ÉCOLE DE LA LOUVIERE
loger les instituteurs au rez-de -chaussée, sauf à reléguer un plus grand nombre de classes à l’étage supérieur.
Cette école est, du reste, installée avec ampleur comme le marquent les plans; la décoration, dans le goût habituel des architectes autrichiens, ne laisse pas que d’accuser un certain luxe. Grâce à la cour intérieure, le jour est largement distribué. Il est à remarquer que dans toutes ces écoles on ne s’est nullement préoccupé, comme on le fait chez nous, d’établir des préaux couverts.
On ne paraît pas non plus, en Autriche, attacher autant d’importance à ce que les cabinets d’aisance soient placés sous la surveillance continuelle des maîtres. On a déjà noté le même fait pour d’autres pays où les mœurs sont pourtant tout aussi sévères qu’ailleurs. Les précautions prises en France n’en sont pas moins bonnes, mais cette observation montre qu’il ne faudrait pas exagérer l’importance qu’il convient de leur attribuer.
Les remarques précédentes s’appliquent également à l’importante école de Nagy-Metzo. Même couloir central, même disposition des cabinets d’aisance; même système d’éclairage unilatéral. Ici les classes sont petites et très nombreuses, ce qui n’offre que des avantages.
ÉCOLES BELGES
ÉCOLE COMMUNALE DE BINCHE (Pl. 62-63, 64)
pour, 180 ENFANTS — DÉPENSE : 74,100 FR.
Architecte : RI. E. RIAHIEU
Le plan de cette école, qui n’est pourtant que de moyenne importance, montre avec quelle ampleur et quel luxe les Belges entendent l’installation de leurs bâtiments scolaires. Ce plan est simple et bien conçu ; les trois classes, de 60 élèves chacune, ont leurs entrées directes, avec sorties faciles sur la cour; les cabinets d’aisance sont bien en vue, de face, de telle manière que la surveillance est complète. Les habitations, reportées sur le côté, sont bien distinctes de l’école. Le jour et l’air circulent facilement dans toutes les parties du bâtiment. La disposition du terrain s’y prêtait d’ailleurs parfaitement. Non seulement l'école a pu s’ouvrir largement, par les jardins, sur les deux rues latérales, mais en avant de la façade principale une place demi-circulaire a été ménagée; on n’a donc pas à craindre que la hauteur des constructions voisines obstrue le jour des classes.
Il n’est pas question de préau couvert dans cette école non plus que dans la plupart des écoles belges, quelque bien installées quelles soient. Un simple abri couvert,
le long de la façade sur la cour, a paru parfaitement suffisant; latéralement il est abrité par les murs de clôture des jardins pour les instituteurs.
La dépense totale a été répartie comme suit :
Part de l’État 25,630 fr.
Part de la Province 18,454
Part de la Ville 30,016
Total 74,100 fr.
ÉCOLE DE LA LOUVIERE (Pl. 65, 66)
Architecte : M. E. LE GP, VIVE
La disposition est la même que pour l’école précédente : seulement les pavillons en retour pour les classes de musique et de dessin occupent la place des jardins et de la gymnastique. Les logements d’instituteurs sont reportés, comme dans l’exemple ci-dessus, aux angles du bâtiment, et on leur a ménagé une complète indépendance.
Le nombre des élèves par classe paraîtrait, en France, trop considérable ; la surface est bien proportionnée cependant. On augmenterait chez nous le nombre des classes en diminuant l’importance de chacune. Ces classes sont très larges par rapport à leur longueur, mais l’éclairage bilatéral y remédie.
Les entrées sont multipliées, comme on le voit habituellement dans les écoles belges, de manière à ce que chaque classe soit desservie directement. Lorsque les classes sont nombreuses, elles sontaccolées deux à deux; au besoin la même entrée dessert deux classes; mais chacune a un accès immédiat. On retrouve ici la même préoccupation que pour les écoles américaines.
Le préau couvert qui entoure toute la cour donne largement la surface nécessaire; il est vrai que chez nms le règlement actuel serait plus exigeant; reste à savoir si, dans la pratique, ces exigences ne seront pas nécessairement adoucies. C’est ce qui paraît probable.
Les water-closets sont bien placés, comme dans l’école de Binche.
Grâce à l’établissement de toutes les classes à rez-dechaussée et au nombre des entrées, le couloir de dégagement est complètement inutile. Lorsqu’on a plusieurs étages de classes, ce dégagement est nécessaire; si l’on 11e construit qu’à rez-de-chaussée, il n’en est plus de même, et il est bien préférable de multiplier les entrées.
11 est vrai que l’on ne peut pas alors faire passer tous les enfants sous la loge d’un concierge unique; mais nous croyons que l’absence de surveillance perpétuelle sur les moindres mouvements des enfants, comme on 1 exige en France, est largement compensée par la faci-