagnée d’un préau couvert de surface presque double. De là tendance à confiner l’enfant dans ces vastes préaux, à la moindre intempérie ; tendance déplorable à tous égards. On aurait dépensé des sommes considérables pour un résultat qui est pire qu’inutile. Aussi pensons-nous que cet article a besoin d être interprété eu ce sens que le soi-disant préau couvert peut n’ètre qu’un simple abri couvert, ce qui est bien suffisant pour la plupart des écoles.

Dans l’école de Yasselay on remarquera — chose rare— que la ventilation est traitée intelligemment et avec soin. On remarquera également que l’habitation des directrices, au lieu d’être complètement distincte de l’école, comme le demande le règlement, est au contraire intimement mêlée, presque confondue avec celle-ci. Chacun des deux systèmes a ses inconvénients et ses avantages ; l’application de l'un ou de l’autre dépendra surtout de ce que l’école sera laïque ou congréganiste. Nous ne parlons en ce moment que des écoles de filles, dans lesquelles

ÉCOLES DE FILLES

cette intimité quasi-maternelle est acceptable, désirable même. Dans les écoles de garçons, congréganistes ou laïques, la séparation franche est de rigueur.

La dépense s’établit comme suit :

Maçonnerie 6,083r .03

Charpente 1,500 .34

Couverture et zinguerie 1,106 .60

Menuiserie 1,350 .21

Serrurerie 1,067 .60

Plâtrerie, peinture et vitrerie 864 .16

Total. . . . 11,971 .94

Il y faut ajouter comme accessoires, 887L06 pour le puits et la pompe, et 243L90 pour l’installation des cabinets; ce qui donne un total général de 13,102f.90.

ÉCOLE DE MONTA1LLÉ (Pl. 23) pour. 40 ENFANTS. — DÉPENSE : 14,500 Fr,.

Architecte : M, GOM15LRT

Nous trouvions tout à l’heure la disposition d’après laquelle l’école et l’habitation sont rangées suivant une seule ligne; ici nous trouvons la classe placée perpendiculairement au bâtiment d’habitation ; l’ensemble prenant la forme d’un T simple. La classe est tout aussi bien aérée que dans le premier cas; les deux dispositions diffèrent peu d’ailleurs, vu le petit nombre de pièces ou salles à installer.

La classe a son entrée sur le côté et prend, tn l’arrière, communication directe avec la cour de jeux; elle communique directement aussi avec l’habitation, ce que l’on cherche plutôt à éviter aujourd’hui. Si l’on avait à installer un préau couvert, qui doit autant que possible être mis en contact avec la classe, on le mettrait ici en prolongement de cette classe, conservant ainsi l’aération et l’éclairage sur les deux faces.

La surface de la classe, de G mètres sur 7 mètres, serait aujourd’hui trop petite pour le nombre d’élèves; l’emploi du mobilier à deux places conduirait nécessairement d’ailleurs à augmenter les dimensions. Nous ne reviendrons pas sur cette détermination que nous avons indiquée en détail ; nous ferons seulement remarquer que l’on devrait augmenter la surface de la classe en la rétrécissant un peu et la rallongeant beaucoup. Non seulement il y a avantage, pour l’éclairage et l’aération, à employer des classes un peu longues et un peu étroites, mais cela vaut mieux aussi en ce sens que le maître a ses élèves plus rassemblés devant lui et que la voix porte mieux en avant que sur les côtés.

Pour la surveillance des privés il serait bon que les fenêtres fussent un peu élargies, car l’obliquité, dans le plan actuel, est telle que l’angle compris entre les deux rayons visuels partant de la place où s’installe le maître et passant aux jambages de la fenêtre, embrasse bien

juste les deux stalles des privés. L’architecte a eu soin de placer ceux-ci très exactement dans cet angle; la surveillance peut s’exercer, mais il ne faudrait pas que l’on fût conduit à installer un troisième cabinet. En cela le rétrécissement de la classe serait encore avantageux, car plus le mur se rapproche de l’estrade du maître et plus s’ouvre l’angle des deux rayons visuels extrêmes. C’est un argument de plus en faveur de la disposition que nous indiquons: classes étroites et longues, sans excès bien entendu.

La hauteur de la classe est de 4 mètres; avec l’éclairage bilatéral, il n’y a pas de raison pour l’augmenter, la surface étant proportionnée au nombre des élèves et donnant alors avec 4 mètres un cube d’air suffisant.

Le nombre des stalles dans les cabinets est de deux ; on peut considérer ce nombre comme suffisant à la rigueur, en s’appuyant sur les termes mêmes du règlement qui dit, article 52 : Toute école sera munie de privés dans les proportions suivantes, quatre pour la première centaine d’élèves, et deux pour chaque centaine suivante. On en peut conclure que, si quatre stalles sont nécessaires pour les cent premiers élèves, deux suffisent pour quarante. On ferait bien cependant de compter toujours un peu largement, car l’insuffisance des water-closets amène une perte de temps pour les enfants ou de réelles incommodités.

Il faut remarquer, au sujet de la règle établie par l’usage et consacrée par le règlement, pour la détermination du nombre des stalles, que cette règle n’est pas précisément rationnelle: on ne voit pas pour quelle raison la seconde centaine d’élèves recourrait moins fréquemment que la première à l'usage des water-closets.

ÉCOLE DE BÛUSSE (Pl. 24)

Architecte : M. SEV1X

Le plan de cette école a quelque analogie avec le précédent, avec cette différence que l’habitation déplacée latéralement donne une entrée dans la classe au-dessous de l’escalier. La classe a d’ailleurs son entrée directe placée sur l’arrière de la classe, car l’orientation de celle-ci a fait un quart de tour. L’éclairage reste bilatéral pour les élèves, mais vient à l’avant et à l’arrière du maître, disposition que l’on n’admet plus maintenant; il serait facile de la modifier en reportant l'estrade du maître sur le mur étroit adjacent à l’habitation ou à la buanderie. La répartition des bancs en deux groupes, avec estrade sur le côté, n’est d’ailleurs pas bonne, et la disposition de la classe devra, de toute manière, être modifiée.

L’aile qui contient la classe a été prolongée pour recevoir en annexe les bûcher, lingerie, buanderie et la pièce qui sert de vestiaire et dépôt des paniers. Pour la com-

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